Yossi Dagan : Pas de McDonald’s à l’aéroport car il « boycotte » la Cisjordanie
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Yossi Dagan : Pas de McDonald’s à l’aéroport car il « boycotte » la Cisjordanie

Le chef du conseil régional de Samarie lance un appel aux ministres des Finances et des Transports pour qu'ils refusent la demande du géant de la restauration rapide

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Un restaurant McDonald's casher en Israël. (Crédit : Creative Commons via JTA)
Un restaurant McDonald's casher en Israël. (Crédit : Creative Commons via JTA)

Un haut responsable des implantations a exigé que le géant de la restauration rapide McDonald’s ne soit pas autorisé à participer à un appel d’offres pour exploiter des restaurants dans le principal aéroport international du pays car il refuse d’ouvrir toute succursale en Cisjordanie.

Le président du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, a envoyé une lettre au ministre des Finances, Moshe Kahlon, et au ministre des Transports, Yisrael Katz, affirmant qu’Omri Padan, le franchisé local de la chaîne de restauration rapide géante et co-fondateur du mouvement « La Paix maintenant », enfreint les lois anti-boycott en n’ouvrant pas de succursales au-delà des lignes israéliennes d’avant 1967, a rapporté lundi le site d’information Ynet.

En 2013, Padan aurait refusé l’offre de Rami Levy, de la chaîne de supermarchés éponyme et de la société immobilière Mega Or, d’ouvrir un restaurant dans un centre commercial construit dans l’implantation d’Ariel.

« Comme vous le savez, McDonald’s Israël, dirigé par Omri Padan, boycotte ouvertement les citoyens et les territoires de l’État d’Israël au-delà de la Ligne verte », a écrit Dagan. « Ce boycott flagrant ne se fait pas par hasard, mais de manière formelle et ouverte, comme l’a souligné Padan en 2013 lorsqu’il a refusé d’ouvrir une succursale de la chaîne à Ariel ».

« Padan, qui s’oppose à la politique d’Israël au-delà de la Ligne verte et aux opinions de millions de citoyens, veut en vivre et devenir un fournisseur unique à l’aéroport Ben Gurion », a écrit Dagan.

Yossi Dagan, président du Conseil régional de Samarie, pendant la 14e conférence annuelle de l’association Besheva à Jérusalem, le 12 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il a noté que les lois anti-boycott, qui s’appliquent également aux implantations en Cisjordanie, couvrent « tout appel public au boycott culturel, académique ou économique de toute personne ou entité du seul fait de ses liens avec l’État d’Israël » et que le ministre des Finances a le pouvoir de restreindre la participation des supporters du boycott dans les appels d’offres gouvernementaux.

En réponse, McDonald’s Israël a rejeté la responsabilité sur le siège mondial de McDonald’s, qui, selon lui, n’a pas autorisé de succursales en Cisjordanie.

« Alonyal (McDonald’s Israël), qui a ouvert le premier restaurant McDonald’s au Moyen Orient en 1993, n’a jamais reçu de permis de McDonald’s World pour ouvrir des restaurants en Cisjordanie », a déclaré la société dans un communiqué.

Le ministère des Transports a déclaré dans un communiqué qu’il « ne traite pas des appels d’offres commerciaux de l’Autorité aéroportuaire » et le ministère des Finances a déclaré que « la question ne nous concerne pas ».

L’Autorité aéroportuaire a déclaré dans un communiqué que « l’Autorité fonctionne conformément à la loi sur les appels d’offres », a rapporté Ynet.

McDonald’s exploitait deux restaurants à l’aéroport Ben Gurion, mais les a fermés en 2011 après avoir perdu contre son concurrent Burger Ranch dans un appel d’offres. A l’époque, Ynet avait indiqué que les ventes annuelles des deux restaurants de l’aéroport étaient estimées à quelque 30 millions de shekels (7 500 000 euros).

Israël a conquis la Cisjordanie pendant la guerre des Six Jours de 1967. Aujourd’hui, plus de 400 000 Israéliens vivent en Cisjordanie. La plupart des membres de la communauté internationale considèrent que les implantations sont illégales et constituent un obstacle à la création d’un État palestinien indépendant. Israël considère le territoire comme contesté et affirme que le sort des implantations doit être réglé dans le cadre des négociations de paix avec les Palestiniens.

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