A Jérusalem, des tatouages pour effacer les cicatrices des violences
Onze Israéliens aux blessures variées, allant de la perte d'un membre à un traumatisme mental, ont été tatoués gratuitement par des artistes reconnus
Se faire tatouer pour effacer une blessure physique ou mentale : d’anciens combattants israéliens, des civils victimes d’attaques ou leurs proches en ont fait l’expérience à Jérusalem jeudi, à l’initiative d’une association de charité.
Onze Israéliens aux blessures variées, allant de la perte d’un membre à un traumatisme mental, ont été tatoués gratuitement par des artistes reconnus, principalement venus des États-Unis, au Musée d’Israël à Jérusalem.
Tous ont raconté leur histoire.
En 2010, Kay Wilson, une Israélo-britannique, randonnait avec une amie américaine près de Jérusalem lorsqu’elles ont été enlevées par deux Palestiniens. Son amie a été assassinée, Kay poignardée 13 fois avant de parvenir à s’échapper.
Jeudi, elle s’est fait tatouer une prière juive sur le poignet, en partie pour l’aider à « accepter de ne pas savoir pourquoi ce genre de choses est arrivé ». « Il ne s’agit pas de savoir pourquoi, mais comment je vais porter cet événement avec dignité et ne pas vivre dans la haine », explique-t-elle.
Pour Craig Dershowitz, directeur de l’association Artists 4 Israel qui organisait l’événement en coopération avec le musée, le but est d’aider les hommes et les femmes à faire face.
« Le plus important est qu’ils prennent à nouveau le contrôle de leur corps », a-t-il déclaré à l’AFP.
Selon lui, beaucoup de gens qui sont marqués dans leur chair « se regardent dans le miroir et se sentent mal à l’aise à cause d’une défiguration, ils ne se sentent pas en paix dans leur propre peau ».
Mais après avoir été tatoué, le rapport au corps est différent. « Désormais, vous ne voyez plus la cicatrice, vous voyez de l’art. »







