Violations du confinement par les haredi : Gafni coupe court à une interview
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Violations du confinement par les haredi : Gafni coupe court à une interview

Le chef de Yahadout HaTorah a dit qu'il recommanderait "probablement" Benjamin Netanyahu pour le poste de Premier ministre

Le député Moshe Gafni du parti Yahadout HaTorah préside une réunion de la commission des finances de la Knesset, le 5 mars 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Moshe Gafni du parti Yahadout HaTorah préside une réunion de la commission des finances de la Knesset, le 5 mars 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le nouveau chef du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah a eu le temps de déclarer dimanche dans une interview qu’il n’excluait pas de siéger dans une coalition avec le chef de l’opposition Yair Lapid et qu’il ne s’engageait pas à recommander Benjamin Netanyaahu au poste de prochain chef du gouvernement à l’issue des élections du 23 mars, tout en admettant que cela restait l’option la plus probable.

Le député Moshe Gafni a ensuite coupé court à l’interview accordée à la Douzième chaîne, après avoir été interrogé à de multiples reprises sur les transgressions répétées des restrictions sanitaires par la communauté ultra-orthodoxe.

Gafni, qui a remplacé le député Yaakov Litzman à la tête de Yahadout HaTorah, a évoqué au micro de la Douzième chaîne des alliances politiques potentielles : « après les résultats des élections, nous verrons quelles sont les options ».

Le prochain scrutin sera le quatrième en moins de deux ans. Lors des dernières élections, Yahadout HaTorah s’était engagé, en amont, à soutenir Netanyahu. Cette fois-ci, Gafni a déclaré que « nous irons probablement avec Netanyahu. S’il n’y a aucun changement drastique, nous le recommanderons probablement ».

Interrogé sur ce qui avait changé depuis le scrutin précédent, Gafni a déclaré qu’il « y a une différence, dans la société, dans la vie ici, dans les difficultés auxquelles nous sommes confrontés ».

Le député Yair Lapid, dirigeant du parti Yesh Atid, s’exprime lors du plénum de la Knesset à Jérusalem, le 24 août 2020. (Oren Ben Hakoon/Pool)

Il a déclaré que le seul partenaire de coalition qu’il exclurait était Avigdor Liberman et son parti Yisrael Beytenu, qui s’est présenté aux récentes élections sous l’étiquette d’un gouvernement libre de l’influence ‘haredi.

Les partis ultra-orthodoxes ont longtemps manifesté leur hostilité à l’égard du parti Yeshi Atid de Lapid, qui préconise des politiques laïques, s’oppose au contrôle ultra-orthodoxe de certains aspects du pouvoir. Gafni a suggéré que Yahadout HaTorah pourrait être moins hostile à Lapid qu’auparavant.

Interrogé sur la potentialité que Lapid soit un allié, Gafni a botté en
touche : « qui sait ? On verra. Si sa plateforme politique change, nous en parlerons ».

Mais Gafni s’est ensuite emporté face aux questions répétées sur le laxisme apparent des dirigeants ultra-orthodoxes en matière de pandémie.

Au cours de la pandémie, la colère des citoyens s’est accrue en raison des fréquentes violations des règles de confinement par certains membres de la communauté ultra-orthodoxe, ainsi que de l’apparente réticence du gouvernement à faire appliquer fermement les règles sanitaires dans cette communauté.

A quelques minutes près, la Douzième chaîne diffusait l’interview alors que de nombreux ultra-orthodoxes participaient aux funérailles d’un troisième grand rabbin mort de la Covid à Bnei Brak.

Enterrement du rabbin Chaim Meir Wosner à Bne Brak, le 7 février 2021. (Capture d’écran Twitter)

Bien que des violations aient été constatées dans l’ensemble de la société israélienne, elles ont été plus présentes dans la communauté ‘haredi, tout en étant également encouragées par certains hauts responsables religieux, certaines écoles ayant ouvert leurs portes pendant les périodes de confinement avec la bénédiction des rabbins.

Le taux de morbidité dans la communauté ultra-orthodoxe étant disproportionnellement plus élevé que dans tout autre groupe de la société, les législateurs ‘haredi ont dénoncé les tentatives d’application plus stricte des lois dans leurs communautés, estimant que ces efforts étaient discriminatoires et inutiles.

Gafni a insisté sur le fait que « les instructions consistent à maintenir les instructions du ministère de la Santé ».

Des agents de police pendant des affrontements contre des ultra-orthodoxes pour la mise en application des directives du coronavirus, à Jérusalem, le 26 janvier 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Interrogé sur ces infractions à la loi, Gafni a déclaré que plusieurs Israéliens ont bafoué les directives du ministère de la Santé et il a affirmé que les médias se focalisent injustement sur sa communauté.

« Je n’accepte pas cette provocation, qu’il y ait des violations dans le public de Haredi, je ne l’accepte pas, nous en avons assez, nous en avons tous assez », a-t-il dit. « Nous faisons tout ce qui peut être fait sur ce sujet. »

Il a affirmé que « la grande majorité, le courant dominant, » s’en tient aux règles. « Vous vous êtes concentrés sur les incidents où les règles n’ont pas été respectées ».

Il a nié que certains rabbins, dont Chaim Kanievsky, avaient sanctionné l’ouverture d’institutions contrevenant aux règles.

Le rabbin Chaim Kanievsky chez lui à Bnei Brak, le 26 décembre 2019. (Yaakov Nahumi/Flash90)

Lorsque le correspondant lui a dit que c’était tout simplement faux, Gafni a mis fin à l’interview.

« Très bien. Nous avons terminé », a-t-il dit, refusant de répondre à d’autres questions.

La police a été critiquée pour ne pas avoir appliqué efficacement les mesures sanitaires dans les communautés ‘haredi.

La colère face au mépris manifesté dans certaines parties de la communauté ‘haredi à l’égard des restrictions dans le cadre de la lutte contre le coronavirus a atteint de nouveaux sommets dimanche dernier, lorsque les autorités n’ont pas réussi à empêcher la tenue des deux funérailles majeures de la communauté ‘haredi’, auxquelles des milliers de personnes ont assisté, au mépris des règles de confinement et de toute distanciation sociale, créant ainsi des risques majeurs pour la santé publique.

La police a déclaré aux médias que la dispersion des foules aurait provoqué un « bain de sang ».

Netanyahu a été perçu comme peu disposé à mettre en colère ses partenaires politiques de ‘haredi, sans le soutien desquels il n’a aucun espoir de rester au pouvoir.

Après l’enterrement à Bnei Brak dimanche soir, Lapid a tweeté : « Un gouvernement insensé, des funérailles insensées. »

Vendredi, Lapid avait estimé que la police devrait utiliser des canons à eau pour disperser les rassemblements illégaux ultra-orthodoxes.

La police ne peut pas dire « Je ne ferai pas respecter la loi ». Si la police et le gouvernement avaient été déterminés [à mettre un frein aux violations de la loi Haredi], ils n’auraient pas organisé ces funérailles en premier lieu », a déclaré Lapid.

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