Varsovie rejette les critiques de Washington concernant la loi sur la Shoah
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Varsovie rejette les critiques de Washington concernant la loi sur la Shoah

La Pologne souhaite toutefois que ces divergences "n'affectent pas le partenariat stratégique" entre les deux pays

Le Sénat de Pologne en session (Capture d'écran YouTube)
Le Sénat de Pologne en session (Capture d'écran YouTube)

La Pologne a rejeté ce jeudi les critiques formulées la veille par le département d’Etat américain à propos d’une loi polonaise sur la Shoah, tout en souhaitant que ces divergences « n’affectent pas le partenariat stratégique » entre les deux pays.

Mercredi soir, juste avant le vote du Sénat polonais sur le texte en question, le département d’Etat a exprimé son « inquiétude » quant aux « conséquences » de la loi en question, critiquée par Israël qui y voit une tentative de nier la participation de Polonais au génocide des Juifs par les nazis.

La porte-parole du département d’Etat Heather Nauert a évoqué des « répercussions » possibles sur « les intérêts et les relations stratégiques » de la Pologne avec les Etats-Unis et Israël.

Mais son intervention n’a pas influencé les sénateurs conservateurs qui ont approuvé la loi. Celle-ci doit être encore signée par le président Andrzej Duda pour entrer en vigueur.

« Les amendements votés ne limitent pas la liberté d’expression, ni la liberté de recherche scientifique et de publication de ses résultats, ni la liberté de discussion historique ou d’activité artistique », déclare le ministère polonais des Affaires étrangères dans un communiqué répondant aux préoccupations du département d’Etat.

« L’objectif principal de la mise à jour de la loi est la lutte contre toutes formes de négation ou de falsification de la vérité sur l’Holocauste, y compris de réduction de la responsabilité des vrais auteurs de ce crime », ajoute-t-il.

A cet égard, « les accusations de collaboration avec le 3e Reich allemand dans les crimes nazis, avancées publiquement et contraires aux faits, vis à vis de la nation polonaise et de l’Etat polonais, sont incorrectes, induisent en erreur et sont blessantes pour les victimes – citoyens polonais, d’origine juive aussi bien que polonaise », poursuit le communiqué.

« Nous croyons que les travaux législatifs menés actuellement en Pologne pour trouver des solutions légales protégeant la vérité historique, en dépit des divergences d’opinion sur les changements introduits, n’affecteront pas le partenariat stratégique entre la Pologne et les Etats-Unis », conclut le ministère.

Le projet de loi prévoit des sanctions judiciaires pour les individus ou les organisations qui calomnieraient la « nation polonaise » en assignant une responsabilité aux Polonais pour les crimes commis sur leur sol.

L’utilisation des phrases comme « camps de la mort polonais » pour se référer aux sites d’extermination que l’Allemagne nazie avait installés dans la Pologne occupée pendant la guerre ferait encourir trois ans de prison ou une amende aux individus ou aux organisations, selon le projet de loi. Ce dernier a voulu partiellement répondre à des cas, ces dernières années, où les médias étrangers ont utilisé l’expression « camps de la mort polonais » pour qualifier Auschwitz et d’autres camps dirigés par les nazis.

Le projet de législation rend également illégal le fait de « réduire délibérément la responsabilité des ‘vrais coupables’ de ces crimes », en référence au meurtre d’environ 100 000 Polonais par des unités de l’armée des insurgés ukrainiens durant la Seconde Guerre mondiale.

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