8 chiites libanais inculpés pour terrorisme aux Emirats arabes unis
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8 chiites libanais inculpés pour terrorisme aux Emirats arabes unis

D'après des médias émiratis, les huit hommes ont des liens avec le mouvement terroriste chiite libanais du Hezbollah

Dans cette photo du 13 décembre 2018, des soldats israéliens montent la garde à côté de caméras dans leur nouvelle position en face d'un drapeau du Hezbollah, à proximité du village frontalier Mays al-Jabal du sud du Liban. (AP Photo/Hussein Malla)
Dans cette photo du 13 décembre 2018, des soldats israéliens montent la garde à côté de caméras dans leur nouvelle position en face d'un drapeau du Hezbollah, à proximité du village frontalier Mays al-Jabal du sud du Liban. (AP Photo/Hussein Malla)

Huit Libanais de confession chiite ont été inculpés pour « terrorisme » aux Emirats arabes unis et n’ont pas eu le droit à l’assistance d’un avocat lors d’un procès « entaché d’irrégularités », a dénoncé lundi Human Rights Watch (HRW).

Si les chefs d’accusation n’ont pas été rendus publics, les familles des huit accusés ont indiqué qu’ils avaient été inculpés pour terrorisme, a rapporté l’ONG de défense des droits humains dans un communiqué.

D’après des médias émiratis, ils ont des liens avec le mouvement terroriste chiite libanais du Hezbollah.

Le 13 février, le quotidien anglophone Gulf News avait rapporté qu’un tribunal d’Abou Dhabi avait mis en examen 11 « Arabes », dont trois par contumace, pour « la mise en place d’une cellule terroriste et la préparation d’attaques aux Emirats arabes unis sur les ordres du Hezbollah libanais ».

Ils ont communiqué avec le mouvement chiite en faveur de l’Iran, rival régional de l’Arabie saoudite sunnite et de ses alliés, en tête desquels les Emirats, avait ajouté le journal.

Le Hezbollah, groupe terroriste chiite libanais, a une branche politique et est à la tête de trois ministères dans le gouvernement libanais. Le Hezbollah est représenté par 13 députés au Parlement mais considéré par les Emirats sunnites comme une organisation terroriste.

Les autorités émiraties n’étaient pas joignables dans l’immédiat pour commenter ces informations.

Tous les inculpés vivent et travaillent aux Emirats depuis plus de 15 ans, et sept d’entre eux sont employés par la compagnie aérienne Emirates de Dubaï, a rapporté l’ONG.

Selon leurs familles, aucun d’entre eux n’aurait d’appartenance politique connue et leurs aveux auraient été faits sous la contrainte.

Détenus entre décembre 2017 et février 2018, les huit Libanais ont ensuite été placés en détention pendant un an avant l’ouverture de leur procès le 13 février, selon HRW.

Ils ont été maintenus à l’isolement pour une durée prolongée, n’ont pas eu le droit à un avocat ni de recevoir des visites de leurs familles, ont indiqué ces proches à HRW.

« Les Emirats ont utilisé à maintes reprises le spectre du terrorisme pour justifier l’absence totale de respect de l’Etat de droit », a dénoncé Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord à HRW.

« En ne respectant pas les droits des accusés à un procès équitable, les autorités émiraties indiquent qu’elles ont déjà décidé de l’issue » du procès, a-t-elle ajouté.

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