1 compagnie sur 3 sur la liste noire de la Commission de régulation des marchés à terme est israélienne
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1 compagnie sur 3 sur la liste noire de la Commission de régulation des marchés à terme est israélienne

La Commission de régulation des marchés à terme a annoncé que 75 % de la "liste rouge" du régulateur est composée de compagnies d'options binaires, qui constituent un problème croissant aux Etats-Unis

Simona Weinglass est journaliste d'investigation au Times of Israël

Entrée de la FCTC, la Commission de régulation des marchés à terme, à Washington D.C. Illustration. (Crédit : autorisation)
Entrée de la FCTC, la Commission de régulation des marchés à terme, à Washington D.C. Illustration. (Crédit : autorisation)

Plus d’un tiers des compagnies d’investissement qui figurent sur la « liste rouge » de la Commission de régulation des marchés à terme (Commodity Futures Trading Commission, CFTC) car elles sollicitent des clients américains, opèrent depuis Israël.

La liste rouge de la CFTC – une agence américaine gouvernementale indépendante qui régule les marchés à terme et les marchés d’option et qui protège les investisseurs américains – lance un avertissement à propos d’entités étrangères qui opèrent aux Etats-Unis par le biais de sollicitations via Internet sans s’être enregistrées auprès des régulateurs américains, a confié une source de la CFTC au Times of Israël. En d’autres termes, ces entités violent la loi américaine et il est peu probable qu’elles respectent les régulations qui ont pour but de protéger les consommateurs américains.

La source, qui est haut placée au sein de la CFTC, n’a accepté de parler au Times of Israël que sous condition d’anonymat.

« La liste rouge sert d’avertissement pour les consommateurs, » affirme la source.

« Si nous avions commencé cette liste il y a quatre ans, la plupart des compagnies seraient liées au forex. Mais un déclin du forex a eu lieu. On a ensuite assisté à beaucoup d’abus de la part des compagnies de métallurgie, qui étaient d’ailleurs basées aux Etats-Unis. A présent on voit les options binaires. »

Le Times of Israël a exposé et détaillé comment fonctionne la fraude des options binaires israéliennes et du forex dans une série d’articles au cours des dernières semaines, commençant avec un article intitulé « Les Loups de Tel Aviv. » Des milliers de personnes dans l’industrie frauduleuse sur place – parmi lesquels de nombreux immigrants et arabes israéliens – dupent et volent des clients issus du monde entier.

De façon cumulative, on pense que l’industrie israélienne des options binaires brasse des centaines de millions de dollars chaque année, si ce ne sont pas des milliards. Une large portion de l’industrie agit sur la base de pratiques mensongères et frauduleuses, allant du mensonge à propos de leurs identités et lieux de travail jusqu’à truquer les plates-formes commerciales afin qu’elles ne permettent pas aux clients de récupérer leur argent sous quelque circonstance que ce soit.

Parmi les 40 compagnies figurant sur la liste rouge de la CFTC, la source a confié que près de 30 sont des firmes d’options binaires.

Parmi ces 30, le Times of Israël a confirmé qu’au moins 14 opéraient ou bien avaient opéré depuis Israël. Elles incluent BeeOptions, BinaryBook, BTGOption, IvoryOptions, LBinary, NRGBinary, OptionsXO, TitanTrade, UKOptions, Tradequicker, BigOption, Bloombex Options, IHOpoptions et YesOption.

La CFTC, a affirmé la source, est au courant que « le binaire a une présence israélienne. »

Ironiquement, de nombreuses compagnies d’options binaires en Israël, même celles qui ne sont pas régulées, évitent de solliciter des clients américains par peur d’action de la part des services judiciaires américains.

De nombreux employés et ex-employés dans les options binaires interviewés par le Times of Israël ont raconté comment leurs compagnies flouent des clients au Canada, en France, en Angleterre et en Australie, mais restent à distance des Américains et des Israéliens.

Mais apparemment pas tous.

« Un de nos cas qui s’est produit relativement récemment était contre deux compagnies israéliennes, » a remarqué la source du CFTC, faisant référence à une action en justice initiée contre deux compagnies israéliennes Vault Options, Ltd. (Vault) et Global Trader 365.

