Pour la première fois dans l’histoire de l’Etat, le Prix Israël pour la poésie et de la littérature a été attribué à un Juif d’origine séfarade. Erez Biton, un poète qui sort des sentiers battus,  a déclaré lundi, un jour après que l’annonce a été rendue publique, qu’il représentait la poésie hébraïque et non les Juifs orientaux.

Le jury, présidé par le Professeur Avner Holzman, a qualifié ses cinq recueils de poèmes « de modèle de lutte exemplaire, courageuse, sensible et profonde avec un large éventail d’expériences personnelles et collectives, tournant autour des douleurs de l’immigration, des difficultés à s’enraciner en Israël, et de l’établissement de l’identité mizrahi comme un élément inséparable du visage d’Israël ».

L’annonce intervient quelques semaines après que ce même visage israélien a été tiraillé le long de la ligne de partage ethnique qui, parfois, semble diviser Israël et, à d’autres moments, semble avoir été dissoute dans le tissu de la société.

Avant les élections du 17 mars, Yair Garbuz, un peintre et ancien kibboutznik adulé par l’intelligentsia de gauche, a fustigé, lors d’un rassemblement de la gauche, « les embrasseurs d’amulettes, les adorateurs d’idoles, ceux qui se prosternent devant – et s’allongent sur – les tombes des saints ».

S’exprimant en plein centre de Tel-Aviv, il a demandé : comment se fait-il que « cette minorité réussisse à nous gouverner » ? Il a également inclus dans cette liste, créant ainsi une sorte d’amalgame, les « destructeurs de la démocratie », les « violeurs » et « les harceleurs sexuels ».

Il était clair, pour tous ceux qui ont entendu le discours, que l’expression « embrasseurs d’amulettes » visait les Israéliens d’origine séfarade, dont une majorité votent à droite.

Le député Ofir Akunis du Likud a affirmé que Garbuz « avait révélé le vrai visage de la gauche israélienne : la condescendance, le dénigrement de l’autre, la négation de toute opinion » qui n’est pas la sienne.

Pour lire l’excellent portrait du poète réalisé par notre journaliste Mitch Ginsburg, cliquez ici.