7 actrices juives qui ont façonné Hollywood
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7 actrices juives qui ont façonné Hollywood

Hors champ, leurs vies ont inclus des accusations de meurtre, l'apprentissage de l'hindoustani, ou l'aide apportée à l'invention d'un système qui devait entraîner le Bluetooth

Elisabeth Bergner ( (Division des imprimés et photographies de la librairie du congrès américain via JTA) ; Libby Holman(Crédit : Confetta/Flickr); Ruby Myers (Crédit : Bollywoodirect/Medium); Sylvia Sidney (Crédit : Vintage Everyday); Luise Rainer (Crédit :Paramount/ Wikimedia Commons); Lillian Roth (Crédit :Wikimedia Commons); Hedy Llamarr (Crédit : Silver Screen Collection/Getty Images). (Toutes les images via JTA)
Elisabeth Bergner ( (Division des imprimés et photographies de la librairie du congrès américain via JTA) ; Libby Holman(Crédit : Confetta/Flickr); Ruby Myers (Crédit : Bollywoodirect/Medium); Sylvia Sidney (Crédit : Vintage Everyday); Luise Rainer (Crédit :Paramount/ Wikimedia Commons); Lillian Roth (Crédit :Wikimedia Commons); Hedy Llamarr (Crédit : Silver Screen Collection/Getty Images). (Toutes les images via JTA)

Alma via JTA — Que ce soit hors-champ ou en coulisses, des réalisateurs, producteurs et scénaristes juifs auront aidé à développer le système de Hollywood, tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Mais ces sept actrices juives pionnières ont défié les attentes liées à leur sexe et un grand nombre a survécu aux persécutions religieuses, fuyant l’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.

Leurs films témoignent de leur talent et prouvent la puissance du cinéma en termes d’évasion, tel un moyen permettant d’explorer certaines des questions les plus pressantes posées par le monde.

Hors-champ, leurs vies auront été marquées par des accusations de meurtre, l’apprentissage de l’hindoustani, ou l’aide apportée à l’invention d’un système de brouillage qui devait être à l’origine, ultérieurement, du développement du Bluetooth et d’autres technologies.

Elisabeth Bergner (1897-1986)

Elisabeth Bergner. (Division des imprimés et photographies de la librairie du congrès américain via JTA)

L’actrice autrichienne Elisabeth Bergner avait été nominée pour l’Oscar du meilleur premier rôle féminin en 1955 et elle avait même pu aider à créer le personnage éponyme du film « Eve ». Bergner était l’une des actrices de cinéma et de théâtre les plus célèbres d’Allemagne, connue pour ses rôles androgynes et en pantalon (ce qui était très inhabituel à l’époque).

Après s’être installée à Londres, elle avait aidé d’autres acteurs à échapper à l’Allemagne nazie. Au cours d’une projection de son film « Catherine de Russie », les nazis avaient entraîné des émeutes dans le cadre de leur campagne plus large d’éradication de l’art juif.

Bergner et son mari, le réalisateur Paul Czinner, s’étaient rapidement enfuis aux Etats-Unis – où elle avait partagé l’affiche avec Laurence Olivier dans « Comme il vous plaira », en 1936. Elle était retournée en Europe après la guerre, jouant en 1973 dans le long-métrage « Der Fußgänger » (« Le piéton »), nominé aux Oscars et aux Golden Globes. Un parc municipal, à Berlin, porte dorénavant le nom de Bergner.

Libby Holman (1904-1971)

Libby Holman. (Crédit : Confetta/Flickr via JTA)

Actrice américaine ouvertement bisexuelle qui avait été accusée d’avoir assassiné son mari (un récit qui a inspiré trois films), Libby Holman avait mené une vie controversée. Même si elle avait été ensuite classée comme un suicide, la mort de l’époux de Holman, Zachary Smith Reynolds, avait terni sa réputation et la couverture de ce décès avait été entachée d’antisémitisme.

Elle avait été également la femme la plus jeune à être diplômée de l’université de Cincinnati, et elle avait pris le contrepied de la norme sociale en faisant des spectacles avec des musiciens afro-américains. Holman s’était liée d’amitié avec Martin Luther King Jr. et elle devait l’aider à payer son voyage, en 1959, en Inde où il avait étudié les enseignements de Mahatma Gandhi.

En plus de son implication dans le mouvement des droits civils et de sa participation au film expérimental « Rêves à vendre », en 1947, Holman laisse essentiellement un souvenir d’actrice de théâtre. C’est grâce à elle, par ailleurs, que la robe-bustier – son look signature – serait devenue populaire.

Ruby Myers (1907-1983)

Ruby Myers. (Crédit : Bollywoodirect/Medium via JTA)

Ruby Myers, dont le nom de scène était Sulochana, était une actrice indienne d’origine moyen-orientale qui avait défié les normes sociales de l’époque en se produisant dans les premiers films muets hindis. A la fin des années 1700, les Juifs d’Irak, de Syrie et d’autres zones de l’empire ottoman, étaient venues en Inde, établissant la communauté juive Baghdadi. Certaines parmi les premières femmes à jouer dans les films indiens appartenaient à cette diaspora juive.