Les deux firmes ont été accusées en février d’avoir sollicité plus de 1 million de dollars d’au moins 50 clients américains, et d’avoir floué leurs clients « en, entres autres choses, représentant de façon fausse et en omettant de préciser la probabilité de profit et de perte à laquelle le client peut faire face en négociant des options binaires, affirmant de façon fausse que les fonds du client sont assurés contre les pertes, induisant de façon frauduleuse les clients à envoyer plus d’argent avant que les fonds initiaux n’aient été rendus, et en détournant les fonds des clients, » pouvait-on lire sur le communiqué du CFTC.

« D’après la plainte, » continue le communiqué, « tandis que les sites web de Vault et GT 365 vantaient de gros bénéfices, de nombreux clients ont pratiquement perdu tous leurs fonds parfois en quelques jours ou semaines. »

Un problème avec Google

Le mois dernier à l’exposition IFX, une vaste, conférence/extravagance chargée d’alcool ayant lieu à Limassol, Chypre, et célébrant les industries du forex et des options binaires, un membre issu de l’industrie expliquait qu’il était courant pour les compagnies d’options binaires d’enterrer les avertissements des régulateurs gouvernementaux respectés sous des montagnes de spams SEO.

« La France est devenue l’un des régulateurs les plus agressifs, » a affirmé Ron Finberg, un cadre israélien avec une compagnie qui propose des services aux courtiers d’options binaires, à un panel sur le futur de la régulation pour les plate-formes de commerce en ligne.

« Ils disent ‘ce courtier n’est pas autorisé à commercer en France’, mais combien de gens lisent ces avertissements ? Le courtier peut changer son nom le jour suivant. Ou bien faire un bon travail de SEO et pousser vers le bas les résultats sur Google. Ce sont certaines des options qu’ils peuvent mettre en œuvre. »

La source du CFTC a confié au Times of Israël qu’il est au courant de la pratique dans l’industrie consistant à pousser les avertissements du CFTC plus bas dans les résultats de recherche de Google, une pratique qui aide à éviter les effets de tels avertissements.

« Nous sommes conscients de cela et nous prenons des mesures pour y remédier, » a-t-il dit.

En ce qui concerne Google, le moteur de recherche était un participant actif à la conférence du mois dernier sur le forex et les options binaires, allant même jusqu’à offrir, durant un discours d’ouverture, des trucs et astuces pour savoir dans quels pays Google observait le plus de recherches pour « forex » et « options binaires ».

Le CFTC a remercié l’Autorité des sécurités israélienne, les Sécurités de Chypre et la Commission d’échange, et la Commission des sécurités de l’Ontario pour leur aide lors du cas contre Vault Options et Global Trader 365.

Mais la source a ajouté au Times of Israël qu’il était « surpris et attristé » d’entendre que la police israélienne n’agissait pas plus vigoureusement afin de s’attaquer au large nombre de compagnies frauduleuses opérant en toute liberté depuis Israël.

En réponse à la nouvelle qu’une sur trois des compagnies figurant sur la liste rouge du CFTC opère depuis Israël, l’Autorité des titres israélienne (ATI) a encore une fois affirmé au Times of Israël qu’elle a dans le passé, annoncé que cela ne relevait pas de sa responsabilité et que ne faisait pas partie de sa juridiction de s’attaquer à ce phénomène de grande ampleur de vol et de fraude.

« La mise en œuvre de la Loi de sécurités israélienne dépend de quel public une plateforme de courtage cible, » a affirmé l’ATI dans un communiqué, « comme il est l’usage parmi d’autres autorités de sécurités à l’étranger. Il est très facile d’offrir ce genre d’activité internet en dehors des frontières de l’Etat et en conséquence c’est la question de qui est ciblé dont va dépendre l’application de la loi. C’est pour cette raison qu’une compagnie étrangère qui cible des Israéliens doit obtenir une licence de la part de l’ATI même si elle est intégrée et située dans un pays étranger. C’est ainsi que cela fonctionne dans la plupart des pays du monde et en conséquence une compagnie qui cible des Américains ou des Européens ; par exemple, se doit d’obtenir une licence américaine ou européenne, même si elle opère depuis Israël. »

L’ATI a ajouté : « Nous souhaitons insister sur le fait que le Département des investigations de l’ATI alloue des ressources considérables et mène des investigations en coopération avec les autorités étrangères de sécurités. »

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