Un robot pour combler le vide des câlins en pleine pandémie
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Un robot pour combler le vide des câlins en pleine pandémie

Une étude israélienne montre qu'un animal interactif en peluche pourrait jouer un rôle clef pour soulager la douleur de patients seuls

La Dr. Shelly Levy-Tzedek, chef du laboratoire de Rééducation, cognition et du vieillissement, est photographiée ici avec le robot PARO - une robot bébé phoque conçu pour créer un lien émotionnel avec les utilisateurs.
La Dr. Shelly Levy-Tzedek, chef du laboratoire de Rééducation, cognition et du vieillissement, est photographiée ici avec le robot PARO - une robot bébé phoque conçu pour créer un lien émotionnel avec les utilisateurs.

Alors que l’épidémie de coronavirus prive beaucoup de monde de la chaleur d’une embrassade humaine, des scientifiques israéliens ont découvert que des robots pourraient combler ce manque. Les robots pourraient même aider des personnes en souffrance quand il n’y a personne pour leur tenir la main.

Des chercheurs à l’université Ben-Gurion du Negev ont volontairement infligé des douleurs à des cobayes en chauffant leur peau à haute température. Ils ont trouvé qu’en présence et en contact d’un robot en peluche, la douleur ressentie était moins intense.

Cette recherche, qui vient juste d’être publiée dans la revue Scientific Reports, représente « une première étape dans la création de méthodes pour soulager des douleurs à l’aide de robots », a déclaré Shelly Levy-Tzedek, chef du laboratoire de Rééducation, cognition et du vieillissement. Elle a précisé que la recherche s’ajoute à une série de travaux qui pourraient faire des robots-compagnons un acteur courant dans les hôpitaux et pour aider les seniors.

Le toucher humain est connu pour avoir le potentiel d’aider les gens à moins ressentir la douleur. Pourtant, étant donné les mesures de distanciation sociale, les docteurs, les infirmières et les soignants qui peuvent normalement apporter un réconfort physique ne peuvent souvent plus le faire, a noté Levy-Tzedek.

« Notre recherche suggère que les robots sociaux peuvent aider à soulager certains sentiments de solitude et d’autres sensations que des personnes peuvent ressentir en l’absence d’interaction humaine », a-t-elle déclaré.

Shelly Levy-Tzedek (gauche) tient un robot PARO, avec une ingénieure de laboratoire. (Autorisation : Ben Gurion Université du Negev)

Des adultes en bonne santé ont pris part lors de sessions qui ont duré un tout petit peu moins d’une heure, et où ils ont été soumis à différents niveaux de douleur. Environ 83 volontaires ont été mis en contact avec PARO, un robot de socialisation conçu au Japon qui ressemble à un phoque blanc en peluche. Il fait des bruits semblables à ceux d’un phoque et bouge sa tête et ses nageoires quand on le touche et quand on lui parle.

Levy-Tzedek, une ingénieuse biomédicale, a précisé qu’aucun financement ou aide n’a été perçu de la part de l’entreprise pour mener la recherche.

Une ingénieure du laboratoire (gauche) réalise une expérience avec Shelly Levy Tzedek avec de la chaleur sur son bras alors qu’elle touche le robot PARO (Autorisation : Shelly Levy Tzedek)

PARO interagit avec des volontaires, il leur a demandé de réaliser une série d’exercices concernant le toucher. Tout en diminuant l’intensité de la douleur, ceux qui ont interagi avec le robot ont évoqué des niveaux plus importants de bonheur que les autres. On a également remarqué qu’ils avaient des niveaux plus bas d’oxytocine.

Levy-Tzedek a expliqué que l’oxytocine est aussi connue comme étant « l’hormone de l’amour ». Mais quand elle est produite en dehors du contexte d’une relation, elle peut révéler le stress. Cela suggère que le robot peut causer une chute des niveaux de stress.

Elle a souligné que la chute du niveau de douleur est particulièrement prometteuse en notant : « Même une brève interaction avec un robot peut entraîner une diminution de la douleur. Cela ouvre des possibilités pour que les robots puissent apaiser des douleurs, que ce soit lors d’une prise de sang ou après une opération ».

Interrogée pour savoir si une peluche classique pourrait avoir le même effet, elle a déclaré que les résultats semblent suggérer le contraire. Plus les gens avaient le sentiment de pouvoir interagir avec le robot, plus la diminution de leur sensation de douleur était forte.

Elle a suggéré que ses découvertes « démontrent l’effet profond de l’interaction sociale entre humains et robots sur la douleur et les émotions ». Ces découvertes « offrent de nouvelles stratégies pour soulager la douleur et améliorer le bien-être ».

Levy-Tzedek a écrit dans son article qu’il constitue une nouvelle contribution à son domaine, qui s’est généralement focalisé sur les enfants, mais pas les adultes.

« Notre étude vient renforcer le corpus déjà existant de connaissance, en démontrant que l’interaction avec le robot PARO est efficace pour augmenter le bonheur ressenti chez des adultes en bonne santé », a écrit Levy-Tzedek.

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