80 millions de shekels pour aider les start-ups à faire leurs premiers pas
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80 millions de shekels pour aider les start-ups à faire leurs premiers pas

Des subventions allant jusqu'à 50 % du financement initial seront octroyées aux start-ups qui s'associent à des investisseurs vétérans, ce qui pourrait redynamiser le secteur

Image illustrative d'un bébé faisant ses premiers pas (NelliSyr, iStock by Getty Images)
Image illustrative d'un bébé faisant ses premiers pas (NelliSyr, iStock by Getty Images)

L’Autorité israélienne de l’innovation, qui est chargée d’élaborer les politiques nationales pour le secteur technologique et de renforcer l’écosystème des start-ups, a établi un nouveau fonds de 80 millions de shekels pour encourager les investissements lors de la phase de financement initial des firmes qui, à leur début, connaissent des restrictions financières. Objectif : augmenter le nombre des start-ups et redynamiser le secteur.

Les subventions octroyées par le fonds seront accordées aux start-ups qui s’associent à des investisseurs vétérans, a noté l’Autorité dans un communiqué transmis dans la journée de mercredi.

Depuis 2017, il y a eu une baisse, en moyenne, d’environ 25 % du nombre de start-ups lancées en Israël – une tendance négative qui s’est intensifiée dans le sillage de la crise du coronavirus, a fait savoir l’Autorité dans un communiqué émis mercredi. L’objectif de ce nouveau programme est d’aider les start-ups qui débutent dans des secteurs à haut-risque à attirer les investisseurs et à se développer.

« Ces dernières années, le volume des investissements initiaux a été stagnant. En revanche, les investissements dans des start-ups se trouvant à un stade plus avancé de leur développement augmente. Nous avons aussi assisté à une baisse significative du nombre de nouvelles start-ups établies chaque année – un déclin qui a été souligné et exacerbé par la pandémie de coronavirus », a commenté Ami Appelbaum, président de l’Autorité israélienne de l’innovation, dans un communiqué. « Les nouvelles start-ups sont l’avenir de l’écosystème israélien de l’innovation et les soutenir lorsqu’elles débutent est d’une importance fondamentale pour leurs progrès. »

Le docteur Ami Appelbaum, président de l’Autorité israélienne de l’innovation et scientifique en chef au ministère de l’Economie et de l’Industrie. (Crédit : Autorité de l’innovation israélienne)

Ce nouveau programme d’incitation initiale hybride augmentera le taux de réussite des start-ups israéliennes. Il stimulera la création de nouvelles start-ups « déterminantes pour l’écosystème de l’innovation » et il « encouragera les investisseurs expérimentés pour qu’ils investissent dans des start-ups à leur phase de création initiale », a-t-il ajouté.

Les entreprises qui participent au programme recevront une subvention d’une valeur qui pourra atteindre 40 % dans le cas de tours d’investissement allant jusqu’à 3,5 millions de shekels.

Ce pourcentage pourra grimper à 50 % pour les tours d’investissement des firmes situées en périphérie des villes, en Israël, ou qui ont été fondées par des personnes issues de populations sous-représentées dans l’industrie hi-tech – comme les Arabes israéliens, les femmes et les populations ultra-orthodoxes.

Le programme réduit également le risque pour les potentiels investisseurs, a précisé le communiqué. Pour obtenir une subvention, les start-ups devront présenter un term sheet signé – un document non contraignant, synthétisant les principaux termes d’un contrat – par un investisseur potentiel concernant l’investissement en capital.

La subvention, en pratique, offrira aux investisseurs une garantie à 40 % sur leurs investissements.

Les start-ups en phase de démarrage sont celles qui présentent le plus haut niveau de risque perçu.

Même avant le début de la pandémie, ces entreprises souffraient déjà d’une pénurie d’investissements, les fonds de capital-risque, les fonds de capitaux privés et les investisseurs institutionnels du monde entier s’étant tournés vers des firmes présentant moins de risques, à un stade de développement avancé, qui étaient en mesure de produire des registres de ventes.

Les investissements dans les start-ups israéliennes évaluées à une somme de cinq millions de dollars ont baissé à la fois en valeur absolue (de 853 millions de dollars en 2019, ils étaient passés à 509 millions de dollars en 2019) et en pourcentage des investissements totaux réalisés dans les start-ups israéliennes (ils sont tombés à 6 % alors qu’ils représentaient 11 % des investissements totaux).

De plus, d’importantes firmes technologiques ont commencé à mettre en place leurs propres pôles de start-ups qui n’intégreront pas l’écosystème israélien du secteur.

Des analyses réalisées par l’Autorité israélienne de l’innovation indiquent qu’il y a eu, ces dernières années, une baisse du nombre de start-ups venues s’ajouter à l’écosystème de l’innovation au sein de l’État juif.

De 2012 à 2017, 1 000 nouvelles start-ups avaient été créées chaque année et 500 passaient le cap d’un an d’existence. Toutefois, depuis 2018, il y a eu un déclin du nombre de nouvelles start-ups avec 800 qui ont été enregistrées en Israël en 2019 et 360 qui ont réussi à franchir le cap du premier anniversaire – le chiffre le plus bas à avoir été enregistré en une décennie. En 2020, ce nombre est tombé à 325 et seules 224 nouvelles start-ups ont ouvert leurs portes pendant l’année, expliquent les données transmises par l’Autorité.

La baisse du nombre de nouvelles entreprises signifie également un déclin de la diversité des technologies et des nouveaux secteurs d’innovation développés dans le hi-tech israélien. Cette baisse pourrait entraver le dynamisme et la flexibilité du secteur, ainsi que sa capacité à maintenir son positionnement de leader mondial dans les nouvelles tendances technologiques, a expliqué l’Autorité dans son rapport annuel de 2019.

Le total des investissements placés dans les firmes en phase de démarrage est resté constant ces dernières années, avec une baisse néanmoins enregistrée en 2019.

« Ce nouveau programme est une opportunité formidable offerte à de nombreux investisseurs – même à ceux qui investissent généralement dans des entreprises qui sont à un stade de développement plus avancé – d’investir dans ces start-ups à haut risque et qui se trouvent en phase de démarrage en réduisant ainsi le facteur risque », explique Anya Eldan, à la tête de la division des start-ups au sein de l’Autorité. « La stagnation des levées de fonds pour ces entreprises qui démarrent en Israël, et le fait que les effets à long-terme de la pandémie de coronavirus restent incertains, exigent une action immédiate. »

L’Autorité estime que 64 % des entreprises qui prendront part au nouveau programme lanceront une nouvelle levée de financement dans les trois ans, ce qui permettra aux investisseurs de capital-risque de développer leurs options et de rembourser l’argent de la subvention à l’Autorité israélienne de l’innovation.

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