Un Yom Yeroushalayim pour apaiser les tensions
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Un Yom Yeroushalayim pour apaiser les tensions

Une petite coalition d’activistes offre à la capitale une semaine de prières, de chansons, de fêtes et de visites

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Certains des chefs spirituels de la Journée de Jérusalem de l'an dernier ;  Tamar Elad-Appelbaum est à droite  (Crédit : Kehillat Sion)
Certains des chefs spirituels de la Journée de Jérusalem de l'an dernier ; Tamar Elad-Appelbaum est à droite (Crédit : Kehillat Sion)

Alors qu’Israël se prépare à sa 48e Journée de Jérusalem, le jour où la partie occidentale de la ville célèbre son unification avec l’Est, suite de la Guerre des Six Jours, une coalition d’activistes culturels, religieux et politiques organisent une série d’événements soulignant les tentatives de Jérusalem d’être un lieu de tolérance et de coexistence.

La coalition appelée This is Jérusalem (C’est Jérusalem), compte 20 organisations et propose une large gamme d’événements : une marche dans les quartiers de la ville pour vanter l’activisme civique, une fête, une exposition, des tours alternatifs, des événements du Shabbat et un service de prières du dimanche et de chants de paix à l’ancienne gare de train.

« C’est une large liste d’événements qui ont lieu pour célébrer Jérusalem comme une ville à multiples facettes », a déclaré Karen Brunwasser, assistant directeur de la Saison de la Culture à Jérusalem, une organisation à but non lucratif qui organise depuis cinq ans des événements culturels dans la capitale pendant l’été.

JSOC, à travers sa saison d’événements, est aussi devenu pionnier de la coexistence à Jérusalem, et fait partie de la coalition. « Nous montons d’un cran artistiquement », a-t-elle déclaré.

L’événement majeur, fixé pour la nuit de dimanche prochain, et appelé Maaminim, les Croyants. Il s’agit d’un service de prières du soir et de chansons de paix à l’ancienne gare, organisé par Kehillat Zion, une congrégation locale fondée par le rabbin Masorti, Tamar Elad-Appelbaum.

Une partie de la mission de la congrégation vise à trouver un moyen d’aider à unifier les différents courants de la ville, a déclaré Elad-Appelbaum. Ils se sont impliqués pour organiser des événements de coexistence chaque année pour Hanoukka et Yom Yeroushalayim.

Le premier événement Maaminim de la congrégation a attiré plus de 700 personnes l’année dernière, a-t-elle dit, laissant les invités ébahis et reconnaissants.

« Nous avons tous ressenti que c’était la Jérusalem que nous voulons, c’est le Jour de Jérusalem pour nous tous, la Jérusalem dont nous rêvons », affirme Elad Appelbaum.

Cette année, Elad-Appelbaum conduira Maaminim avec Mark Eliyahu et l’Orchestre Oriental Firqat Alnoor, il y aura toujours deux voix sur scène, explique-t-elle, une juive et une non juive, « tout comme Jérusalem ».

Les autres dirigeants d’Elad-Appelbaum incluent Meir Buzaglo, Um-Sami, Hadassah Froman, Seikh Ihab Mallaha, Ali Abu Awwad, Ibtisam Mhamid, Nir Amit et d’autres chefs spirituels, des activistes et des penseurs.

« Nous voulons montrer ce qu’est Jérusalem, que nous sommes chacun différents et uniques, mais que nous avons à apprendre l’un de l’autre, dit-elle. Nous croyons tous en l’espoir et en la discussion, et cela montre que ce n’est pas l’idée au hasard d’un dirigeant, mais de toute la population de cette ville. »

Dimanche 17 mai, Maaminim commence à 8h30. C’est l’événement final des célébrations d’une semaine mise en place par plusieurs organisations dans la coalition. La même soirée, il y aura une cérémonie célébrant les jeunes citoyens de la ville, alors que les organisateurs Nouvel Esprit et Hitorerut donnent un prix à cinq jeunes dirigeants qui ont influencé la ville l’année dernière (à Spaghettim à Mamilla, de 19h à 21h30, le dimanche 17 mai).

Première épreuve Maaminim de l'an dernier, (Crédit :  Kehillat Sion)
 Maaminim de l’an dernier (Crédit : Kehillat Sion)

Tout au long de la semaine, il y aura une exposition de natures mortes et des vidéos d’enseignants de Jérusalem à l’ancienne gare (et à la place Kuzari à Rehavia jeudi), mais les célébrations commencent le jeudi soir avec le Syndrome Jérusalem, une longue série d’événements incluant des récits d’histoires, un chant de chœur, des visites, du cinéma et un slam de poésie dans et autour du somptueux quartier de Rehavia.

