A Jérusalem, des tatouages pour effacer les cicatrices des violences
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A Jérusalem, des tatouages pour effacer les cicatrices des violences

Onze Israéliens aux blessures variées, allant de la perte d'un membre à un traumatisme mental, ont été tatoués gratuitement par des artistes reconnus

Se faire tatouer pour effacer une blessure physique ou mentale : d’anciens combattants israéliens, des civils victimes d’attaques ou leurs proches en ont fait l’expérience à Jérusalem jeudi, à l’initiative d’une association de charité.

Onze Israéliens aux blessures variées, allant de la perte d’un membre à un traumatisme mental, ont été tatoués gratuitement par des artistes reconnus, principalement venus des États-Unis, au Musée d’Israël à Jérusalem.

Tous ont raconté leur histoire.

En 2010, Kay Wilson, une Israélo-britannique, randonnait avec une amie américaine près de Jérusalem lorsqu’elles ont été enlevées par deux Palestiniens. Son amie a été assassinée, Kay poignardée 13 fois avant de parvenir à s’échapper.

Jeudi, elle s’est fait tatouer une prière juive sur le poignet, en partie pour l’aider à « accepter de ne pas savoir pourquoi ce genre de choses est arrivé ». « Il ne s’agit pas de savoir pourquoi, mais comment je vais porter cet événement avec dignité et ne pas vivre dans la haine », explique-t-elle.

Kay Wilson montre une prière tatouée en hébreu sur son poignet, faite par le célèbre tatoueur Wassim Razzouk, un chrétien palestinien de la Vieille Ville de Jérusalem, dans le cadre d'une initiative visant à utiliser l'art pour guérir les blessures mentales et physiques dans une salle d'exposition d'art moderne dans le musée d'Israël à Jérusalem, le 20 octobre 2016. (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)
Kay Wilson montre une prière tatouée en hébreu sur son poignet, faite par le célèbre tatoueur Wassim Razzouk, un chrétien palestinien de la Vieille Ville de Jérusalem, dans le cadre d’une initiative visant à utiliser l’art pour guérir les blessures mentales et physiques dans une salle d’exposition d’art moderne dans le musée d’Israël à Jérusalem, le 20 octobre 2016. (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)

Pour Craig Dershowitz, directeur de l’association Artists 4 Israel qui organisait l’événement en coopération avec le musée, le but est d’aider les hommes et les femmes à faire face.

« Le plus important est qu’ils prennent à nouveau le contrôle de leur corps », a-t-il déclaré à l’AFP.

Selon lui, beaucoup de gens qui sont marqués dans leur chair « se regardent dans le miroir et se sentent mal à l’aise à cause d’une défiguration, ils ne se sentent pas en paix dans leur propre peau ».

Mais après avoir été tatoué, le rapport au corps est différent. « Désormais, vous ne voyez plus la cicatrice, vous voyez de l’art. »

Luke Wessman tatoue un vétéran de la guerre Yogev Meushar, qui a été blessé en 2006 dans une embuscade palestinienne dans une ville de Cisjordanie, au Musée d'Israël à Jérusalem, le 20 octobre 2016. (Crédit : AFP / Menahem Kahana)
Luke Wessman tatoue un vétéran de la guerre Yogev Meushar, qui a été blessé en 2006 dans une embuscade palestinienne dans une ville de Cisjordanie, au Musée d’Israël à Jérusalem, le 20 octobre 2016. (Crédit : AFP / Menahem Kahana)
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