65 sénateurs réclament l’entrée rapide d’Israël dans le programme de visa américain
Un groupe bipartisan a demandé à l'administration Biden de finaliser l'intégration du pays dans le programme de dispense de visa avant fin septembre

WASHINGTON (JTA) — Environ 65 sénateurs issus des deux côtés de l’échiquier politique ont exhorté, mercredi, l’administration Biden à finaliser l’intégration d’Israël dans le programme de dispense de visa américain d’ici le 30 septembre.
Un programme – qui permet aux citoyens de se rendre aux États-Unis librement – qu’Israël tente de rejoindre depuis des décennies. Actuellement, les Israéliens qui n’ont pas la citoyenneté des 40 pays appartenant au programme de dispense de visa doivent demander la permission d’aller aux États-Unis – un processus qui aboutit habituellement mais qui peut être (très) long.
La lettre écrite par les sénateurs au Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, et au Secrétaire à la sécurité intérieure, Alejandro Majorkas, a été initiée par Jacky Rosen, démocrate du Nevada, et par Rick Stock, républicain de Floride. Elle fait allusion au dernier obstacle que rencontre Israël pour faire son entrée dans le programme – le profilage des Américains d’origine arabe qui veulent pénétrer sur le sol israélien – tout en recommandant vivement de fixer l’échéance de l’intégration du pays au mois de septembre.
« Nous reconnaissons qu’il y a encore des problèmes qui doivent être réglés avant que la participation d’Israël au programme puisse être finalisée et nous recommandons vivement aux deux parties d’œuvrer en faveur de la résolution de ces problèmes – notamment en ce qui concerne le traitement réciproque des citoyens américains – de manière à garantir la mise en conformité d’Israël avec toutes les exigences du programme avant l’échéance du 30 septembre 2023 », dit le courrier.
La lettre, soutenue par l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), a été rédigée alors que l’ambassadeur américain en Israël, Tom Nides, veut pouvoir concrétiser l’intégration d’Israël dans le programme avant son départ de son poste, qui doit avoir lieu cet été.
Nides négocie actuellement un accord prévoyant qu’Israël allègera – sans les supprimer totalement – les restrictions appliquées aux Américains d’origine palestinienne lors de leur entrée sur le territoire israélien, ont confié un responsable israélien et un responsable américain au Times of Israel au début du mois. Les groupes arabes américains rejettent ce compromis et ils réclament un principe de réciprocité totale.
Ces dernières années, Israël a su répondre à deux exigences entourant l’entrée dans le programme. Son taux de refus de visa – le pourcentage de voyageurs interdits d’entrée sur le territoire en raison d’éléments laissant penser qu’ils pourraient abuser de leur visa en restant plus longtemps ou en cherchant à travailler illégalement dans le pays – est tombé en dessous des 3 %. De plus, le gouvernement israélien a adopté des lois et des mesures facilitant l’échange de renseignement parmi les nations-membres du programme.
Mais le principe de réciprocité formulé dans le programme reste un obstacle : Ainsi, la dispense de visa doit pouvoir concerner tous les citoyens, indépendamment de leur origine ethnique ou religieuse. Israël exige des autorisations spéciales pour les Américains qui sont en possession de papiers d’identité palestiniens et le département d’État met en garde, depuis des années, sur le fait que « certains citoyens d’origine arabe ou musulmane (et notamment les ressortissants palestino-américains) ont rencontré des difficultés significatives et un traitement occasionnellement hostile aux frontières d’Israël, ainsi qu’aux postes de contrôle ».
Un certain nombre de démocrates ont rejoint les Américains d’origine arabe et d’autres groupes en exigeant la réciprocité totale en pré-condition de l’intégration d’Israël dans le programme. Une lettre qui avait été écrite le mois dernier par 14 sénateurs démocrates à Blinken et à Mayorkas recommandait vivement à l’administration Biden de ne pas faire de compromis sur la norme « le bleu est bleu », ce qui signifie que tous les Américains en possession d’un passeport bleu devront avoir droit au même traitement.
« Tous les pays ont, bien sûr, le droit de décider de leurs propres règles concernant l’entrée des étrangers, » disait la lettre, soutenue par l’organisation JStreet, le groupe juif libéral qui consacre ses activités à la politique au Moyen-Orient. « Toutefois, si un pays veut avoir le privilège de participer à notre programme de dispense de visa, alors il n’a pas le droit de faire des discriminations à l’encontre des citoyens américains ».
Le nouveau courrier qui a été envoyé mercredi a été signé par 26 démocrates et par 39 républicains. Du côté des démocrates, les sénateurs juifs Rosen, Ben Cardin du Maryland, Richard Blumenthal du Connecticut, Ron Wyden de l’Oregon, and Michael Bennet du Colorado.
Les signataires juifs du courrier envoyé le mois dernier, qui demandait à l’administration Biden une application plus stricte du principe de réciprocité, incluaient Brian Schatz de Hawaii, initiateur de la missive aux côtés de Chris Van Hollen et Maryland, ainsi que Bernie Sanders du Vermont.







