Un « Square des Justes » inauguré dans le Cantal
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Un « Square des Justes » inauguré dans le Cantal

A cette occasion, Marcelle Tarrié a raconté l’histoire de sa famille et des Juifs qu’elle a cachés dans un moulin durant la guerre

Marcelle Tarrié, au centre, lors de la cérémonie d’inauguration du square des Justes dans la ville d’Aurillac, dans le Cantal, le 27 mai 2019. (Crédit photo : Préfet du Cantal / Twitter)
Marcelle Tarrié, au centre, lors de la cérémonie d’inauguration du square des Justes dans la ville d’Aurillac, dans le Cantal, le 27 mai 2019. (Crédit photo : Préfet du Cantal / Twitter)

Dans la ville d’Aurillac, dans le Cantal, un square a été renommé « square des Justes » le 27 mai dernier, en hommage aux citoyens qui ont sauvé des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, a rapporté le site de France 3 Régions, qui a rencontré Marcelle Tarrié, fille d’une Juste qui a, avec son mari, protégé un père et ses deux enfants dans la commune de Boisset.

A cette occasion, la femme a raconté l’histoire de sa famille et des Juifs qu’elle a protégés.

Fuyant un Paris occupé, Georges Zylbertsein est arrivé là à l’été 1942 – ses enfants Michel et Olga le rejoindraient plus tard. Musicien juif, il avait rejoint le Cantal grâce à un réseau de la résistance et des faux papiers. La famille sera protégée par Blanche et Laurent Danguiral – son deuxième mari – qui les cachent dans un moulin qui leur appartient afin d’échapper aux Nazis.

Marcelle Tarrié, alors âgée de 11 ans, explique aujourd’hui : « Il y avait un village au-dessus, et on allait chercher le lait là-haut. Il y avait une solidarité. Lui, le pauvre, il venait de la ville mais il essayait de rendre service aux gens. Il ramassait du bois, il le sciait. C’était une autre vie que l’on a du mal à comprendre aujourd’hui. »

Sous son nouveau nom, Georges Gilbert, le musicien juif parisien tente ainsi de se fondre dans le paysage de la campagne.

Grâce au couple, mais aussi au fils de Blanche, Jean-Louis Boissières, les trois Juifs survivront à la guerre – ce qui ne sera pas le cas de leur femme et mère, Betty, ainsi que de l’autre enfant de la famille, Harvey, restés à Paris, puis déportés à Auschwitz.

Après la guerre, Georges, Michel et Olga Zylbertsein reviendront à Paris et quitteront la France pour s’installer aux Etats-Unis en 1948. Georges y est décédé en 1990.

En 2016, Blanche et Laurent Danguiral et Andrée et Jean-Louis Boissières ont reçu le titre de Justes parmi les Nations, grâce aux efforts d’Olga Zilberstein, qui a réussi à les retrouver grâce à Internet. Elle avait contacté un certain Michel Danguiral, qui l’aiderait à retrouver la famille au même patronyme, et qui écrirait en 2018 un ouvrage sur leur histoire, intitulé Rescapé et s’appuyant sur les mémoires de Michel Zilberstein et de Marcelle Tarrié.

Durant la Seconde Guerre mondiale, en Auvergne, 197 Justes auraient sauvé 377 Juifs, explique Julien Bouchet, universitaire et auteur de Les Justes d’Auvergne. 28 Cantaliens comptent actuellement leur nom sur le mur des Justes, à Jérusalem.

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