Washington envisage d’utiliser plus largement les mines antipersonnel
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Washington envisage d’utiliser plus largement les mines antipersonnel

Le Pentagone serait favorable à cette nouvelle politique qui n'autoriserait que des mines antipersonnel qui s'autodétruiraient dans les 30 jours si elles n'étaient pas activées

Le Pentagone, siège de la Défense américaine. (Crédit : mindfrieze/CC BY-SA/Flickr)
Le Pentagone, siège de la Défense américaine. (Crédit : mindfrieze/CC BY-SA/Flickr)

Les Etats-Unis envisagent, selon des médias américains, d’autoriser à nouveau l’armée américaine à utiliser des mines antipersonnel, que 164 Etats dans le monde se sont engagés à interdire compte tenu de leur impact sur les populations civiles.

Selon CNN, le président Donald Trump a décidé de revenir sur la décision de son prédécesseur Barack Obama de se plier à la Convention d’Ottawa qui interdit l’utilisation, le stockage, la production ou le transfert de mines antipersonnel, sauf sur la péninsule coréenne.

M. Trump devrait annoncer qu’il laissera désormais le soin au Pentagone de décider s’il veut utiliser plus largement ces mines enterrées qui explosent lorsqu’on marche dessus, a ajouté CNN, citant des responsables militaires anonymes.

Questionné jeudi à ce sujet, le chef du Pentagone n’a pas démenti.

« Un changement va être annoncé », a reconnu jeudi le ministre américain de la Défense, Mark Esper. « Je ne ferai pas de commentaire tant que ça n’aura pas été le cas ».

Dans cette photo du 8 juillet 2019, le secrétaire américain à la Défense Mark Esper attend l’arrivée de l’Emir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani au Pentagone. (AP Photo/Susan Walsh)

Le Pentagone serait favorable à cette nouvelle politique qui n’autoriserait que des mines antipersonnel qui s’autodétruiraient dans les 30 jours si elles n’étaient pas activées, précise CNN.

Le site d’information Vox cite un document du département d’Etat destiné à permettre aux diplomates américains d’expliquer la nouvelle politique aux alliés des Etats-Unis.

« Les Etats-Unis ne renonceront pas à préserver la sécurité de leurs soldats, surtout quand des avancées technologiques permettent d’employer les mines antipersonnel de façon responsable », indique le document cité par Vox, qui précise que l’annonce sera faite vendredi.

Les 164 Etats signataires du traité d’interdiction des mines antipersonnel d’Ottawa, ont réaffirmé fin novembre à Oslo leur objectif de supprimer tous ces engins de mort à travers le monde d’ici 2025.

A ce stade, une trentaine de pays, parmi lesquels les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan, ou encore Israël, n’ont pas signé la Convention d’Ottawa de 1997.

Dans son rapport annuel publié fin 2019, l’Observatoire des mines, une coalition d’ONG, avait enregistré 6 897 victimes de mines en tout genre en 2018 – dont 3 789 victimes de mines artisanales, un record – contre 3 998 en 2014.

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