700 permis de construire palestiniens approuvés par le cabinet de sécurité
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700 permis de construire palestiniens approuvés par le cabinet de sécurité

Un ministre a salué le "pragmatisme" de ses collègues après l'acceptation de la proposition du Premier ministre qui autorise aussi la construction de 6000 maisons d'implantations

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse à Har Homa, à Jérusalem Est, le 16 mars 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90 )
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse à Har Homa, à Jérusalem Est, le 16 mars 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90 )

Le cabinet de sécurité a donné son feu vert mardi à un plan présenté par le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui accordera 700 permis de construire à des Palestiniens vivant dans la Zone C de la Cisjordanie, contrôlée par Israël, ainsi que 6 000 autres permis pour des habitations dans les implantations voisines, a confirmé le porte-parole de l’un des ministres présents.

Cette approbation à l’unanimité est survenue après deux longues réunions de l’instance ministérielle de haut-rang, dimanche et lundi, qui ont été consacrées à ce dossier politiquement sensible.

Les Palestiniens reçoivent rarement des permis de construire dans la zone C et, ces dernières années, le nombre total d’approbations est resté à un chiffre en comparaison avec les milliers d’autorisations données aux habitants d’implantations israéliens.

L’un des ministres présents a salué ses collègues pour cette initiative, disant à la chaîne Kan que le nouveau cabinet « est plus pragmatique que le précédent ».

Le ministre des Transports Betzalel Smotrich arrive à la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 24 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le ministre des Transports Bezalel Smotrich, nouveau membre de l’instance et qui est considéré comme l’un des plus belliqueux, a voté en faveur de ce plan.

Il s’est expliqué sur Facebook peu après le vote en écrivant un long post qui détaillait sa décision d’appuyer une proposition à laquelle se sont opposés presque tous les chefs d’implantations et même l’ONG pro-implantations Regavim, qu’il a aidé à fonder dans le passé.

Smotrich a noté que le cabinet avait avancé le projet de la construction de milliers d’habitations dans les implantations en ancrant davantage la présence israélienne au-delà de la Ligne verte tout en octroyant aux Palestiniens qui vivaient dans la Zone C, avant les accords d’Oslo, le droit de construire et de se développer « seulement dans des lieux qui ne compromettent pas les implantations et la sécurité et qui ne produiront pas un Etat palestinien de-facto « .

Il est difficile de savoir pour le moment si ces permis concernent de nouvelles constructions ou d’autres dont la démolition a été programmée.

Jared Kushner, conseiller spécial du président Donald Trump qui est aussi son gendre, quitte le 10 Downing Street à Londres au second jour de la visite d’Etat de Donald Trump au Royaume-Uni, le 4 juin 2019 (Crédit : Daniel LEAL-OLIVAS / AFP)

Ces développements sont survenus quelques jours avant l’arrivée, au sein de l’Etat juif et dans d’autres pays de la région, d’une délégation dirigée par le haut-conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner. Cette visite a pour objectif de promouvoir le plan de paix de l’administration du président américain Donald Trump.

La raison pour laquelle Netanyahu – qui est aussi ministre de la Défense – a débattu du plan avec le cabinet de sécurité pour l’octroi des permis de construire en Cisjordanie reste indéterminée, dans la mesure où son approbation seule était exigée.

Alors qu’Israël se prépare à se rendre aux urnes au mois de septembre, plusieurs partis de droite ont juré d’empêcher l’expansion des Palestiniens dans les secteurs de la Cisjordanie qui, espèrent-ils, seront annexés par l’Etat juif.

La dernière fois qu’un plan de permis de construire en direction des Palestiniens avait été soumis à l’approbation, le cabinet de sécurité l’avait gelé jusqu’à une date indéterminée.

Ce plan était lié à l’élargissement de la ville palestinienne de Qalqilya qui se trouve à la frontière avec la Ligne verte. Le ministre de la Défense de l’époque, Avigdor Liberman, avait présenté cette proposition en 2017, espérant permettre à la ville palestinienne surpeuplée, qui est encerclée presque entièrement par la barrière de sécurité, de s’étendre dans les espaces encore disponibles.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu plante un olivier dans la zone de Netiv Haavot, dans l’implantation d’Elazar en Cisjordanie, le 28 janvier 2019. (Marc Israel Sellem/POOL)

Mais les chefs d’implantations avaient eu vent du programme et avaient lancé une campagne visant à exercer des pressions sur les ministres, vivement encouragés à ne pas « récompenser le terrorisme ». Ils étaient parvenus à mettre un terme au plan.

Le sous-comité de haute planification de l’Administration civile – instance bureaucratique du ministère de la Défense chargée d’autoriser les constructions en Cisjordanie – devait se réunir ce mois-ci pour faire avancer les derniers projets de construction d’habitations dans les implantations, comme le sous-comité le fait quatre fois par an. Cette réunion n’a pas encore eu lieu.

Selon les accords d’Oslo, Israël contrôle militairement et administrativement la Zone C qui comprend environ 60 % du territoire de la Cisjordanie.

« Aucune implantation ne sera détruite et aucun habitant expulsé. C’est fini », a déclaré Netanyahu lors d’une visite dans l’implantation d’Efrat, juste au sud de Bethléem. « Ce que vous faites ici durera pour toujours ».

« On ne peut pas y arriver sans deux choses importantes : beaucoup d’expérience et une véritable capacité à influencer l’opinion publique aux Etats-Unis. Nous avons réussi à agir et nous avons réussi de manière déterminée et prudente, même quand le gouvernement était contre nous », a-t-il dit, dans ce qui semblait être une pique lancée à l’administration Obama.

« S’il n’y a pas de capacité en matière de diplomatie publique et de l’opposition aux Etats-Unis, il y aura des concessions et des capitulations », a ajouté Netanyahu.

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