Myers, qui était opératrice téléphonique lorsqu’elle a été découverte, avait hésité à continuer son métier d’actrice. Mais elle avait ensuite tenu les premiers rôles dans des films comme « Typist Girl » (1926) et « Wildcat of Bombay » (1927), dans lesquels elle avait joué huit personnages. Lorsque le cinéma parlant avait pris le dessus, elle avait appris l’hindoustani.

Dans les années 1930, Myers avait ouvert sa propre maison de production, Rubi Pics, et elle avait reçu, en 1973, le plus important prix pour le cinéma indien, le prix Dadasaheb Phalke.

Sylvia Sidney (1910-1999)

Sylvia Sidney. (Crédit : Vintage Everyday via JTA)

Née de parents Juifs russes, l’actrice de théâtre et de cinéma Sylvia Sidney était devenue célèbre dans les années 1930 en jouant des rôles de partenaire de gangsters. Sidney avait partagé l’affiche avec les acteurs les plus connus de son époque, notamment avec Humphrey Bogart, Cary Grant et Spencer Tracy. Elle avait été également l’une des premières actrices américaines à travailler avec Alfred Hitchcock, faisant une apparition dans « Sabotage » (1936). Cette actrice de caractère devait connaître une forte carrière également au théâtre et à la télévision.

Plus tard, Sindey avait été nominée pour un Oscar pour le film « Summer Wishes, Winter Dreams » (1973). Elle avait joué dans « Beetlejuice » et « Mars Attacks ! » – qui devait être son dernier film – tous deux du réalisateur Tim Burton. A côté de ses activités d’actrice, elle élevait des Carlins pour des concours canins et elle avait écrit deux livres sur la tapisserie.

Luise Rainer (1910-2014)

Luise Rainer. (Crédit : Paramount/ Wikimedia Commons via JTA)

Luise Rainer, qui était née en Allemagne, étaient entrée dans l’histoire comme étant la première actrice à remporter plusieurs Oscars. Malgré une carrière naissante au cinéma et sur les scènes de théâtre de Vienne et de Berlin, elle était partie pour Hollywood dans les années 1930 en raison de l’ascension au pouvoir de Hitler.

Après seulement quelques années aux Etats-Unis, elle avait remporté son premier Oscar pour « Le Grand Ziegfeld » (1936). Elle y interprétait Anna Held, concubine du producteur de théâtre Florenz Ziegfeld, dans un film basé sur une histoire vraie.

Après avoir gagné son deuxième Oscar pour « Visages d’Orient », en 1939, sa carrière à la MGM avait freiné et elle devait ultérieurement qualifier son succès aux Oscars de malédiction. Mais ses contributions ont été toutefois reconnues, avec des étoiles sur le Walk of Fame, à Hollywood, et sur le Boulevard der Stars de Berlin.

Lillian Roth (1910-1980)

Lillian Roth. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)

Lillian Roth avait commencé sa carrière quand elle était petite fille, faisant ses débuts à Broadway dans « The Inner man » et tenant le premier rôle dans des films de la Paramount Pictures, et notamment dans « Animal Crackers » des Marx Brothers (1930).

Dans sa vie personnelle, Roth avait des problèmes d’alcoolisme et elle devait manquer d’autonomie dans un grand nombre de ses relations amoureuses : elle s’était mariée de nombreuses fois. Elle devait détailler ces histoires dans des mémoires écrites en 1954, « Une femme en enfer », qui devait devenir un bestseller international.

Lorsqu’elle s’était finalement convertie au catholicisme, elle avait déclaré qu’elle ne pourrait jamais oublier son héritage juif et que sa vie avait été plus riche grâce à celui-ci. En 1955, « Une femme en enfer » devait être adapté au cinéma et nominé aux Oscars dans quatre catégories.

Hedy Lamarr (1914-2000)

Elisabeth Bergner ( (Division des imprimés et photographies de la librairie du congrès américain via JTA) ; Libby Holman(Crédit : Confetta/Flickr); Ruby Myers (Crédit : Bollywoodirect/Medium); Sylvia Sidney (Crédit : Vintage Everyday); Luise Rainer (Crédit :Paramount/ Wikimedia Commons); Lillian Roth (Crédit :Wikimedia Commons); Hedy Llamarr (Crédit : Silver Screen Collection/Getty Images). (Toutes les images via JTA)

Hedy Lamarr est peut-être la seule à avoir une étoile sur le Walk of Fame de Hollywood et à figurer en même temps sur le Hall of Fame des inventeurs nationaux.

Lamarr avait commencé sa carrière dans le cinéma européen, laissant le souvenir de scènes de nudité dans le film tchèque controversé « Extase », en 1933. Après avoir quitté l’Europe, elle était devenue star à Hollywood, avec son premier rôle dans « Casbah » (1938), qui devait être suivi par d’autres films de la MGM.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette inventrice autodidacte avait travaillé avec George Antheil, un compositeur d’avant-garde, pour créer un système d’orientation radio qui saurait déjouer les tentatives de l’axe de brouiller les torpilleurs Alliés. Cette méthode de transmission activant les fréquences devait s’avérer fondamentale dans le développement du Bluetooth et autres technologies. Elle avait aussi été l’une des sources d’inspiration pour la Blanche-Neige de Walt Disney et la Catwoman originale.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article. Une version de cet article a été initialement publiée dans Alma.

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