Une ministre Likud et le président de la Knesset appellent à annexer Hébron
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Une ministre Likud et le président de la Knesset appellent à annexer Hébron

Netanyahu va rarement dans cette ville instable de Cisjordanie, où vivent près de 200 000 Palestiniens et quelques centaines d'Israéliens, pour marquer les 90 ans du massacre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse Sara, le président de la Knesset Yuli Edelstein et la ministre de la Culture Miri Regev assistent à une cérémonie marquant le 90e anniversaire des émeutes de 1929 à Hébron, devant le tombeau des Patriarches, le 4 septembre 2019. (Gershon Elinson/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse Sara, le président de la Knesset Yuli Edelstein et la ministre de la Culture Miri Regev assistent à une cérémonie marquant le 90e anniversaire des émeutes de 1929 à Hébron, devant le tombeau des Patriarches, le 4 septembre 2019. (Gershon Elinson/Flash90)

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, et la ministre de la Culture, Miri Regev, du Likud, ont appelé mercredi à l’application de la souveraineté israélienne à Hebron, ville de Cisjordanie.

S’exprimant lors d’une cérémonie marquant le 90e anniversaire du massacre d’Hébron en 1929, au cours duquel des émeutiers arabes ont tué 67 résidents juifs, Edelstein a appelé à « en faire une ville d’Israël à part entière. »

« Le temps est venu pour l’implantation juive à Hébron de compter des milliers d’habitants », a-t-il dit.

Quelque 800 juifs et 200 000 Palestiniens vivent à Hébron.

Tsahal a fermé des rues et renforcé sa présence dans la ville avant la manifestation de mercredi, à laquelle le Premier ministre Benjamin Netanyahu a participé.

La ministre de la Culture, Mme Regev, s’est fait l’écho d’Edelstein, rappelant à Netanyahu qu’il s’était engagé à étendre la souveraineté israélienne aux implantations de Cisjordanie.

« Il n’y a pas de meilleur endroit pour commencer à concrétiser cette promesse que Hébron », a-t-elle dit. « S’il n’y a pas Hébron, il n’y a pas Tel Aviv. Le droit à l’existence de Tel Aviv est enraciné à Hébron, où Abraham et Sara sont enterrés », a-t-elle poursuivi, faisant référence aux personnages bibliques qui seraient enterrés dans le tombeau des Patriarches de la ville.

S’adressant aux élèves de l’école primaire de l’implantation d’Elkana dimanche, Netanyahu s’est engagé à étendre la « souveraineté juive » à toutes les implantations en Cisjordanie – un geste équivalent à une annexion – dans un effort visant à renforcer le soutien de la droite environ deux semaines avant les élections à la Knesset du 17 septembre.

Bien que Netanyahu n’ait pas répondu directement aux appels d’Edelstein et de Regev à l’annexion, il a déclaré à la cérémonie que les Juifs n’étaient « pas des étrangers à Hébron – et nous ne la quitterons jamais ».

Il a également loué les habitants arabes de Hébron qui ont « risqué leur vie » pour sauver des Juifs lors du pogrom de Hébron en 1929.

C’était la première fois que Netanyahu se rendait dans cette ville instable depuis 1998, selon les médias israéliens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole à Hébron le mercredi 4 septembre 2019. (Twitter)

Nitzan Horowitz, leader du Camp démocrate, a critiqué la décision du Premier ministre de se rendre à Hébron, l’accusant d’utiliser à des fins politiques le massacre de 1929 de façon « méprisable » et de tenter d’attirer à la Knesset les disciples du rabbin Meir Kahane, né aux Etats-Unis, « afin d’annexer les territoires ».

Il faisait référence aux efforts de Netanyahu pour négocier des accords politiques entre les petits partis de droite et l’extrême droite kahaniste Otzma Yehudit.

« De tous les endroits de l’Etat d’Israël, Bibi a choisi de venir dans la capitale du Kahanisme, pour renforcer l’implantation la plus extrême et raciste dans les territoires », a déclaré le dirigeant de gauche.

Dans un tweet marquant le massacre, l’ambassadeur américain David Friedman a déclaré que le massacre a eu lieu « bien avant la création de l’État d’Israël et la guerre des Six Jours. Leçon importante : le terrorisme est toujours une question de haine et de violence, jamais de revendications politiques. »

Le président Reuven Rivlin était également dans la ville de Cisjordanie mercredi, bien qu’il n’ait pas assisté à la cérémonie en raison de conflits d’agenda.

En 1929, « la Cité des Patriarches est devenue la ville du meurtre. L’ancienne communauté juive, qui faisait partie de la ville depuis des siècles, a été anéantie », a déclaré Rivlin lors d’un autre événement au Tombeau des Patriarches, mercredi.

« Ici, à Hébron, la Cité des Patriarches, dans une grotte achetée au prix fort, notre droit à cette terre a été établi comme juste et moral, un droit de propriété sur lequel il est et sera toujours incontestable », a-t-il dit, faisant référence au récit biblique de l’achat par Abraham de ce site. « A partir de ce moment et jusqu’au massacre brutal de 1929, la ville fut l’une des quatre villes saintes avec une présence juive continue qui fut renouvelée après la victoire de la guerre des Six jours. »

« Hébron n’est pas un obstacle à la paix. C’est un test de notre capacité à vivre ensemble, Juifs et Arabes, à vivre une vie décente côte à côte », a-t-il poursuivi.

« L’Etat d’Israël doit promouvoir la qualité de vie de tous les habitants de la région, pour assurer la croissance et l’épanouissement de Hébron et de Kiryat Arba, et pour créer de nouveaux quartiers. »

Hébron a été le théâtre de troubles réguliers. En 1994, l’Israélien Baruch Goldstein y a tué 29 fidèles musulmans avec un fusil d’assaut avant d’être battu à mort par des survivants.

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