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300 réservistes de cyber-unités ne se porteront pas volontaires pour le service

Selon des informations, Gallant aurait déclaré aux ministres que Tsahal ne pourra pas supporter l'absence au service de certains membres déterminants de la réserve

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration : Un soldat de l'armée de l'unité de cyber-défense C4I travaillant sur ordinateur. (Crédit : Armée israélienne)
Illustration : Un soldat de l'armée de l'unité de cyber-défense C4I travaillant sur ordinateur. (Crédit : Armée israélienne)

Quelque 300 réservistes des unités de cyber-défense ont publié une lettre indiquant qu’ils ne se présenteraient pas au service de réserve volontaire, après que la Knesset a approuvé la première lecture d’un projet de loi visant à empêcher les tribunaux d’utiliser l’outil judiciaire de la notion juridique de « raisonnabilité » pour les décisions gouvernementale.

« Le gouvernement Netanyahu a prouvé aujourd’hui qu’il était déterminé à écraser l’État d’Israël. L’adoption de la loi visant à annuler la clause du caractère raisonnable est la première étape de la transformation de l’État d’Israël en un État corrompu, sombre et faible », dit la lettre.

Les réservistes préviennent que « les capacités informatiques sensibles et susceptibles d’être utilisées à mauvais escient ne doivent pas être confiées à un gouvernement criminel qui sape les fondements de la démocratie. »

« La confiance dans la capacité du gouvernement à diriger des activités informatiques offensives a été profondément ébranlée. Il s’agit d’un danger clair et immédiat », indique la lettre.

« C’est pourquoi nous, les 300 signataires, nous nous soustrayons immédiatement à notre service de réserve volontaire. Nous ne développerons pas de capacités pour un régime criminel et nous ne participerons pas à la formation de la future génération de cyber-soldats », ajoutent les réservistes.

Contrairement à la plupart des réservistes qui sont appelés à servir sur ordre officiel de Tsahal, les pilotes et autres membres des forces spéciales se présentent plus fréquemment et de manière volontaire, souvent en dehors des situations d’urgence, en raison de la nature de leur poste.

Des soldats de réserve israéliens et des activistes protestant contre la refonte judiciaire prévue par le gouvernement israélien, dans la ville de Bnei Brak, le 16 mars 2023. (Crédit : Flash90)

L’armée a déclaré qu’elle prendrait des mesures disciplinaires à l’encontre des soldats qui refuseraient de se présenter au travail lorsqu’on le leur ordonnerait, mais elle a souligné qu’aucune mesure ne serait prise à l’encontre des réservistes qui, à ce stade, ne font que menacer de ne pas se présenter au travail.

Les réservistes – qui occupent un rôle déterminant dans les activités de routine des unités les plus importantes de Tsahal – ont averti, ces derniers mois, qu’ils ne seraient pas en capacité de faire leur devoir militaire dans un Israël qui ne serait plus démocratique – ce qui sera le cas, accusent-ils, si le gouvernement doit mener à bien son plan de refonte radicale du système judiciaire.

Les appels à se soustraire au devoir de réserve avaient secoué l’armée au début de l’année, alors que la refonte venait d’être annoncée et avançait ; depuis, ils se sont multipliés malgré leur condamnation par de hauts responsables politiques de l’opposition et de la coalition. La menace s’est encore reforcée, ces dernières semaines, alors que la coalition a relancé son plan de réforme qui viendrait bouleverser le système de la justice du pays, faisant avancer certains éléments du plan – un programme qui avait été longtemps mis en pause au mois de mars suite aux pressions exercées par les réservistes sur le ministre de la Défense, Yoav Gallant.

Pendant une réunion du cabinet de sécurité, dimanche, Gallant a estimé que si un nombre précis de réservistes occupant des postes déterminants – comme les pilotes, les forces spéciales et les unités de renseignement – refusaient de faire leur devoir, alors « l’armée ne sera pas en mesure de le supporter », selon la Douzième chaîne. Le nombre exact – il s’établirait à quelques centaines – n’a pas été médiatisé.

Selon le site d’information Ynet, Gallant a ajouté, pendant la rencontre, que les nouveaux appels à refuser de servir s’apparentaient « à jouer avec le feu ».

L’armée de l’air israélienne s’appuie énormément sur les pilotes de réserve pour mener à bien ses missions. Après leurs dix années initiales de service, ils continuent à se former et à prendre part à des opérations en tant que réservistes pendant environ encore deux décennies. C’est souvent le cas sur une base hebdomadaire.

Illustration : Trois pilotes devant un avion de chasse F-16 alors qu’il décolle du 117e escadron de l’armée de l’Air israélienne, qui a été fermé le 30 septembre 2020. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major Herzi Halevi a pour sa part déclaré, dimanche, que les réservistes « n’ont pas le droit » de refuser le service dans un contexte de tensions sécuritaires accrues dans toute la région.

En contraste, Yuval Diskin, ancien chef du Shin Bet, a écrit dans une lettre ouverte qui a été publiée par Ynet, lundi, que ce refus opposé par les réservistes de servir en signe de mécontentement contre la refonte du système judiciaire était « légitime » et qu’il était même, peut-être, « un acte d’héroïsme ».

« Le volontariat et l’héroïsme sur le champ de bataille ont protégé Israël face à ses adversaires mais aujourd’hui, nous assistons à une forme différente de bataille – une bataille qui cherche à saper ce que sont l’essence même et les valeurs de notre nation. Dans ce combat, le fardeau pèse très largement sur les épaules de nos courageux combattants. En conséquence, suspendre le volontariat pour le service de réserve est non seulement une action juste mais aussi un acte démocratique, légitime et, oserais-je le dire, héroïque qui doit être entrepris sans délai pour prévenir une chute plus forte encore dans l’abîme », a écrit Diskin.

Yuval Diskin lors de la manifestation en ligne contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 21 mars 2020 (Capture d’écran/Facebook)

Samedi soir, des milliers de réservistes de l’armée ont manifesté aux abords du domicile de Gallant, dans l’espoir qu’il intervienne une nouvelle fois, comme il l’avait déjà fait au mois de mars, pour interrompre l’avancée du projet de refonte du système judiciaire israélien.

La lettre écrite mardi par les réservistes des cyber-unités de Tsahal survient dans un contexte de manifestations dans toute la nation, dans la matinée, suite à l’adoption en première lecture d’un projet de loi qui limitera le pouvoir de réexamen judiciaire de la Haute-cour et alors que la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu tente de faire avancer une autre législation controversée qui restreindrait de manière radicale l’indépendance et les pouvoirs du système judiciaire – malgré une forte opposition.

La législation qui interdit l’usage de la notion juridique de « raisonnabilité » qui est employée par les tribunaux figure parmi plusieurs projets de loi proposés par la coalition de Netanyahu, une coalition formée de son parti du Likud et de formations d’extrême-droite et ultra-orthodoxes alliées. Ce plan de refonte du système de la justice a été à l’origine d’un mouvement de protestation de ses opposants qui affirment, depuis plus de six mois, qu’il mènera le pays à l’autoritarisme.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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