Yair Netanyahu condamné pour diffamation contre un journaliste
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Yair Netanyahu condamné pour diffamation contre un journaliste

Ayant omis de présenter sa défense en temps voulu, le fils du Premier ministre a fait l'objet d'une décision automatique dans le procès intenté par l'ex-rédacteur en chef de Walla

Yair Netanyahu au tribunal de Tel Aviv, le 5 juin 2018. (Flash90)
Yair Netanyahu au tribunal de Tel Aviv, le 5 juin 2018. (Flash90)

Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a été condamné par le tribunal de Tel-Aviv à payer 286 000 shekels (74 360 euros) de dommages et intérêts à l’ancien rédacteur en chef du site d’information Walla, Avi Alkalay, dans le cadre d’un procès en diffamation.

La décision a été rendue vendredi et publiée samedi.

Avi Alkalay poursuivait Yair Netanyahu pour avoir partagé un certain nombre de messages sur les réseaux sociaux qui qualifiaient le journaliste de « taupe de la Fondation Wexner », un groupe que la famille Netanyahu accuse de financer des ONG et des campagnes de gauche, et qui prétendait être de mèche avec les poursuites engagées par l’État contre le Premier ministre.

Yair Netanyahu n’a pas répondu aux poursuites.

L’avocat d’Avi Alkalay, Ron Levinthal, a réagi à la décision : « Il est regrettable que dès le début, la défense ait sous-estimé le plaignant, qu’elle ait publié des choses sans les examiner, qu’elle ait ensuite ignoré le tribunal et la loi, et n’ait pas pris la peine de présenter une défense. On pouvait s’attendre à des standards plus élevés de la part du fils d’un Premier ministre ».

Dans une série de messages sur Twitter, Yair Netanyahu a affirmé ne pas avoir été informé du procès. Il a partagé une lettre d’un avocat affirmant que la décision était liée aux prochaines élections et qu’il ferait appel.

L’intéressé n’est pas étranger aux procès en diffamation et aux menaces d’actions en justice. Il a l’habitude de publier des messages incendiaires sur les réseaux sociaux et de tweeter rapidement et souvent contre ceux qu’il croit avoir fait du tort à lui et à sa famille.

La semaine dernière, il s’est retrouvé mêlé à un nouveau scandale après avoir publié la photo et les renseignements d’une jeune femme ayant fait un selfie avec le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, ce qui lui a valu d’être harcelée en ligne par des partisans de Yair Netanyahu et de son père, alors qu’on laissait entendre qu’elle avait eu une relation sexuelle avec celui-ci.

Netanyahu fils a tweeté la photo de la femme, Dana Cassidy, en demandant : « Est-ce que quelqu’un sait qui c’est ? ». Il l’a fait après avoir publié des allégations non fondées sur des liaisons prétendues de Benny Gantz.

La jeune femme a déclaré que les réactions à la publication de Netanyahu sur les réseaux sociaux étaient une forme de « harcèlement sexuel de masse », avec des messages faisant de nombreuses références sexuelles à elle et à sa supposée relation avec le n°1 de Kakhol lavan. Elle a déclaré avoir été inondée par la suite d’un « flot » d’appels des médias lui demandant de commenter sa prétendue liaison avec le député.

Vendredi, elle a fait savoir qu’elle allait poursuivre Netanyahu en justice.

Son père Kobi a ensuite fait part de sa colère sur Facebook à l’égard du Premier ministre, dans lequel il disait que Yair « a violé ma fille… en plein jour, sur la place du village… il a violé son honneur. Tout en utilisant son statut de fils du Premier ministre, et dans le cadre d’une campagne dégoûtante pour vous. »

« Sous sa direction et inspiré par lui, l’honneur de ma fille a été piétiné publiquement par tous les mécontents et les bons à rien », a-t-il dénoncé.

Yair Netanyahu a répondu en menaçant Kobi Cassidy de poursuites judiciaires pour diffamation, menaçant de lui réclamer un million de shekels (260 000 euros) de dommages et intérêts si la publication en ligne n’était pas supprimée.

L’année dernière, Yair Netanyahu a gagné un procès en diffamation contre le militant du Parti travailliste Abie Binyamin, qui l’avait accusé d’avoir utilisé un faux passeport émis par le Mossad pour cacher des millions à l’étranger.

Netanyahu l’avait poursuivi pour 140 000 shekels (36 400 euros) de dommages et intérêts pour un message publié sur Facebook en 2017 qui prétendait que le Premier ministre avait demandé aux services secrets de délivrer à son fils un passeport sous un autre nom, qu’il avait ensuite utilisé pour cacher de l’argent à l’étranger.

Le tribunal de Tel-Aviv a donné raison au plaignant, mais a réduit le montant des dommages et intérêts à 20 000 shekels (5 200 euros) et les frais à 7 000 shekels (1 800 euros).

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