Université McGill : il y a de l’antisémitisme sur le campus, mais pas du BDS
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Université McGill : il y a de l’antisémitisme sur le campus, mais pas du BDS

Les préjugés n'ont pas empêchés les étudiants pro-israéliens d’accéder à l'association étudiante, dit l'ancien médiateur de l'université, s’attirant les critiques des groupes juifs

L'université McGill (Crédit : Wikimedia Commons)
L'université McGill (Crédit : Wikimedia Commons)

MONTRÉAL — Une enquête interne menée par l’université McGill a innocenté les étudiants du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël de tout acte d’antisémitisme sur le campus, mais a décrié la haine des Juifs, déclenchant des réactions mitigées de la part de la communauté juive.

Le rapport rédigé par le médiateur à la retraite de McGill, Spencer Boudreau, publié mardi, affirme que l’antisémitisme n’a joué aucun rôle dans le renvoi de l’étudiant juif Noah Lew et de deux ses pairs pro-israéliens de l’association étudiante de l’école montréalaise en octobre.

Le Centre pour les affaires israéliennes et juives, tout en critiquant le rapport qui n’est « pas arrivé à une conclusion claire » et parce qu’il ne considère pas le fait de cibler des étudiants pro-israéliens comme étant des actes « antisémites », a salué la réponse de Suzanne Fortier, directrice de McGill, aux « préoccupations soulevé par de nombreux étudiants, juifs et non juifs, concernant des incidents d’antisémitisme et de discrimination à McGill ».

Cependant, Michael Mostyn, chef de la direction de Bnai Brith Canada, a considéré que le rapport « blanchissait » les faits et qu’il ne s’attaquait pas sérieusement aux problèmes d’antisémitisme à l’université. Mostyn a déclaré que le rapport « ne présente pas une image complète et précise de l’atmosphère hostile à laquelle sont confrontés les étudiants juifs à McGill et ignore inexplicablement la définition commune de l’antisémitisme utilisée au Canada ».

McGill a demandé la rédaction de ce rapport à la suite des événements qui ont eu lieu en octobre dernier, au cours desquels les candidats à la Société étudiante, ou SSMU, ont été élus individuellement lors d’une assemblée générale plutôt qu’en bloc, comme il est de coutume. Le décompte des votes individuels a empêché un étudiant juif et deux étudiants pro-israéliens non juifs de gagner des sièges dans cette association étudiante.

Igor Sadikov (Crédit : association des étudiants de premier cycle de la faculté des Arts de McGill)

Lew, l’étudiant juif, a déclaré que lui et ses camarades pro-israéliens ont été pris pour cible par un groupe BDS de McGill, Démocratisation SSMU, qui comprenait Igor Sadikov, un étudiant qui s’est fait connaître en février 2017 quand il a tweeté que les étudiants devaient « mettre un coup de poing à un sioniste aujourd’hui ».

Le vote a été annulé deux mois plus tard par la commission judiciaire du SSMU et la liste originale a été confirmée par un vote en ligne le mois dernier, donnant au trois candidats candidats pro-israéliens un siège au conseil d’administration du SSMU. Mais la controverse semblait laisser encore un autre goût amer dans les bouches des pro-Israéliens de la faculté.

McGill est le site où plusieurs motions pro-BDS n’ont finalement pas été votés ces dernières années.

Cependant, il y a toujours une politique en place au journal de l’université, The McGill Daily, qui interdit aux voix sionistes d’apparaître dans ses pages.

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