Erez Biton, le premier séfarade à gagner le prix Israël pour la poésie et la littérature
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Erez Biton, le premier séfarade à gagner le prix Israël pour la poésie et la littérature

Le prestigieux prix Israël a été décerné à ce poète aveugle, d'origine algérienne, après que des polémiques portant sur les origines ethniques des Israéliens ont accompagné les élections

Mitch Ginsburg est le correspondant des questions militaires du Times of Israel

Eretz Biton, un célèbre poète israélien au Sharon Hotel à Herzliya le 19 novembre 2014 (Crédit : Mitch Ginsburg/Times of Israel)
Eretz Biton, un célèbre poète israélien au Sharon Hotel à Herzliya le 19 novembre 2014 (Crédit : Mitch Ginsburg/Times of Israel)

Pour la première fois dans l’histoire de l’Etat, le Prix Israël pour la poésie et de la littérature a été attribué à un Juif d’origine séfarade. Erez Biton, un poète qui sort des sentiers battus,  a déclaré lundi, un jour après que l’annonce a été rendue publique, qu’il représentait la poésie hébraïque et non les Juifs orientaux.

Le jury, présidé par le Professeur Avner Holzman, a qualifié ses cinq recueils de poèmes « de modèle de lutte exemplaire, courageuse, sensible et profonde avec un large éventail d’expériences personnelles et collectives, tournant autour des douleurs de l’immigration, des difficultés à s’enraciner en Israël, et de l’établissement de l’identité mizrahi comme un élément inséparable du visage d’Israël ».

L’annonce intervient quelques semaines après que ce même visage israélien a été tiraillé le long de la ligne de partage ethnique qui, parfois, semble diviser Israël et, à d’autres moments, semble avoir été dissoute dans le tissu de la société.

Avant les élections du 17 mars, Yair Garbuz, un peintre et ancien kibboutznik adulé par l’intelligentsia de gauche, a fustigé, lors d’un rassemblement de la gauche, « les embrasseurs d’amulettes, les adorateurs d’idoles, ceux qui se prosternent devant – et s’allongent sur – les tombes des saints ».

S’exprimant en plein centre de Tel-Aviv, il a demandé : comment se fait-il que « cette minorité réussisse à nous gouverner » ? Il a également inclus dans cette liste, créant ainsi une sorte d’amalgame, les « destructeurs de la démocratie », les « violeurs » et « les harceleurs sexuels ».

Il était clair, pour tous ceux qui ont entendu le discours, que l’expression « embrasseurs d’amulettes » visait les Israéliens d’origine séfarade, dont une majorité votent à droite.

Le député Ofir Akunis du Likud a affirmé que Garbuz « avait révélé le vrai visage de la gauche israélienne : la condescendance, le dénigrement de l’autre, la négation de toute opinion » qui n’est pas la sienne.

Pour lire l’excellent portrait du poète réalisé par notre journaliste Mitch Ginsburg, cliquez ici.

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