A Beyrouth, un barbier ambulant ressuscite une vieille tradition
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A Beyrouth, un barbier ambulant ressuscite une vieille tradition

Inspiré par les vendeurs qui arpentaient le goudron des rues de la capitale libanaise, Abo Tawila parcourt la ville chaque nuit dans ses fripes vintage en quête de clients

Mohammed, barbier ambulant libanais connu sous le nom de “Abo Tawil,” aux abords du camp de réfugiés palestinien de Burj al-Barajneh, au sud de la capitale de Beyrouth, le 29 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)
Mohammed, barbier ambulant libanais connu sous le nom de “Abo Tawil,” aux abords du camp de réfugiés palestinien de Burj al-Barajneh, au sud de la capitale de Beyrouth, le 29 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)

Vêtu d’un vieux chapeau de paille et de bretelles bleu marine, Abo Tawila pédale à tout-va dans un quartier du sud de Beyrouth. Un spectacle rare au Liban: le jeune barbier est à la recherche de son prochain client.

Pour mener sa mission quotidienne à bien, ce jeune homme (18 ans) a tout prévu, a minima: un coffre fait à la main attaché à l’arrière de son vélo contient ciseaux, peignes, rasoirs électriques, brosses…

« C’est beau, ca se passait comme ca au bon vieux temps, » dit-il, en parcourant le quartier animé de Bourj al-Barajneh. Son vrai nom est Mohammad Khaled Jahjah, mais il préfère celui d’Abo Tawila (« le grand »), devenu un surnom réputé.

Ces barbiers mobiles étaient autrefois omniprésents à Beyrouth, mais au fil du temps, ils ont quasiment disparu au profit des salons réguliers.

« Les gens aiment ça, et j’aime tout ce qui est ancien. Si jamais j’ai la chance d’ouvrir un salon de coiffure, ce sera un millésime », dit Abo Tawila à l’AFP.

Mohammed, un barbier ambulant connu sous le nom de “Abo Tawila”, fait une coupe de cheveux dans une rie de la banlieue sud de Beyrouth, le 29 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)

Pragmatisme oblige, il jongle entre le moderne et l’antique. Il passe l’essentiel de sa journée dans un salon de coiffure conventionnel avant d’arpenter à vélo les ruelles de la ville. Certains l’arrêtent pour une coupe de cheveux, tandis que des amis et des curieux l’interpellent pour discuter.

« Quand j’étais petit, j’aimais observer le coiffeur près de la maison parentale, je revenais de l’école, je posais mon sac à dos et j’allais tout de suite dans son salon », raconte Abo Tawila.

« Un jour, il m’a proposé de travailler à mi-temps après l’école, mais j’ai décidé de quitter les études pour m’investir pleinement. C’est lui qui m’a appris le métier », dit-il encore.

Fidèle à son vélo

Ce coiffeur est devenu une célébrité dans le sud de Beyrouth. Mince, grand, élégamment vêtu, il a l’esprit vif.

Mohammed, barbier ambulant libanais connu sous le nom de “Abo Tawil,” aux abords du camp de réfugiés palestinien de Burj al-Barajneh, au sud de la capitale de Beyrouth, le 29 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)

« Je suis tellement heureux qu’il soit là », lance Abou Saïd, l’un de ses clients préférés. « Il a du talent et il est toujours disponible, quand j’ai un peu de temps, je l’appelle et il vient immédiatement », explique-t-il à l’AFP.

« En plus de tout cela, il nous rappelle les barbiers de la belle époque ».

Tous les matins, Abo Tawila enfile sa tenue de travail et s’installe dans un café avant de démarrer sa journée. A ses quarts d’heure libres ou lorsque le salon est vide, il enfourche son vélo pour trouver des clients. Leur nombre varie de cinq à 30 chaque jour.

« L’activité est moins intense, par exemple, durant le ramadan, note-t-il, en allusion au mois sacré du jeûne musulman. « A la veille de l’aïd, je ne dors presque pas tant les clients sont nombreux! ».

Bien qu’il rêve d’ouvrir sa propre boutique, Abo Tawila insiste vouloir rester fidèle à son vélo.

Mohammed, un barbier ambulant mieux connu sous le nom de “Abo Tawila”, sur von vélo dans une rue de la banlieue du sud de Beyrouth, le 29 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)

« Si un jour j’ouvre mon propre salon, je garderai toujours cette bicyclette. C’est elle qui m’a propulsé ».

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