50 personnes maximum dans les bars et les salles de spectacle en Israël
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50 personnes maximum dans les bars et les salles de spectacle en Israël

Lapid déplore ces restrictions qui auraient dû prendre en compte la taille des lieux ; La seconde vague est pire, prévient Yoav Kisch

Le personnel du centre médical Sheba dans le service d'isolement du coronavirus à Ramat Gan, le 30 juin 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)
Le personnel du centre médical Sheba dans le service d'isolement du coronavirus à Ramat Gan, le 30 juin 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)

Les députés de la commission spéciale de la Knesset sur la lutte contre le coronavirus ont approuvé dimanche la réglementation gouvernementale limitant à 50 personnes les rassemblements dans les bars et les salles de fêtes. Les nouvelles restrictions entrent en vigueur lundi à 8 heures du matin, après le soutien de sept députés et l’opposition de trois d’entre eux.

Le chef de l’opposition Yair Lapid reproche au gouvernement cette décision, affirmant que la taille de chaque lieu aurait dû être prise en compte.

« Il n’y a aucune logique dans la directive pour limiter à 50 personnes en tout lieu. La directive aurait dû être prise en tenant compte de la taille de la salle, mais personne ne travaille dans ce gouvernement paresseux », a-t-il tweeté. Les règles du gouvernement vont causer la ruine financière de centaines de milliers de personnes, a-t-il ajouté.

Dimanche, le vice-ministre de la Santé Yoav Kisch (Likud) avait prévenu que la deuxième vague d’infection du coronavirus était bien pire que la première. Il a appelé à interdire les rassemblements de masse pour ralentir le rythme d’infections et peut-être pouvoir empêcher un nouveau confinement général.

« Nous sommes face à une longue guerre d’usure, a-t-il déclaré au comité de la Knesset chargé de répondre à l’épidémie. Nous sommes dans la deuxième vague [de l’épidémie] et elle est pire que la première – nous devons réimposer des restrictions ».

« Nous avons doublé le nombre de malades en 10 jours. Il y a un plus grand nombre de cas graves. Les infections se propagent sur l’ensemble du pays », a déclaré Kisch, ancien pilote chez El Al.

« Nous devons sensiblement réduire les grands événements sociaux. Si nous ne le faisons pas, le prix que nous paierons dans deux semaines pourrait être vraiment dramatique. Je pense qu’il faut dire cela clairement, a-t-il ajouté. Toutes les restrictions visent à éviter un confinement. Je comprends les difficultés de tout le monde, mais si nous ne prenons pas des mesures fermes aujourd’hui, demain nous paierons un prix bien plus important en terme de santé et d’économie ».

Le député du Likud Yoav Kisch préside la réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 12 juillet 2018.(Yonatan Sindel/Flash90)

La déclaration de Kisch est intervenue alors que le ministère de la Santé a annoncé dimanche matin qu’il y avait 86 personnes dans un état grave et 78 dans un état modéré. La veille, une équipe d’experts avait prévenu que le système hospitalier d’Israël risquait de s’effondrer avec le taux actuel d’infections.

Lors de la réunion du cabinet de dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que « si nous ne bloquons pas la propagation du coronavirus, nous n’aurons ni la santé ni l’économie, beaucoup de citoyens de l’Etat d’Israël vont perdre la vie ».

Il a déclaré qu’Israël est entré en « situation d’urgence », ajoutant que « nous ne pouvons pas penser le processus législatif à la Knesset, avec les mesures que nous prenons, comme si tout était normal », une possible référence au processus du vote du budget qui divise Netanyahu et Benny Gantz.

« Ce n’est pas le cas et c’est sur cette base que nous voulons avancer à la fois sur les moyens pour prendre des décisions et la prise de décision à une échelle et une magnitude différente, afin de bloquer la propagation du coronavirus », a-t-il continué.

Le taux de chômage s’élève à 20,9 %, selon l’Agence pour l’emploi. Sur les plus de 847 000 chômeurs, plus de 584 000 ont été mis en congé sans solde en raison de la pandémie.

La commission des Lois a rejeté un projet de loi qui permettrait aux députés de renoncer à leur salaire mensuel ou de le verser dans les caisses publiques. La proposition de loi avait été soulevée par le député Likud Nir Barkat, parmi d’autres députés de la coalition. Barkat, un ancien maire de Jérusalem qui a renoncé à son salaire lorsqu’il dirigeait la capitale, a déploré cette décision comme « malheureuse ».

