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6 députés retirent leur soutien à la lettre à Unilever concernant Ben & Jerry’s

Les législateurs disent ne pas avoir vu le texte final; une députée travailliste dit qu'elle a été amenée à croire que la lettre visait à sauver les emplois des employés de l'usine

Des camions sont garés à l'usine de glaces Ben & Jerry's dans la zone industrielle de Be'er Tuvia, le 20 juillet 2021 (Crédit: AP Photo/Tsafrir Abayov)
Des camions sont garés à l'usine de glaces Ben & Jerry's dans la zone industrielle de Be'er Tuvia, le 20 juillet 2021 (Crédit: AP Photo/Tsafrir Abayov)

Six membres de la Knesset dont les noms figuraient sur une lettre de critique à Ben & Jerry’s adressée mercredi à Unilever sont revenus sur leur soutien quelques heures après sa publication.

La lettre a été initiée par Merav Ben-Ari, députée de Yesh Atid, en réponse à l’annonce faite la semaine dernière par Ben & Jerry’s qu’il était « incompatible avec nos valeurs » de continuer à vendre de la crème glacée « dans les territoires palestiniens occupés ».

« Cette décision de boycotter des villes en Israël ainsi que la tentative de l’entreprise d’imposer immédiatement cette pratique de boycott au fabricant israélien est une décision immorale et regrettable qui nuit à tous les résidents de Judée et Samarie, ainsi qu’à des centaines de travailleurs israéliens, juifs et arabes », indique la lettre adressée au PDG d’Unilever, Alan Jope, désignant la Cisjordanie par ses noms bibliques, et signée par 90 membres de la Knesset.

Mais le député Meretz Yair Golan et les députés travaillistes Naama Lazimi, Efrat Rayten, Gilad Kariv, Ram Shefa et Emilie Moatti – dont les noms figurent tous sur la lettre telle qu’elle a été publiée – ont déclaré qu’ils ne soutenaient pas sa formulation et ont laissé entendre que la version finale ne correspondait pas à leur accord initial.

Deux clients entrent dans le magasin de crème glacée Ben & Jerry’s, le 20 juillet 2021, à Burlington, dans le Vermont. (AP Photo/Charles Krupa)

« Les travaillistes et le Meretz ont une politique claire, dont le cœur est la séparation des Palestiniens et une solution à deux États », a tweeté Moatti. « La version finale de la lettre (qui ne m’a pas été présentée) ne représente pas ma position diplomatique ».

« J’ai compris que la lettre ne représente pas ma position », a tweeté Golan peu après avoir signé la lettre. Le député Meretz a déclaré qu’il s’opposait à la description des implantations de Cisjordanie en tant que « villes et villages d’Israël » et a demandé que sa signature soit retirée.

Mme Lazimi a laissé entendre que M. Ben-Ari lui avait demandé de signer une lettre appelant à sauver les emplois des 160 personnes qui travaillent dans l’usine israélienne de Ben & Jerry’s à Be’er Tuviya.

Dans sa déclaration de la semaine dernière, l’entreprise a déclaré que son contrat de licence avec l’usine expirerait à la fin de 2022.

La députée travailliste Naama Lazimi (Crédit: Tomer Neuberg/Flash90)

« Nous devons trouver une solution pour les 160 employés de l’usine Ben & Jerry’s à Beer Tuviya », a tweeté Lazimi. « Mais bien sûr, nous restons une voix constante contre l’expansion des colonies et en faveur de la paix et d’une solution à deux États. » En réaction à une réponse sur Twitter, Lazimi a écrit que Ben-Ari avait initialement présenté la lettre comme « défendant une position contre la fermeture de l’usine ». « Cependant, j’aurais dû y regarder de plus près et j’en prends la responsabilité ».

La lettre adressée à Unilever qualifie la décision de l’entreprise de crème glacée de « honteuse », et conclut : « Nous vous demandons instamment de reconsidérer cette décision et de modifier cet acte injustice (sic) ».

Mardi, Unilever a réitéré son opposition au mouvement BDS, et a noté que la société de crème glacée a contractuellement la liberté de prendre des décisions sur sa « mission sociale. » Dans une lettre adressée à l’Anti-Defamation League (ADL) et à d’autres groupes juifs américains, Jope a déclaré qu’Unilever « rejette complètement et répudie sans équivoque toute forme de discrimination ou d’intolérance. L’antisémitisme n’a sa place dans aucune société. Nous n’avons jamais exprimé de soutien au mouvement BDS et n’avons pas l’intention de changer cette position. »

Pendant ce temps, Dana Olmert, la fille de l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, a déclaré dans une interview radio mercredi soutenir la décision de Ben & Jerry’s. Olmert fait partie des plus de 90 Israéliens qui ont signé une récente lettre adressée à la société de crème glacée pour la remercier de « son engagement en faveur des droits de l’homme des Palestiniens ».

Outre Olmert, les signataires de la lettre – qui a également fait l’objet d’une pleine page de publicité dans Haaretz mardi – comprenaient les anciens députés Meretz Zehava Gal-On, Hussniya Jabara et Roman Bronfman, ainsi que les anciens députés travaillistes Tzaly Reshef et Avraham Burg.

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