Unanimité sur le projet de loi du suivi téléphonique auquel s’oppose le Shin Bet
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Unanimité sur le projet de loi du suivi téléphonique auquel s’oppose le Shin Bet

La loi qui permet à l'agence de surveiller la propagation du COVID-19 ira de l'avant malgré la réticence de l'agence, après les pressions de Netanyahu et le soutien de Kakhol lavan

Des habitants de Jérusalem portant des masques par crainte du coronavirus marchent dans la ville, le 11 juin 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Des habitants de Jérusalem portant des masques par crainte du coronavirus marchent dans la ville, le 11 juin 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Mercredi, les ministres ont unanimement apporté leur soutien à une loi controversée permettant au service de sécurité Shin Bet de suivre les téléphones des civils afin d’enrayer la propagation du coronavirus, selon le cabinet du Premier ministre.

Le projet de loi approuvé par le cabinet – auquel s’oppose le chef du Shin Bet, Nadav Argaman – pourrait être présenté au plénum de la Knesset pour son premier vote dès mercredi après-midi, selon plusieurs rapports des médias israéliens.

Certains ministres s’étaient initialement opposés à cette mesure, qui est défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Santé Yuli Edelstein, en raison de préoccupations liées à la protection de la vie privée. Cependant, les ministres auraient été influencés par l’augmentation du nombre d’infections, qui est en passe de dépasser le niveau de la première vague du virus en quelques jours.

La législation a progressé après la levée des objections du parti centriste Kakhol lavan à son adoption, selon les rapports.

Le programme du Shin Bet – qui utilise une grande quantité de données de téléphones portables et de cartes de crédit pour suivre les mouvements des patients atteints du coronavirus et de ceux qui sont en contact étroit avec eux – s’est terminé au début de ce mois, près de trois mois après son début.

Le chef des services de sécurité du Shin Bet Nadav Argaman lors de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, le 6 novembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le programme, habituellement réservé aux opérations antiterroristes, avait été soumis à la surveillance de la Knesset, mais la Cour suprême de justice a ordonné au gouvernement d’élaborer une loi – au lieu d’un règlement d’urgence temporaire – pour donner au Shin Bet la permission d’utiliser ces outils. Les ministres ont décidé d’annuler le programme après avoir échoué à rédiger un projet de loi légiférant sur son fonctionnement.

Le chef du Shin Bet s’est opposé à la législation approuvant le rôle du Shin Bet dans le programme, selon des fuites du forum de haut niveau du cabinet traitant de la réponse à la pandémie. Il pense qu’une entreprise privée devrait plutôt se voir attribuer le pouvoir.

Dimanche soir, Edelstein a déclaré qu’il était « préférable que l’information reste entre les mains du Shin Bet plutôt qu’entre celles d’une société privée, dont seul le diable connaît les intérêts ».

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