Malgré une période de calme relatif entre Israël et la bande de Gaza, les terroristes de l’enclave palestinienne sont en train de s’armer de missiles qui peuvent atteindre en profondeur le cœur d’Israël, a déclaré lundi le chef d’état-major de l’armée israélienne Benny Gantz.

S’exprimant lors de la conférence de Herzliya, une réunion annuelle sur le thème de la sécurité nationale, Gantz a donné un aperçu de la situation sécuritaire d’Israël, en affirmant que l’instabilité était partout mais que la dissuasion militaire permettait de « tenir la guerre à
distance ».

Gantz a déclaré que le Hamas dans la bande de Gaza n’était pas à la recherche d’une nouvelle guerre avec Israël, mais que des terroristes procédaient à un réapprovisionnement spectaculaire de leurs stocks de missiles.

Dans la bande de Gaza, on note « une augmentation spectaculaire des roquettes à moyenne et longue portée », a-t-il confié.

Sa déclaration est intervenue quelques heures après que deux roquettes aient été tirées de Gaza sur le sud d’Israël, ne causant aucun dommage.

Gantz a déclaré que le Hezbollah n’avait pas de plan immédiat pour attaquer Israël, compte tenu des conséquences.

« Le Hezbollah est freiné », a-t-il affirmé. « Il sait ce qui se passera s’il entre en guerre contre nous, et qu’il retournera alors à la situation du Liban d’il y a une dizaine d’années ».

Sur l’Iran et son programme nucléaire, Gantz a déclaré que « la volonté de l’Iran de négocier avec l’Occident est le résultat de son isolement ». Le chef d’état-major reste optimiste sur les négociations en cours avec le régime iranien, affirmant que, « avec suffisamment de détermination, il est possible d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires, par la force ou non ».

Mais le thème récurrent du discours portait sur l’instabilité et l’imprévisibilité de la région.

« Les djihadistes sont en train de nous refaire le coup des frontières de Sykes-Picot », a ironisé Gantz. « Nous devons rester vigilants et prêts, mais nous ne pouvons pas vraiment dire de quoi demain sera fait. Nous pouvons boire notre tasse de café à 9h30, et être en guerre à 10h30 ».

Gantz a également évoqué la Syrie, mais avec beaucoup moins d’optimisme : « C’est comme un jeu de cartes qui s’est effondré. Tant que [le président Bachar] Assad est au pouvoir, il n’y aura pas de solution efficace. Je pense que nous pourrions voir encore une autre décennie de violence là-bas », a-t-il fait savoir.

Il a également mis en garde contre la baisse du budget de la défense d’Israël. Selon lui, « nous n’avons pas d’autre choix que de vivre ici en tant que nation forte et unie ».