Vidéo de l’attaque contre la maison du témoin à charge de Berland
Rechercher

Vidéo de l’attaque contre la maison du témoin à charge de Berland

Les agresseurs ont brisé les fenêtres de la maison d'un homme qui a témoigné contre le rabbin délinquant sexuel, accusé de fraude au "remède miracle"

Des vandales masqués attaquent le domicile d'un témoin qui a témoigné contre le rabbin Eliezer Berland, un délinquant sexuel condamné et accusé de fraude. (Capture d'écran YouTube)
Des vandales masqués attaquent le domicile d'un témoin qui a témoigné contre le rabbin Eliezer Berland, un délinquant sexuel condamné et accusé de fraude. (Capture d'écran YouTube)

Les images des personnes ayant vandalisé la maison d’un homme ayant témoigné contre Eliezer Berland dans une affaire de fraude ont été diffusées lundi.

Dans les images de vidéosurveillance, les vandales, munis de bâtons, s’approchent d’abord de la porte d’entrée et fracassent les fenêtres à travers la grille de sécurité, et tentent d’ouvrir l’une des portes.

Le témoin a été identifié par la Treizième chaîne ; il s’agit du rabbin Yom Tov Cheshin, autrefois proche de Berland.

Cheshin et ses enfants étaient chez eux au moment de l’attaque. Ils n’ont pas été blessés. Leur maison est située à Beit Shemesh, selon le reportage.

L’un des suspects de l’attaque a été arrêté jeudi et sa détention a été prolongée vendredi.

Jeudi, le tribunal de première instance de Jérusalem a prolongé une seconde fois la détention de Berland, un délinquant sexuel condamné qui a été arrêté une nouvelle fois. Il est accusé d’avoir escroqué des millions de shekels à des patients en phase terminale en leur promettant des remèdes miracles. L’homme de 82 ans a été placé en détention préventive pour cinq jours supplémentaires.

Le juge Elazar Bialin a statué que « comme cela avait été établi lors de la précédente audience, il y avait un motif de détention car le suspect pourrait tenter de fuir la justice » et qu’il y avait également un risque d’ « obstruction substantielle à l’enquête » s’il était libéré.

Elazar Bialin a remplacé la juge Sharon Lary-Bavly pour l’audience après que la présidente de la Cour suprême Esther Hayut a ordonné une enquête sur la conduite de cette dernière lors de l’audience précédente, lorsqu’elle s’est moquée du rabbin.

Au cours des délibérations, l’avocat de Berland, Amit Hadad, avait soulevé la question de la mauvaise santé de son client pour justifier le fait qu’il ne soit pas maintenu en détention. Lary-Bavly avait répondu : « Donnez-lui un Mentos. »

La juge Sharon Lary-Bavly a écrit dans sa décision que Berland avait « exploité avec cynisme » ses victimes présumées en leur donnant, entre autres, « des Mentos sous couvert de médicaments ».

Au cours de l’audience de jeudi, Hadad a, une fois encore, soulevé la question du mauvais état de santé de l’octogénaire.

« Nous parlons d’un homme de 82 ans qui a, dans le passé, souffert d’un cancer… Et dont l’état se détériore », avait clamé Hadad.

Le rabbin Eliezer Berland arrive pour une audience au tribunal de première instance de Jérusalem, le 13 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Berland a été arrêté pour fraude après que des centaines de personnes ont déposé plainte à la police, l’accusant d’avoir vendu des prières et des « médicaments magiques » à des membres de sa communauté malades ou handicapés – et notamment en promettant à des familles de personnes paralysées que l’être cher serait bientôt en mesure de marcher et aux familles de détenus condamnés que ces derniers seraient libérés de prison.

Il avait été appréhendé dimanche dernier dans le quartier Mea Sharim de Jérusalem, aux côtés de son épouse et d’autres hauts-responsables de sa secte ultra-orthodoxe de Shuvu Bonim. Cette arrestation avait donné lieu à des affrontements entre les fidèles du rabbin et la police.

Lors du raid qui avait suivi l’arrestation, des dizaines de boîtes de poudres et des pilules avaient été retrouvées au domicile du rabbin. Elles étaient délivrées aux malades comme étant des « médicaments magiques ». Des tests initiaux réalisés en laboratoire avaient révélé qu’ils étaient constitués de médicaments anti-douleur en vente libre et de bonbons, notamment des Mentos, avaient fait savoir les officiels.

Berland avait nié les accusations lancées à son encontre lors de l’audience de dimanche dernier, clamant qu’il n’avait offert que des bénédictions et des services de guérison lorsque cela lui avait été demandé et ce, pour des sommes bien inférieures à celles avancées par la police.

Berland fait l’objet d’un véritable culte parmi les milliers de membres de son groupe – une branche de la communauté hassidique de Breslev. Il avait fui Israël en 2013, accusé d’agressions sexuelles à l’encontre de plusieurs femmes parmi ses disciples.

Après avoir échappé aux forces de l’ordre pendant trois ans et parcouru différents pays, Berland avait été condamné, au mois de novembre 2016, à 18 mois de prison pour deux chefs d’inculpation d’attentat à la pudeur et pour un chef d’inculpation d’agression sexuelle dans le cadre d’un arrangement judiciaire qui comprenait alors sept mois de prison ferme.

Il avait été libéré pour raison de santé cinq mois plus tard.

Il avait depuis repris ses activités en tant que chef spirituel de la communauté Shuvu Bonim.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...