300 chrétiens de Gaza autorisés à entrer à Jérusalem à partir de ce mardi
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300 chrétiens de Gaza autorisés à entrer à Jérusalem à partir de ce mardi

Un responsable israélien a confirmé les permis d'entrée dans la capitale et en Cisjordanie ; des groupes des droits de l'Homme déplorent un quota "peu important et arbitraire"

Des Palestiniens quittent Gaza pour se rendre en Israël via le point de passage Erez, le 3 septembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des Palestiniens quittent Gaza pour se rendre en Israël via le point de passage Erez, le 3 septembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après avoir échoué à octroyer des autorisations en avance aux chrétiens palestiniens de la bande de Gaza qui auraient permis à ces derniers de célébrer Pâques à Jérusalem dimanche, les autorités israéliennes ont pris la décision de laisser entrer 300 d’entre eux à Jérusalem et en Cisjordanie pour fêter la Pâque orthodoxe, a indiqué un responsable de haut-rang de l’Autorité palestinienne lundi. Les Gazaouis pourront ainsi traverser la frontière à partir de mardi.

Même si de nombreux chrétiens ont fêté Pâques dimanche, les communauté orthodoxes la célèbreront le 28 avril. Un grand nombre de chrétiens, à Gaza, appartiennent à la communauté grecque-orthodoxe et fêteront Pâques à cette date.

« Le ministère de la Défense, à l’origine, n’avait pas émis de permis – ce qui a signifié que malheureusement, les chrétiens de Gaza qui souhaitaient fêter Pâques à Jérusalem dans la journée de dimanche se sont trouvés dans l’incapacité de le faire », a commenté Saleh al-Ziq, haut-responsable de la Commission des affaires civiles de l’AP à Gaza, lors d’un entretien téléphonique.

« Mais suite à notre intervention, il a maintenant donné 300 permis à ceux qui souhaitent se rendre à Jérusalem et en Cisjordanie et y célébrer la Pâque orthodoxe au début de la semaine prochaine », a noté Ziq.

Un responsable israélien de la sécurité, qui a demandé à conserver l’anonymat, a confirmé que les autorisations seraient délivrées.

Il a ajouté que les autorités israéliennes permettront aux chrétiens de Gaza dont l’entrée a été autorisée à quitter l’enclave côtière par le poste-frontière d’Erez, seul passage piéton traversant la frontière.

Ziq a également déclaré qu’Israël avait accepté d’autoriser les chrétiens de Gaza âgés de moins de 16 ans et qui n’ont pas reçu de permis d’entrée en Cisjordanie et à Jérusalem à entrer en Israël s’ils étaient accompagnés d’un parent ou d’un grand-parent.

La semaine dernière, le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) a annoncé qu’il octroierait 200 permis aux chrétiens palestiniens de Gaza âgés de 55 ans et plus qui pourront ainsi se rendre au poste-frontière d’Allenby entre Israël et la Jordanie pour Pâques, mais il n’a fait aucune mention d’éventuelles autorisations délivrées aux chrétiens de la bande pour qu’ils puissent se rendre en Cisjordanie et à Jérusalem.

Des Palestiniens quittent Gaza pour se rendre en Israël via le point de passage d’Erez, le 3 septembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ziq a expliqué qu’il s’apprêtait à remettre les permis au père Mario, responsable d’une église catholique romaine à Gaza, qui s’était engagé à les distribuer aux chrétiens palestiniens sur le territoire.

Il a également précisé que les autorisations permettraient aux chrétiens palestiniens de Gaza d’entrer à Jérusalem et en Cisjordanie entre ce mardi 23 avril et le 5 mai.

Selon un rapport diffusé par le Bureau central des statistiques de l’Autorité palestinienne au mois de février 2018, 1 138 chrétiens palestiniens vivent dans la bande de Gaza. La majorité d’entre eux habitent dans la ville de Gaza et un grand nombre d’entre eux ont de la famille en Cisjordanie.

Ziq a déclaré toutefois que si Israël a accordé à environ 300 chrétiens palestiniens le droit de se rendre à Jérusalem et en Cisjordanie, l’Etat juif a refusé de donner des permis aux centaines d’autres chrétiens installés au sein de l’enclave côtière.

« Alors que nous avons reçu environ 300 permis, nous en avions réclamé un petit peu plus de 1 000 », a-t-il dit, ajoutant que 175 des autorisations approuvées par Israël concernaient des personnes âgées de plus de 55 ans.

Israël maintient de lourdes restrictions sur le mouvement des personnes et des biens depuis et vers la bande de Gaza. Ces limitations, selon Israël, sont nécessaires pour empêcher les armes d’entrer au sein de l’enclave côtière.

Elias al-Jelda, activiste chrétien dans la bande de Gaza, a affirmé penser qu’Israël aurait dû octroyer davantage de permis pour ses coreligionnaires dans la bande.

« Le nombre de permis est insuffisant mais c’est mieux que rien », a confié Jelda au cours d’un entretien téléphonique. « Au moins, certains d’entre nous pourront fêter la fête de Pâques là-bas. »

Mariam Marmur, porte-parole de Gisha, un groupe de défense des droits de l’Homme israélien qui s’intéresse aux problèmes liés à la liberté de mouvement des Palestiniens, a partagé le même point de vue, critiquant vivement la décision israélienne de ne délivrer que 300 autorisations.

« Israël a l’obligation de respecter les droits des résidents de Gaza et notamment leur liberté de mouvement et leur liberté de religion », a-t-elle commenté dans un message texto. « Il n’y a rien qui puisse justifier ce quota peu important et arbitraire de 300 permis ni cette annonce faite à la dernière minute. »

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