Virus : Gaza relâche les restrictions ; petite hausse des cas en Cisjordanie
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Virus : Gaza relâche les restrictions ; petite hausse des cas en Cisjordanie

Le Hamas va faire sortir plus de mille personnes de quatorzaine et les mosquées vont rouvrir ; les villages des alentours de Qalqilya restent confinés pour prévenir la propagation

Les membres du conseil supérieur des urgences, à Qalqilya, discutent des détails de la nouvelle hausse de cas de coronavirus, le 2 juin 2020 (Crédit : Gouvernorat de Qalqilya sur Facebook)
Les membres du conseil supérieur des urgences, à Qalqilya, discutent des détails de la nouvelle hausse de cas de coronavirus, le 2 juin 2020 (Crédit : Gouvernorat de Qalqilya sur Facebook)

Deux nouveaux cas de coronavirus ont été confirmés mardi à Qalqilya, en Cisjordanie, alors que la bande de Gaza se prépare à faire sortir de quarantaine, d’ici la fin de la semaine, 1 461 personnes récemment revenues au sein de l’enclave côtière.

Les autorités de la santé à Gaza, sous le contrôle du groupe terroriste du  Hamas et celles de Cisjordanie, sous la direction de l’Autorité palestinienne, ont assoupli les restrictions au cours de la semaine dernière, malgré une légère hausse du nombre confirmé de cas de coronavirus en Cisjordanie.

Trente-trois cas ont ainsi été dénombrés depuis l’allègement des mesures, mercredi dernier, en particulier dans les villages qui entourent Qalqilya, situé dans le nord-ouest de la Cisjordanie. Azzun Atma est l’épicentre de cette augmentation, avec un premier diagnostic fait le 28 mai. Le village a été immédiatement placé à l’isolement et il était encore fermé mardi, ont annoncé les autorités locales sur leur page Facebook.

Malgré cela, les autorités continuent à assouplir les restrictions. Le ministère palestinien de la Santé a lancé une campagne intitulée « Coexister avec le corona », détaillant les conditions nécessaires pour la réouverture des salons de coiffure, des cinémas et des cabinets de dentiste.

Les responsables s’inquiètent néanmoins des ouvriers palestiniens qui se rendent quotidiennement en Israël pour le travail. L’Etat juif a connu une augmentation récente des infections depuis que le pays a commencé à reprendre une certaine routine. Les officiels palestiniens ont déclaré que la majorité des cas de coronavirus, pendant la première vague, qui se sont déclarés sur les territoires placés sous contrôle de l’AP, avaient résulté des Palestiniens employés en Israël qui rentraient chez eux.

Un personnel soignant du ministère palestinien de la Santé désinfecte des travailleurs palestiniens pour tenter de contenir la pandémie de coronavirus à leur retour d’Israël, à proximité du village de Nilin, en Cisjordanie, à l’ouest de Ramallah, le 7 avril 2020. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

La récente hausse des infections à Azzun Atma est due à l’exposition à un tel ouvrier qui revenait de l’Etat juif, a indiqué dans un communiqué le porte-parole de l’Autorité palestinienne, Ibrahim Milhim.

Actuellement, il y a 23 cas actifs à Jérusalem-Est, 17 à Hébron et 16 à Qalqilya, selon le ministre de la Santé palestinien, Mai al-Kaila.

Annonçant l’allègement des restrictions, lundi dernier, le Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP), Mohammad Shtayyeh, a indiqué que l’AP était prête à remettre en place les mesures de confinement en cas de deuxième vague.

« Si, Dieu nous en préserve, nous devons constater davantage d’infections, nous sommes prêts à remettre toutes les restrictions en vigueur », a-t-il affirmé.

Pendant ce temps, dans la bande de Gaza isolée, les responsables se préparent à faire sortir de quatorzaine, d’ici la fin de la semaine, 1 461 personnes, a déclaré mardi un responsable de la Santé dans la bande, Majdi Duheir.

Les résultats des tests de 348 Gazaouis placés en quatorzaine et qui se sont faits dépister au cours des dernières vingt-quatre heures sont négatifs.

Les forces de sécurité du Hamas, le groupe terroriste qui dirige la bande de Gaza, vérifient les papiers d’un ambulancier au poste frontière de Rafah avec l’Égypte le 13 avril 2020. (Crédit : Said Khatib/AFP)

« Nous sommes au cœur du danger, ce qui exige que nous concentrions nos efforts sur l’élimination du coronavirus au sein de notre communauté », a dit le porte-parole pour la Santé du Hamas, le docteur Ashraf al-Qidra, dans un communiqué.

Malgré des milliers d’infections en Israël et en Cisjordanie, la bande de Gaza est parvenue à éviter une épidémie au sein de ses frontières. Tous les arrivants, dans la bande, ont été retenus à la frontière et placés en quatorzaine. Il est interdit aux non-résidents d’entrer dans Gaza.

Israël et l’Egypte imposent un blocus sur Gaza pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes d’importer des armes et des matériaux qui puissent servir à construire des fortifications et des tunnels d’attaque.

La plus grande partie des Gazaouis actuellement en quatorzaine sont revenus d’Egypte au cours des quinze derniers jours, selon des statistiques émises par le Hamas. 61 cas confirmés ont été détectés parmi les nouveaux arrivants au sein de l’enclave côtière depuis le début du mois de mars. 42 se trouvent encore à l’isolement, pris en charge et soignés au poste-frontière de Rahah. Seule une Gazaouie, une femme de 77 ans originaire de Rafah, a succombé à la maladie à ce jour.

Malgré ce qu’al-Qidra a qualifié de « signes inquiétants autour de nous », les décisionnaires politiques et les gérants des commences à Gaza sont prêts à commencer la vie post-confinement, ont expliqué des responsables du Hamas, mardi.

« Le ministère de l’Intérieur rencontrera les fournisseurs de services et les chefs de secteurs à partir de demain pour leur présenter les mesures et les critères nécessaires à la réouverture des secteurs », a noté, dans une déclaration, le porte-parole du ministère de l’Intérieur du Hamas, Iyad al-Bazam.

Des Palestiniens portant des masques lors de la dernière prière du vendredi du mois sacré du Ramadan dans une mosquée de Gaza City, le 22 mars 2020 (Crédit :AP Photo/Khalil Hamra)

Les mosquées rouvriront pour la prière de l’aube, mercredi, à Gaza, a dit le ministre aux artéfacts religieux Abd al-Hadi Agha, lundi. Les mosquées de Gaza n’ont pas connu le confinement total imposé par l’AP en Cisjordanie, les autorités du Hamas ayant ouvert les lieux de culte pour les fêtes et les prières du vendredi à de multiples reprises pendant le confinement de deux mois.

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