A Columbia, un prof soutenant « la résistance » palestinienne à la tête d’un programme de dialogue
Jonathon Kahn avait signé en 2021 une déclaration soutenant la lutte contre "l'apartheid" israélien et le droit au retour ; lui-même s'est dit sioniste et en désaccord avec certaines parties de la lettre

L’université de Columbia à New York a nommé un professeur qui avait signé en 2021 une déclaration soutenant la « résistance indigène » contre Israël à la tête d’un programme de dialogue sur le campus.
Columbia a annoncé la nomination de Jonathon Kahn au poste de doyen principal adjoint chargé de la communauté et de la culture, la semaine dernière.
Dans le cadre de ses fonctions, Kahn « lancera des initiatives visant à cultiver la curiosité, l’engagement civique et le dialogue constructif » et il donnera un cours sur la civilisation contemporaine au printemps, selon le communiqué.
Un groupe d’étudiants juifs s’est opposé à cette nomination, citant une déclaration que Kahn avait signée lors d’un précédent conflit qui avait opposé Israël aux groupes terroristes de Gaza. Cette déclaration disait : « Nous affirmons que la lutte palestinienne est un mouvement de résistance indigène qui s’oppose au colonialisme, à l’apartheid et au nettoyage ethnique ».
Cette lettre du mois de mai 2021 avait été signée par plus de 200 membres de la communauté du Vassar College, où Kahn enseignait la religion.
Le courrier affirmait également que le conflit israélo-palestinien était lié au racisme et aux violences policières aux États-Unis. Il soutenait le droit au retour des Palestiniens – un mouvement visant à faire venir des millions de Palestiniens en Israël – ce qui, selon ses détracteurs, mettrait fin à l’existence d’Israël en tant qu’État à majorité juive.
La nomination de Kahn à Columbia a été annoncée par Josef Sorett, le doyen du Columbia College qui est aussi le vice-président chargé de l’enseignement de premier cycle. Sorett avait été impliqué dans un scandale survenu l’année dernière, lorsque trois administrateurs de l’université avaient échangé une série de SMS moqueurs lors d’une table ronde qui était consacrée à la vie juive sur le campus.
En réponse aux critiques, Kahn a indiqué au Washington Free Beacon qu’il était sioniste, qu’il soutenait le droit d’Israël à exister en tant qu’État juif ainsi que les aspirations palestiniennes à la création d’un État.
Il a ajouté que la lettre de 2021 « ne reflétait pas entièrement » ses convictions concernant le conflit et qu’il n’était pas d’accord avec tout ce qui avait été écrit.
« J’ai apposé ma signature sur cette lettre à un moment où je me sentais en profond désaccord avec les mesures prises par le gouvernement israélien et où je voulais manifester mon soutien aux civils palestiniens qui souffraient », a déclaré Kahn au Free Beacon, un média de droite.
Kahn a été nommé au début du semestre d’automne à Columbia. Le début du semestre n’a jusqu’à présent pas connu de perturbations majeures de la part des militants anti-israéliens, même si un étudiant militant a été photographié sur le campus avec une pancarte qualifiant les vétérans de l’armée israélienne de « criminels génocidaires ».
Unacceptable conduct from @Columbia students on the first day of classes, including Cameron Jones, who was an encampment spokesperson in 2024. Why is he still on campus? Telling students to be automatically suspicious of Israelis is textbook discrimination. pic.twitter.com/lFUvyzcHSC
— Columbia Jewish & Israeli Students ✡️???????? (@CUJewsIsraelis) September 2, 2025
L’université a expliqué qu’elle oallait ouvrir une enquête pour discrimination, sans donner de détails sur l’incident.
Au début du dernier semestre, au mois de janvier, les étudiants de Columbia avaient organisé une manifestation bruyante devant les portes du campus et des militants anti-israéliens avaient fait irruption dans un cours sur l’Histoire d’Israël qui était donné par un professeur israélien.
Columbia a été l’épicentre des manifestations anti-israéliennes sur les campus américains, un mouvement de protestation qui avait éclaté au lendemain du pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
Columbia et d’autres universités ont subi de fortes pressions de la part de l’administration Trump pour qu’elles renforcent leur lutte contre l’antisémitisme sur leurs campus, et l’université a finalement conclu un accord à hauteur de 200 millions de dollars avec l’administration sur cette question au mois de juillet dernier. Columbia a sévèrement réprimé l’activisme anti-israélien ces derniers mois, en suspendant notamment les étudiants qui avaient pu enfreindre les règles encadrant les manifestations.
Un groupe de travail universitaire sur la problématique de l’antisémitisme a signalé que la haine antijuive s’était généralisée, l’année dernière.
Columbia a déjà été critiquée pour l’activisme anti-israélien dont ont fait preuve certains enseignants, comme cela avait été le cas du professeur Joseph Massad, qui avait qualifiée de « formidable » l’attaque sanglante commise par le Hamas en Israël au mois d’octobre 2023.







