21 ans après son démantèlement Sa-Nur est rétablie
Bezalel Smotrich qualifie cette mesure de "correction historique de l'expulsion coupable du nord de la Samarie" dans le cadre du plan de désengagement unilatéral de 2005
Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Des ministres du gouvernement, des députés de la Knesset, des élus locaux et des centaines de militants du mouvement pro-implantations ont célébré, dimanche, le rétablissement et le repeuplement de l’implantation de Sa-Nur, dans le nord de la Cisjordanie, près de vingt-et-un ans après son évacuation dans le cadre du plan de désengagement unilatéral.
Le président du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, qui faisait partie des résidents évacués de Sa-Nur en 2005, est l’une des seize familles qui se sont réinstallées dimanche dans l’implantation.
Lors de la cérémonie, le ministre de la Défense, Israel Katz, a réitéré ses promesses antérieures selon lesquelles le gouvernement travaillait à la légalisation de 140 avant-postes agricoles illégalement établis à travers la Cisjordanie.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a qualifié le rétablissement de Sa-Nur de « fête nationale » et de « correction historique » de « l’expulsion coupable du nord de la Samarie », en référence aux quatre implantations du nord de la Cisjordanie, dont Sa-Nur, qui avaient été évacuées dans le cadre du plan de désengagement unilatéral de 2005, au cours duquel Israël avait également démantelé toutes ses implantations situées dans la bande de Gaza et s’était retiré de celle-ci.
« En ce jour émouvant, nous sommes honorés d’apporter une correction historique à l’expulsion coupable du nord de la Samarie », a déclaré Smotrich.
« Nous abolissons la honte de l’expulsion, mettons fin à l’idée d’un État palestinien et retournons à Sa-Nur. C’est un jour de fête pour le mouvement pro-implantations et une fête nationale pour l’État d’Israël. »
L’organisation de gauche La Paix Maintenant a qualifié le rétablissement de ces quatre implantations de « stupide et pervers », invoquant ce qu’elle a présenté comme le fardeau de sécurité accru que cette mesure ferait peser sur l’armée israélienne ainsi que l’impact négatif qu’elle aurait sur la capacité des Palestiniens locaux à accéder à leurs terres.
En décembre, Israël a exproprié 500 dunams de terres privées afin de construire une route de contournement de six kilomètres menant à Sa-Nur sans passer par les villages palestiniens.
Dans le cadre du plan de désengagement, le gouvernement de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon avait démantelé toutes les implantations de Gaza, ainsi que celles de Homesh, Sa-Nur, Ganim et Kadim, dans le nord de la Cisjordanie.
Ces deux aspects du plan de désengagement ont été extrêmement traumatisants pour le mouvement pro-implantations et, plus largement, pour la communauté sioniste religieuse.
Lors de l’événement de dimanche, Smotrich a également appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à ordonner à Tsahal de se préparer à une « occupation totale » de Gaza et à y rétablir également des implantations.
Le gouvernement actuel a ouvert la voie au rétablissement des implantations dans le nord de la Cisjordanie en mars 2023, lorsqu’il a abrogé la législation qui avait décrété l’évacuation des quatre implantations et interdisait jusqu’alors aux Israéliens d’y vivre.
En mai 2025, le cabinet de sécurité a approuvé la création de 22 nouvelles localités en Cisjordanie, dont Homesh et Sa-Nur, puis, en décembre, de 19 autres implantations, dont Ganim et Kadim.
Une maternelle a ouvert ses portes à Homesh en septembre pour les familles déjà installées dans l’implantation, et dix d’entre elles se sont officiellement réinstallées à Homesh le mois dernier.
Ces derniers jours, des maisons préfabriquées ont été construites à Sa-Nur pour les seize familles qui s’installeront dans la nouvelle implantation. Dimanche, ces familles ont transféré leurs effets personnels de leurs anciens logements vers Sa-Nur.
Des plans ont été soumis pour la construction de 126 logements à Sa-Nur, bien qu’ils n’aient pas encore été approuvés. L’installation de maisons modulaires a donc été nécessaire pour permettre le repeuplement de l’implantation avant la fin du processus d’approbation des plans et de construction, souvent long.
« Aujourd’hui, nous écrivons une page d’histoire en Samarie et mettons effectivement fin au terrible crime que constitue l’expulsion du nord de la Samarie », a déclaré Dagan lors de la cérémonie, à laquelle ont assisté plusieurs centaines de personnes.
« Nous avons prouvé qu’il est possible de remonter le temps et de réparer une injustice, même lorsqu’il semble que tout est perdu. »







