Une exposition raconte le chaos de l’exode des Parisiens en 1940
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Une exposition raconte le chaos de l’exode des Parisiens en 1940

Lettres, affiches, objets, photos et dessins d'enfants à l'appui, six semaines cruciales qu'ont vécues les Parisiens sont restituées dans cette exposition au Musée de la libération

Paris sous l'Occupation (Crédit : Bundesarchiv, Bild 183-L12792 / CC-BY-SA)
Paris sous l'Occupation (Crédit : Bundesarchiv, Bild 183-L12792 / CC-BY-SA)

L’exode en juin 1940 de deux millions de Parisiens et leur retour difficile dans la capitale investie par l’ennemi : une exposition sur le chaos qui a saisi Paris il y a 80 ans s’ouvre jeudi au Musée de la libération.

C’est la première exposition temporaire dans le nouveau musée ouvert le 25 août sur le site du QG du colonel Rol-Tanguy place Denfert-Rochereau.

Lettres, affiches, objets, photos et aussi dessins d’enfants à l’appui, six semaines cruciales qu’ont vécues les Parisiens sont restituées dans cette exposition qui restera ouverte jusqu’à la fin août.

« Six semaines, c’est très court dans la deuxième guerre mondiale, mais un moment très décisif, très fort. Or, c’est une histoire qui a été recouverte par d’autres histoires », explique à l’AFP Sylvie Zaidman, directrice du tout jeune musée.

Les étapes en sont reconstruites par la commissaire britannique Hanna Diamond, autrice du livre Fleeing Hitler: France 1940, qui témoigne de l’abondance d’offres de témoignages auxquelles elle n’a pas pu toujours donner suite étant donné l’exiguïté de l’exposition.

2 millions sur 2,8 millions d’habitants avaient fui, surtout vers l’Ouest et le Sud-Ouest.

Dès avant-guerre, Paris s’était préparé à des bombardements (distribution de masques à gaz, départ des enfants vers les colonies de vacances, etc.) mais pas à une occupation éclair. D’autant que la presse parlait de « résistance indomptable » et de « formidable bataille » dans le nord.

Jusqu’au premier bombardement le 3 juin, les Parisiens ne se sentaient pas vraiment en danger, même s’ils voyaient passer les Belges, Néerlandais et habitants du nord de la France. Et rien n’était préparé pour organiser un exode ordonné.

La fameuse scène de la route bombardée dans le film iconique de René Clément, « Jeux interdits », est rediffusée. « Quand je suis allé voir les gens pour entendre leur récit, ils m’ont raconté ce film parce que c’était leur souvenir de l’exode », explique Hanna Diamond.

Morale de cette histoire, estime Sylvie Zaidman, « une démocratie, ça tient six semaines en cas de crise. Les structures volent très vite en éclat ». « Quand rien n’est suffisamment bien préparé, quelque chose d’aussi bien installé que la République française peut se révéler très peu solide », souligne-t-elle.

Presque tous les Parisiens reviendront à Paris, accueillis par l’affiche nazie : « Populations abandonnées, faites confiance au soldat allemand ».

Le « Musée de la Libération, Musée du général Leclerc, Musée Jean Moulin » a accueilli 60 000 visiteurs en six mois malgré les grèves : « c’est six ans de Montparnasse en six mois », se félicite Mme Zaidman, faisant allusion à la faible fréquentation de l’ancien musée de la Libération au-dessus de la gare Montparnasse.

Les Parisiens dans l’exode – du 27 février au 30 août

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