Zarif : La Shoah n’est « pas une excuse pour l’apartheid en Palestine »
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Zarif : La Shoah n’est « pas une excuse pour l’apartheid en Palestine »

Interrogé sur la comparaison établie par le président iranien entre Trump et les nazis, Zarif a déclaré que Rouhani se référait aux "tendances xénophobes" du président américain

Le ministre iranien des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à "Face the nation" sur CBS, le 30 septembre 2018 (Capture d'écran : CBS News)
Le ministre iranien des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à "Face the nation" sur CBS, le 30 septembre 2018 (Capture d'écran : CBS News)

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a déclaré dans un entretien diffusé dimanche que la Shoah ne pouvait être utilisée « comme justification d’une politique d’apartheid en Palestine ».

Zarif, qui s’exprimait dans l’émission « Face the nation » de CBS, était interrogé au sujet d’une récente déclaration faite par le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo qui avait estimé qu’entendre « un pays qui nie la Shoah et qui menace Israël de comparer les Etats-Unis ou leur dirigeant aux nazis est l’une des choses les plus scandaleuses qui soit ».

Zarif a tout d’abord reconnu la véracité de la Shoah mais il a ajouté que le génocide n’était pas une excuse pour les maltraitances des Palestiniens par les Israéliens. Le régime islamique iranien a de très lourds antécédents de négationnisme.

« L’Iran a très clairement établi que nous rejetons le meurtre d’innocents, peu importe leur nombre, peu importe qui est leur bourreau », a dit Zarif avant que le journaliste ne lui demande s’il se référait par ces mots à la Shoah et s’il reconnaissait que six millions de Juifs avaient été assassinés.

« Bien sûr que c’est arrivé », a-t-il riposté. « Et un nombre énorme de personnes sont mortes – un nombre énorme d’innocents sont morts ».

« Mais cela ne saurait justifier le fait de priver les autres de leurs terres natales. Cela ne saurait justifier la construction d’implantations sur le territoire des autres. Cela ne saurait justifier la violation massive des droits de Palestiniens. La Shoah ne peut être utilisée comme justification pour une politique d’apartheid en Palestine », a expliqué Zarif.

Interrogé sur la raison pour laquelle le président iranien Rouhani a déclaré que le président américain Donald Trump affichait des tendances semblables à des dispositions nazies, Zarif a défendu les propos du chef de l’Etat iranien.

« Les tendances xénophobes qu’il a affichées, le mur, l’interdiction des musulmans, l’interdiction de voyage aux Etats-Unis des Iraniens… Tout cela rappelle ce type de mentalité », a dit Zarif.

Dans des extraits de l’entretien qui avaient été diffusés la veille, Zarif a rejeté les allégations du Premier ministre Benjamin Netanyahu concernant un nouvel « entrepôt atomique secret » proche de Téhéran, affirmant qu’il s’agissait d’un nouveau « non-sens » au sujet du programme nucléaire du régime islamique découlant d’une série de « mensonges » proférés par Jérusalem depuis 1992.

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