Il y a aussi le une Kabbalat shabbat (accueil de shabbat) à la Première Gare, vendredi après-midi, et des tours à travers la ville le vendredi et le samedi, tout comme un rassemblement pour les familles au Parc Nayot le samedi matin.

Dimanche, le Jour de Jérusalem lui-même, le mouvement Yerushalmit, qui fait partie de la Fête Yerushalmim, invite tous les résidents de la ville à se rencontrer à la Jonction Oranim et à marcher ensemble vers la Première Gare avec des activités et des surprises le long du chemin.

C’est un événement différent de la marche traditionnelle du Jour de Jérusalem – au cours de laquelle des milliers de participants traversent les rues de la Vieille Ville vers le mur Occidental.

La coalition organisant This is Jérusalem cherche à trouver des moyens de se développer et à repenser le Jour de Jérusalem après la série d’événements qui ont eu lieu l’année dernière et qui ont secoué Jérusalem.

Repenser le Jour de Jérusalem

C’était en juin, juste après le dernier Jour de Jérusalem que les trois adolescents Naftali Fraenkel, Gil-ad Shaar et Eyal Yifrah ont été enlevés et tués. Cela a été suivi par le meutre de vengeance de l’adolescent palestinien Mohammed Abu Khdeir.

En juillet, le pays a été embarqué dans la guerre à Gaza avec des roquettes visant Tel-Aviv, les villes et les villages du sud. Dans le même temps, Jérusalem a été témoin d’attaques terroristes, d’extrémisme et d’émeutes qui ont endommagé les relations déjà compliquées ici entre Juifs et Arabes.

La société civile de la ville a fleuri, explique Brunwasser. Des pas ont été franchis concernant la place publique des femmes à Jérusalem, le respect mutuel entre religieux et habitants laïcs de Jérusalem, la création d’un discours commun sur Jérusalem.

« On avait ressenti un dynamisme incroyable, et ensuite l’été dernier est arrivé », a expliqué Brunwasser.

Avec les événements de l’été, les activistes de la ville ont peur que tout leur travail des quelques dernières années puisse disparaître, a déclaré Brunwasser.

Cet hiver passé, une faible coalition d’organisations, y compris Nouvel Esprit, le Mouvement Yerushalmit, Ir Amim, Ginot Hair et la Yeshiva hilonit (laïcque), rassemblés pour une conférence d’une journée entière appelée Est d’Ici, pour débattre surla façon de lutter contre l’intolérance et le rôle que la société civile juive devrait jouer concernant la Jérusalem-Est arabe.

La Saison de la Culture de Jérusalem est l’une des organisations participant au débat.

Il y avait 170 personnes présentes, a dit Brunwasser, et ils ont choisi Yom Yeroushalayim comme point de lancement pour leur coopération.

La fête annuelle appartient théoriquement à toute la ville, mais elle est principalement célébrée par le camp national religieux. Il y a une marche dans les rues de la ville qui passe par la Vieille Ville pour atteindre le mur Occidental comme un puissant rappel de ce qui a été acquis au cours de la guerre des Six Jours.

Mais il y a les autres aspects, plus gênants, de l’événement, a ajouté Brunwasser, comme des chants racistes entonnés par certains au cours de la marche qui traverse le quartier musulman de la Vieille Ville.

« Il s’agit d’une minorité des manifestants, precise-t-elle, mais elle est affreuse. »

Cette année, une partie de la coalition a saisi la Haute Cour pour modifier le tracé de la marche annuelle de Yom Yeroushalayim afin qu’elle ne traverse pas le quartier musulman.

Les juges ont rejeté la recours, mais ordonné à la police d’arrêter et de poursuivre tous les participants qui se livreraient à la violence, au vandalisme ou à d’autres manifestations patentes de racisme anti-arabe.

Il y a maintenant, selon Brunwasser, une masse critique de personnes impliquées dans l’examen de la nature de la journée, et cela « reflète ce que les gens ont emporté de l’été dernier. Cela reflète que nous devons promouvoir la tolérance ; nous devons opérer au-delà de toutes les lignes ».

Shaike El-Ami, le directeur du Conseil local HaIr Ginot, qui est fortement impliqué dans la planification de Yom Yeroushalayim, a déclaré : « Les [célébrations] alternatives de ce type existent depuis longtemps déjà. Mais quelque chose est arrivé cette année qui a été un catalyseur pour un type plus grand de célébration, et cela rend le Yom Yeroushalayim plus pertinent, plus grand et significatif pour beaucoup plus de gens. »

Les événements de This Is Jérusalem ! se déroulent du 10 mai au 17 mai et leur liste complète est disponible en hébreu et en arabe sur le site Web de l’organisation et la page Facebook.

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