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Yitzhak Yosef fustige ce « fou » de Ben Gvir pour ses visites sur le Mont du Temple

Le grand rabbin séfarade a critiqué le député d'extrême droite pour ses visites "blasphématoires" ; les haredim craignent que certains ne se tournent vers le Sionisme religieux

Dossier : Le grand rabbin séfarade d'Israël Yitzhak Yosef au International Convention Center (ICC), le 1er février 2022. (Crédit: Noam Revkin Fenton/Flash90)
Dossier : Le grand rabbin séfarade d'Israël Yitzhak Yosef au International Convention Center (ICC), le 1er février 2022. (Crédit: Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le grand rabbin séfarade, Yitzhak Yosef, a critiqué samedi le législateur d’extrême droite, Itamar Ben Gvir, pour avoir visité le site sacré du Mont du Temple à Jérusalem.

Ben Gvir, un membre extrémiste de la Knesset appartenant au parti Sionisme religieux, a effectué sa dernière visite controversée sur le Mont du Temple à la fin du mois dernier, à l’occasion de Yom Yeroushalayim.

Les dirigeants ultra-orthodoxes s’opposent généralement à de telles visites, estimant que la sainteté du site interdit d’y pénétrer.

« Il y a un certain Ben Gvir qui est monté sur le Mont du Temple », a déclaré Yosef dans son sermon hebdomadaire. « Quel blasphème d’aller à l’encontre de tous les vrais, grands hommes d’Israël. Réfléchissez-y, imbécile. »

« Monter sur le Mont du Temple, brasser de l’air et franchir la ligne des grands hommes d’Israël », a dit Yosef.

« Restez loin de lui », a dit Yosef à propos de Ben Gvir, qui dirige la faction d’extrême droite Otzma Yehudit du parti d’opposition Sionisme religieux.

Selon le site d’information Walla, les dirigeants ultra-orthodoxes craignent que certains jeunes électeurs religieux quittent les partis haredim pour se tourner vers le Sionisme religieux. La coalition au pouvoir du Premier ministre Naftali Bennett vacille depuis des semaines et semble se diriger vers un effondrement, ce qui signifie que les Israéliens pourraient être bientôt appelés aux urnes.

En tant que grand rabbin, Yosef n’a pas le droit d’interférer directement dans les affaires politiques, mais son attaque contre Ben Gvir pour avoir enfreint les règles religieuses pourrait faire basculer certains électeurs du Sionisme religieux, qui est affilié au camp nationaliste-religieux, vers le parti ultra-orthodoxe et séfarade Shas, selon les informations.

Le Mont du Temple – qui abrite la mosquée al-Aqsa – est administré par le Waqf, une instance religieuse dirigée et financée par la Jordanie. Le mont est le lieu le plus saint du judaïsme – c’est là où se dressaient les temples bibliques – et c’est le troisième sanctuaire le plus sacré de l’Islam, ce qui transforme le site en point de friction majeur entre Juifs et musulmans.

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir se rend sur le Mont du Temple dans la vieille ville de Jérusalem lors des célébrations de Yom Yeroushalayim, le 29 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans le cadre d’un arrangement de plus en plus effiloché connu sous le nom de statu quo, les Juifs sont généralement autorisés à se rendre sur le Mont du Temple pendant des heures limitées, mais pas à y prier ou à accomplir quelque acte de culte qui pourrait être considéré comme une provocation pour les musulmans.

Pendant des décennies, les autorités religieuses ont interdit les visites juives sur le Mont du Temple au motif que les gens pourraient accidentellement souiller le site. Le soutien aux visites de l’enceinte et au droit d’y prier s’est accru ces dernières années, les militants religieux nationaux ayant fait passer la question dans le courant dominant.

Selon la police israélienne, environ 2 600 Juifs ont pu accéder au site en groupes de 40 à 50 personnes lors de Yom Yeroushalayim, un record absolu. L’afflux de visiteurs, et la visite de Ben Gvir, ont suscité des critiques de la part de la Jordanie, de l’Autorité palestinienne et des Émirats arabes unis.

Bien qu’il s’agisse d’une fête nationale, Yom Yeroushalayim célèbre la conquête de la Vieille Ville et de Jérusalem-Est, qui se trouvaient jusqu’alors entre les mains de la Jordanie, lors de la guerre des Six jours en 1967 – c’est une fête qui est majoritairement célébrée par les Juifs du mouvement nationaliste-religieux. La marche des drapeaux controversée, qui traverse les quartiers musulmans de la Vieille Ville, est considérée par ses détracteurs comme une provocation majeure.

À la fin du mois dernier, l’un des plus hauts rabbins ultra-orthodoxes d’Israël, le rabbin Gershon Edelstein, a exprimé sa ferme opposition à la Marche des drapeaux et à la visite du Mont du Temple, qualifiant ces visites de provocation.

Yosef a l’habitude de faire des commentaires désobligeants et provocateurs, notamment à l’encontre du judaïsme réformé, des femmes, des juifs russophones, de la Haute Cour de justice et des personnes de couleur.

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