« La confiance du public dans ses dirigeants commence par un exemple personnel », a déclaré M. Barkat dans un communiqué. « Cela aurait pu être une occasion de faire preuve d’une solidarité particulière et de s’identifier à eux pendant cette période difficile ». « Je n’ai, en tout état de cause, aucune intention de toucher mon salaire et la Knesset peut en faire don à la bonne cause qu’elle choisira ».

Le député du Likud Nir Barkat lors d’une réunion de faction avant la cérémonie de prestation de serment de la nouvelle Knesset, le 30 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz a de son côté déclaré qu’il poussait le gouvernement à développer une application de suivi civil pour remplacer la surveillance de l’agence Shin Bet, que tous les Israéliens devront obligatoirement installer pour avoir accès aux espaces publics.

« Nous sommes en guerre ! » a-t-il tweeté, faisant référence à la hausse des cas de virus.

Le professeur Eli Waxman, docteur à l’Institut Weizmann qui conseillait le Conseil national de sécurité sur la réponse au coronavirus, a écrit une lettre au nom de nombreux experts. La lettre rappelait au gouvernement que le système hospitalier d’Israël risquait de s’effondrer si l’épidémie de coronavirus n’était pas immédiatement contrôlée.

« Même si nous arrêtons la tendance d’infections croissantes, le nombre de patients dans un état grave devrait augmenter le mois prochain à des niveaux qui mettraient en danger le système hospitalier », pouvait-on lire dans la lettre adressée à Netanyahu, au ministre de la Santé Yuli Edelstein et au Conseiller de la sécurité nationale Meir Ben Shabbat.

« Le système de santé sera en danger si la propagation du coronavirus n’est pas arrêtée la semaine prochaine, prévenait la lettre. L’analyse des dernières données en terme de morbidité indique un danger imminent pour le fonctionnement du système de santé et pour le fonctionnement de l’économie israélienne ».

Le prof. Eli Waxman de l’Institut Weizmann (Autorisation)

L’équipe recommandait le transfert immédiat de la gestion de l’épidémie du ministère de la Santé à l’armée israélienne. Selon les experts, même après des mois à s’occuper du coronavirus, le ministère n’avait pas de système de gestion opérationnel pour coordonner la collecte et l’analyse de données, mais aussi pour formuler des recommandations.

« Israël fait face à l’un des pires états d’urgence de son histoire. L’échec à prendre des mesures immédiates – en espérant que la situation va simplement s’améliorer d’elle-même – va empirer la crise et causer un désastre grave pour la société et l’économie, a écrit Waxman. Selon le quotidien Haaretz, il devait présenter ses inquiétudes aux ministres dimanche.

Dimanche, le ministère de la Santé a annoncé qu’il y avait maintenant 29 366 cas confirmés du coronavirus en Israël depuis le début de l’épidémie.

La semaine dernière, Waxman a déclaré à Haaretz qu’il y a un décalage par rapport au nombre de personnes sous respirateur du fait d’un changement de stratégie. On place les patients sous respirateurs uniquement dans les phases très avancées de la maladie, afin d’éviter les séquelles à long-terme.

Des officiers de police dans un quartier de la ville de Lod, le 5 juillet 2020.
(Yossi Aloni/Flash90)

En outre, il y avait 78 personnes en état modéré, à comparer au 33 le 4 juin. Le restant des 11 189 cas actifs présentaient des symptômes légers ou aucun symptôme. Le bilan des victimes est resté à 330, après le décès de quatre personnes samedi.

Il y a eu 16 342 tests réalisés samedi, avec 4,9 % de taux positifs.

Un rapport de dimanche émis par le Centre d’information et de connaissance nationale du coronavirus, opérant sous le Directoire du Renseignement militaire de Tsahal en coopération avec le ministère de la Santé, notait que les villes de Lod et d’Ashdod étaient maintenant classées comme des « zones rouges » nécessitant des politiques ciblées.

Des juifs ultra-orthodoxes attendent pour traverser une route fermée alors qu’ils portant des masques de protection afin d’aider à endiguer la propagation du coronavirus à Ashdod en Israël, le 2 juillet 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)

En outre Bnei Brak, Kafr Qasim et Beitar Illit avaient besoin d’une meilleure politique de sensibilisation de la population, de dépistage et d’isolation des porteurs et des porteurs potentiels du virus.

Environ 160 étudiants d’un séminaire dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak ont été testés positifs au coronavirus. Selon les rapports, le chef de la Beit Matityahu Yeshiva, qui a environ 700 étudiants, était parmi ceux qui ont été testés positifs au virus.

La police a annoncé que des milliers d’officiers seraient mobilisés dans ces efforts pour faire appliquer les régulations.

Des Israéliens sur le Boulevard Rothschild à Tel Aviv, le 30 juin 2020. (Miriam Alster/FLASH90)
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