7 candidats pour diriger le parti travailliste israélien
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7 candidats pour diriger le parti travailliste israélien

37 104 membres de la formation vont faire leur choix parmi sept candidats qui se présentent à la tête de cette force politique autrefois déterminante

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

La députée Travailliste Merav Michaeli vote lors des Primaires du parti, le 24 janvier 2020. (Autorisation)
La députée Travailliste Merav Michaeli vote lors des Primaires du parti, le 24 janvier 2020. (Autorisation)

Les membres du parti travailliste vont aller aux urnes, dimanche, pour désigner un nouveau leader qui aura la charge de sauver la formation de centre-gauche qui avait gouverné Israël pendant les trois premières décennies de son existence.

La formation a connu de nombreux revers ces dernières années, touchée par un glissement à droite des électeurs israéliens, par des agitations au sein du parti et par l’émergence de nouveaux acteurs politiques qui ont érodé sa base. Après avoir intégré le gouvernement à l’issue des élections précédentes, le parti avait pratiquement perdu tous ses soutiens et aucun sondage récent n’a prédit qu’il intégrerait la prochaine Knesset.

Sept candidats sont néanmoins en lice pour remettre le bateau Travailliste à flot en devenant son troisième dirigeant en quatre ans. Le ministre de l’Economie Amir Peretz, vétéran de la Knesset, a annoncé qu’il ne se présenterait pas à ce scrutin. Il a précisé, au début du mois, qu’il ne serait pas non plus présent sur la liste du parti lors des prochaines élections au Parlement.

Alors que le numéro deux de la formation Travailliste, le ministre des Affaires sociales Itzik Shmuli, a annoncé la semaine dernière qu’il ne participerait pas aux primaires et qu’il avait pris la décision de quitter les rangs du parti, la favorite de ce scrutin semble être la seule autre députée actuelle du mouvement, Merav Michaeli.

Les députés Travaillistes Itzik Shmuli, à gauche, et Amir Peretz au siège du parti à Tel Aviv, le 13 février 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Au mois d’avril, après les dernières élections, Peretz avait choisi de faire entrer son parti dans le gouvernement d’unité dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, revenant sur ses promesses de campagne répétées de ne jamais se placer sous l’autorité d’un chef de gouvernement sous le coup d’une mise en examen pénale. Michaeli avait, pour sa part, rejeté l’intégration des Travaillistes au sein de la coalition, devenant une opposante au sein de son propre parti et au sein également de la coalition.

Elle affirme dorénavant que la formation doit se renouveler en tant qu’alternative de centre-gauche aux partis de droite et de centre-droit qui se sont imposés dans le paysage politique au cours des dernières années.

Merav Michaeli, députée du Parti travailliste. (Hadas Parush/Flash90)

« Nous avons une opportunité de sauver le parti Travailliste et de le replacer au centre de la scène », a-t-elle dit dans un message vidéo retransmis à ses partisans, samedi soir.

« Mais rien n’est gagné », a-t-elle ajouté. « Tout dépend de vous : Allez voter. Votons ensemble et ramenons la vérité au cœur de la politique ».

Michaeli a expliqué être ouverte à une alliance avec une autre formation en amont du scrutin dans le but d’augmenter les chances du parti de franchir le seuil électoral – une alliance qui ne pourrait toutefois se conclure qu’avec « un allié idéologique ». La chaîne Kan a annoncé, dimanche matin, que si elle devait l’emporter, elle signerait probablement un accord prévoyant de se présenter aux côtés du mouvement HaIsraelim qui a été fondé par Ron Huldai, le maire de Tel Aviv.

En plus de Michaeli, les activistes Travaillistes Navah Katz, Avi Shaked, David Landesman, Yitzhak Time, Ofer Segman et Gil Beilin — le fils de l’ancien député et ministre Travailliste Yossi Beilin — sont également candidats, espérant un bouleversement de dernière minute qui leur permettrait de remporter la victoire.

Ce sont 37 104 membres du parti au total qui sont éligibles au vote lors de ces primaires. Cent bureaux de vote, dans tout le pays, ouvriront leurs portes de 11 heures du matin jusqu’à sept heures du soir. Malgré le confinement national, les électeurs auront la permission de se rendre dans ces bureaux grâce à une exemption faite dans les règles du coronavirus, une exemption qui autorise le public à voter lors de primaires.

Les militants du parti Travailliste lors de l’annonce des résultats des Primaires à Tel Aviv, le 11 février 2019 (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Au début du mois, la cour de district de Tel Aviv avait estimé que les Travaillistes devaient organiser des primaires, malgré la décision prise par Peretz de les annuler – une victoire pour Michaeli qui avait réclamé l’organisation du vote.

Les primaires étaient apparues dans la politique israélienne au début des années 1990, quand plusieurs partis majeurs avaient cherché à dynamiser le soutien apporté par les électeurs en renforçant la participation au processus démocratique. Depuis, la plus grande partie des nouveaux mouvements ont néanmoins renoncé aux élections internes, optant plutôt pour un système dans lequel le leader d’une formation ou une commission formée de responsables déterminent la liste « parfaite », en se soustrayant aux caprices des adhérents.

Le parti Travailliste est actuellement le seul se présentant aux prochaines élections à avoir organisé des primaires ouvertes à tous ses membres.

Les résultats du vote de dimanche devraient être annoncés vers 23h.

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