Vandalisme anti-palestinien : plusieurs voitures dégradées dans une ville arabe
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Vandalisme anti-palestinien : plusieurs voitures dégradées dans une ville arabe

Des résidents de Jaljulia exigent une enquête après que des pneus ont été lacérés et des messages anti-assimilation tagués en hébreu

A bus vandalisé à Jaljulia le 28 novembre 2019. (Crédit : police israélienne)
A bus vandalisé à Jaljulia le 28 novembre 2019. (Crédit : police israélienne)

La police a ouvert une enquête sur un crime haineux présumé jeudi après que des dizaines de véhicules ont été vandalisées dans une ville arabe du centre d’Israël.

Les pneus d’une quarantaine de véhicules à Jaljulia ont été vandalisés pendant la nuit, et certains d’entre eux ont été recouverts de messages anti-assimilation en hébreu, a indiqué la police dans un communiqué.

Un message gribouillé sur le côté d’un bus indique : « les Juifs, mettez fin à la diaspora [mentalité] et cessez de vous assimiler. »

La police a déclaré avoir ouvert une enquête pour crimes haineux.

Les crimes haineux anti-arabes – parfois appelés attaques « prix à payer » – sont généralement perpétrés par des extrémistes juifs contre des Palestiniens en Cisjordanie. Il s’agit de la troisième localité arabe en Israël prise pour cible cette année.

Selon les organisations de défense des droits humains, les enquêtes sur ces attaques donnent rarement lieu à une arrestation ou à une inculpation, ce qui conduit à des accusations de racisme systémique contre les Palestiniens.

L’acte de vandalisme à Jaljulia est survenu deux jours après que le chef d’un groupe extrémiste juif connu pour son message anti-assimilation a été accusé d’incitation à la violence et au racisme et de soutien au terrorisme pour ses nombreuses déclarations incendiaires contre des Arabes.

Le président de Lehava, Benzi Gopstein, est traduit devant le tribunal de première instance de Jérusalem, le 22 octobre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le groupe d’extrême droite de Benzi Gopstein, Lehava, s’oppose à la mixité et à l’assimilation des Juifs et tente d’entraver toute activité publique des non-juifs en Israël. Lehava, que certains députés ont tenté de désigner comme groupe terroriste, a souvent demandé que des mesures soient prises contre les non-Juifs afin de « sauver les filles d’Israël ».

Plus récemment, Gopstein a entamé une carrière politique en occupant un poste de direction au sein du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, mais a été interdit de se présenter aux élections de 2019.

A Jaljulia, les habitants étaient sceptiques quant au fait que la police enquêterait rigoureusement sur l’incident, disant aux médias qu’ils craignaient que le vandalisme ne mène à la violence.

« C’est un incident très grave. Ce sont des racistes qui viennent dans les communautés arabes pour vandaliser nos biens, et ce ne sera pas très surprenant quand ils franchiront la ligne suivante vers des crimes plus graves », a déclaré le député de la Liste arabe unie Ahmad Odeh sur le site d’information Ynet.

« Malheureusement, il n’y a jamais d’arrestations après de tels incidents, et même s’il y en a, [les suspects] sont généralement libérés sans inculpation au bout de plusieurs jours », a-t-il dit.

Un autre résident local a exprimé des craintes similaires que le vandalisme n’entraîne une violence meurtrière contre la minorité arabe d’Israël.

« Ces criminels essaient de nous faire comprendre qu’ils peuvent nous faire du mal à tout moment « , a dit une mère. « Mes enfants et moi sentons un réel danger. »

« Cette fois, on veut des résultats, sinon ça ne me surprendrait pas qu’on se fasse tuer comme la famille Dawabsha. »

Saad et Riham Dawabsha, avec leur bébé Ali. Tous les trois sont morts lorsque leur maison dans le village de Douma, en Cisjordanie, a été incendiée par des extrémistes juifs présumés, le 31 juillet 2015 (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

En 2015, trois membres de la famille Dawabsha ont été tués lorsque des membres d’une cellule terroriste juive ont incendié leur maison dans le nord de la Cisjordanie. Deux Israéliens, résidents d’implantations, ont été condamnés pour terrorisme pour leur rôle dans l’attentat meurtrier.

L’incident de Jaljulia s’inscrit dans une série d’attaques de type « prix à payer » en Cisjordanie.

Au cours de la récolte annuelle d’olives ces deux derniers mois, des résidents d’implantations ont détruit ou déraciné des centaines d’arbres appartenant à des Palestiniens à travers la Cisjordanie. Sur 97 plaintes concernant des attaques de résidents d’implantations contre des arbres palestiniens, suivies par des groupes de défense des droits humains israéliens Yesh Din, aucune n’a abouti à ce jour à la mise en accusation d’un suspect.

Parallèlement, le groupe de défense des droits B’Tselem a enregistré 13 autres attaques de type « Prix à payer » en Cisjordanie en novembre et octobre, notamment des crevaisons de pneus et des graffitis haineux.

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