Yair Netanyahu qualifie de « traîtres » les gauchistes et les journalistes
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Yair Netanyahu qualifie de « traîtres » les gauchistes et les journalistes

Mais le Premier ministre dénonce un "deux poids, deux mesures", notant qu'il a été traité de traître par certains : "Ce qui est interdit à droite l'est aussi à gauche"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse, Sara, et leur fils Yair lors d'une rencontre avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte (pas sur la photo), dans la résidence officielle de Neanyahu à Jérusalem, le 8 décembre 2013. (Crédit : Haim Zach/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse, Sara, et leur fils Yair lors d'une rencontre avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte (pas sur la photo), dans la résidence officielle de Neanyahu à Jérusalem, le 8 décembre 2013. (Crédit : Haim Zach/GPO/Flash90)

Le fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé lundi des politiciens de gauche, les médias et les organisations de gauche de trahison, affirmant qu’il exprimait « ce que chacun pense dans le pays ».

Quelques heures plus tard, son père a déclaré qu’il rejetait l’utilisation du terme, mais a affirmé que les médias pratiquaient deux poids, deux mesures en ne condamnant pas ceux qui l’ont traité de traître.

Le jeune Netanyahu a fait une apparition mouvementée au tribunal plus tôt dans la journée dans une plainte pour diffamation contre un activiste de gauche. Dès son arrivée, il a été accueilli par des manifestants qui l’ont traité, lui et sa famille, de « corrompu » et de « déchet ». Au moins l’un d’entre eux a également qualifié le Premier ministre de « traître ».

Par la suite, Yair Netanyahu a publié un message sur Facebook dans lequel il a relaté les accusations de trahison portées par des politiciens contre son père – principalement autour de l’enquête sur les sous-marins, au cours de laquelle la police a mené des enquêtes pour corruption dans les forces armées, au gouvernement et autres groupes de pression. Le Premier ministre n’est pas un suspect dans cette affaire, bien que les détracteurs l’accusent de complicité.

« Maintenant que nous pouvons enfin utiliser ce mot, je vais dire ce que tout le monde dans la nation pense », a déclaré Yair Netanyahu. « Les associations de gauche financées par des gouvernements étrangers et hostiles, les politiciens de gauche et les médias qui se rangent toujours du côté de l’ennemi et contre l’intérêt juif – qui ne se soucient pas des victimes du terrorisme, des résidents des implantations ou des victimes d’agents infiltrés tout en montrant une telle compassion pour chaque émeutier palestinien blessé à la frontière de Gaza – sont des traîtres ! »

יפה אז עכשיו שסוף סוף מותר להשתמש במילה הזאת אני אגיד את מה שכולם במדינה חושבים. עמותות השמאל במימון ממשלות זרות…

Posted by Yair Netanyahu on Monday, 10 December 2018

« Il est temps de dire la vérité toute simple. Selon n’importe quelle norme humaine élémentaire convenue dans n’importe quel pays à travers l’histoire. Ce sont des traîtres dans tous les sens du terme. »

Le compte Facebook du Premier ministre a ensuite publié un communiqué selon lequel « le Premier ministre Netanyahu rejette l’utilisation du terme « trahison » dans le discours politique, quel que soit le camp concerné ».

Toutefois, le post comprenait également une vidéo de diverses personnalités l’accusant de trahison.

Il continuait ainsi : « Malheureusement, d’autres l’utilisent tout le temps. Depuis l’enquête sur les sous-marins dans laquelle le Premier ministre n’a jamais été suspecté, Ehud Barak, des manifestants de gauche entre autres ont accusé le Premier ministre Netanyahu de ‘trahison’. Les médias n’ont pas dit un mot. Apparemment, ils croient que le terme ‘traître’ est acceptable tant qu’il s’adresse au Premier ministre Netanyahu. Ce qui est interdit à droite l’est aussi à gauche. Assez du deux poids, deux mesures. »

מה שאסור לימין אסור גם לשמאל

ראש הממשלה נתניהו דוחה את השימוש במונח ״בגידה״ מכל צד שהוא בויכוח הפוליטי. לצערנו, אחרים משתמשים בו כל העת. מאז חקירת הצוללות שרה״מ נתניהו מעולם לא היה חשוד בה, מאשימים אהוד ברק, מפגיני השמאל ואחרים את ראש הממשלה נתניהו ב״בגידה״.התקשורת לא אמרה על זה מילה. כנראה שלדעתם מותר להשתמש במונח ״בוגד״ כל עוד הוא מכוון נגד ראש הממשלה נתניהו. מה שאסור לימין אסור גם לשמאל. נמאס מהסטנדרט הכפול.

Posted by ‎Benjamin Netanyahu – בנימין נתניהו‎ on Monday, 10 December 2018

Barak n’a pas en fait accusé Netanyahu de trahison, disant seulement que cette affaire elle-même semblait représenter une « trahison limite » de la part des personnes impliquées. Il a toutefois noté la proximité de plusieurs des suspects avec le dirigeant israélien et a déclaré qu’il devrait démissionner.

Yair Netanyahu a souvent suscité la controverse. Plus tôt cette année, les Netanyahu ont été embarrassés par des enregistrements dans lesquels le fils du Premier ministre tenait des propos désobligeants sur les femmes lors d’une soirée d’excès dans une série de clubs de striptease à Tel Aviv.

Il a aussi souvent partagé des messages controversés sur les réseaux sociaux, notamment de la propagande de droite américaine avec des connotations antisémites, et s’est récemment querellé publiquement avec une animatrice de télévision qui critiquait son père, la traitant de « bête vulgaire ».

Lundi, la poursuite en diffamation de Yair Netanyahu contre Abie Binyamin a débuté par des vociférations bruyantes à l’extérieur de la salle d’audience et de vifs échanges à l’intérieur qui ont amené le juge à dire au jeune Netanyahu de cesser ses jurons. Il avait précédemment fait un doigt d’honneur aux activistes qui lui hurlaient dessus au palais de justice.

Netanyahu demande à l’activiste Benjamin des dommages-intérêts de 140 000 shekels (32 700 euros) pour un message sur Facebook qui prétend que le Premier ministre a demandé au Mossad de délivrer à son fils un passeport sous un autre nom, dont il s’est servi ensuite pour dissimuler de l’argent à l’étranger

Stuart Winer a contribué à cet article.

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