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Statut de Jérusalem : les fronts en présence

Si Trump déménage l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, il romprait avec le positionnement de la communauté internationale et des décennies de politique américaine

Jérusalem, vue pendant  le survol annuel de l’armée de l’air israélienne pour Yom HaAtsmaout, le 12 mai 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)
Jérusalem, vue pendant le survol annuel de l’armée de l’air israélienne pour Yom HaAtsmaout, le 12 mai 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Un peu d’histoire

Le plan de partage de l’ONU en 1947 prévoyait la partition de la Palestine en trois entités : un État juif, un État arabe, Jérusalem formant un « corpus separatum » sous régime international spécial administré par les Etats-Unis.

Ce plan a été accepté par les dirigeants sionistes mais rejeté par les leaders arabes.

Suite au départ des Britanniques et à la première guerre israélo-arabe, l’Etat d’Israël est créé en 1948, et fait de Jérusalem-Ouest sa capitale, Jérusalem-Est étant alors sous contrôle de la Jordanie.

Israël s’empare de Jérusalem-Est au cours de la guerre des Six-Jours en 1967 et l’annexe. Une loi fondamentale entérine en 1980 le statut de Jérusalem comme capitale « éternelle et indivisible » d’Israël.

La position israélienne

Le gouvernement israélien l’a rappelée mardi : « Jérusalem est la capitale du peuple juif depuis 3 000 ans et la capitale d’Israël depuis 70 ans ». Cela vaut pour tout Jérusalem, Ouest et Est, ville « réunifiée ».

La position palestinienne

L’Autorité palestinienne, interlocutrice de la communauté internationale et d’Israël, revendique Jérusalem-Est comme la capitale d’un futur état palestinien indépendant. Le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui ne reconnaît pas Israël et cherche ouvertement à le détruire, évoque Jérusalem tout court comme la capitale d’un futur état de Palestine.

Celle des Etats-Unis

En 1995, le Congrès américain a adopté le Jerusalem Embassy Act appelant les Etats-Unis à déménager l’ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, « capitale de l’Etat d’Israël ».

La loi est contraignante pour le gouvernement américain. Mais une clause permet aux présidents de repousser son application pour six mois. Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama ont systématiquement actionné la clause tous les six mois.

M. Trump l’a fait pour la première fois en juin 2017, à contrecoeur. Mais il a informé mardi le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le roi jordanien Abdallah II de son intention de procéder au transfert, selon l’AP et le palais royal jordanien.

La communauté internationale

Sa position n’a guère changé depuis des décennies. L’ONU ne reconnaît pas l’annexion de Jérusalem-Est, qu’elle considère comme territoire occupé. Elle a déclaré la loi israélienne de 1980 une violation de la loi internationale.

Pour elle, le statut final de Jérusalem doit être négocié entre les parties.

La vision internationale largement répandue reste celle de Jérusalem comme la capitale d’Israël et d’un Etat palestinien indépendant.

La résolution 478 de l’ONU en 1980 appelait tous les pays ayant une mission diplomatique à Jérusalem à l’en retirer. Treize pays (Bolivie, Chili, Colombie, Costa Rica, République dominicaine, Equateur, Salvador, Guatemala, Haïti, Pays-Bas, Panama, Uruguay, Venezuela) ont déménagé leur ambassade à Tel-Aviv, où se trouvent celles des autres pays.

La singularité russe

Les médias israéliens ont fait grand cas en 2017 d’un communiqué du gouvernement russe disant qu’il considérait « Jérusalem-Ouest comme la capitale d’Israël ».

Le document, salué par une partie de la classe politique israélienne bien que dépourvu de véritable conséquence concrète, reconnaissait aussi « Jérusalem-Est comme la capitale d’un futur état palestinien ».

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