A la recherche des électeurs de Trump dans l’Upper West Side de Manhattan
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A la recherche des électeurs de Trump dans l’Upper West Side de Manhattan

Un quartier libéral et aisé qui vote traditionnellement pour les Démocrates et qui semble bien déterminé à faire de même cette année

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Karen Terban (à gauche) et ses collègues qui soutiennent Hillary et qui vendent des pins sur un trottoir de l'Upper West Side lundi après-midi, le 7 novembre 2016 (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israel)
Karen Terban (à gauche) et ses collègues qui soutiennent Hillary et qui vendent des pins sur un trottoir de l'Upper West Side lundi après-midi, le 7 novembre 2016 (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israel)

MANHATTAN, New York — Il est difficile de trouver un électeur de Trump dans les environs libéraux du quartier de Manhattan connu sous le nom d’Upper West Side.

Ce n’est pas que les banderoles “Hillary Clinton for President” ou “#Imwithher” prolifèrent sur les vitrines de magasins et les devantures – ce n’est pas le cas – ou même que les immeubles locatifs appartenant à Trump sur Riverside Boulevard, entre la 59ème et la 72ème, montrent un seul signe de soutien à Donald Trump (Les habitants du 140, 160 et du 180 Riverside Boulevard ont signé une pétition en ligne au mois d’octobre intitulée “Dump the TRUMP Name” [Jetez le nom de Trump] dans l’objectif de faire retirer le nom du candidat républicain des immeubles et de l’uniforme des concierges).

En fait, la côte n’affiche aucun signe de propagande électorale en cet après-midi de veille des élections alors que les habitants se rendent à leurs affaires, font leurs courses dans les boutiques et réfléchissent peut-être à leur planning du jour J.

Quoi qu’ils pensent, ils sont quelques-uns seulement à accepter de partager la décision qu’ils ont prises en vue du scrutin ou de rendre leur opinion publique.

“Parler des élections ? Non, je ne pense pas”, déclare l’un des propriétaires de The Kosher Marketplace, un grand magasin de produits alimentaires à Broadway et sur la 9ème Rue, où les cornichons aigre-doux et les sushis cacher sont soigneusement alignés sur les étagères du réfrigérateur. « D’ailleurs, qui veut savoir ce que je pense ?”

Les réactions sont exactement les mêmes dans une dizaine de cafés et de boutiques différents à Broadway, sur les Avenues Columbus et Amsterdam.

Le haut du Palais Trump sur Riverside Drive, l'un des trois bâtiments où les résidents ont signé une pétition pour retirer le nom du candidat des tours (Crédit : Autorisation Equity Apartments)
Le haut du Palais Trump sur Riverside Drive, l’un des trois bâtiments où les résidents ont signé une pétition pour retirer le nom du candidat des tours (Crédit : Autorisation Equity Apartments)

A West Side Judaica, une libraire juive de Broadway située sur la 88ème Rue, où la fenêtre est tapissée d’affiches demandant aux clients de s’assurer de bien fréquenter les petits commerces, les trois commerçants se contentent de secouer la tête lorsqu’on leur demande pour qui ils vont voter.

“Ne nous le demandez pas”, répond un homme, qui porte une kippa, des tzitzit blancs, ou franges rituelles, dépassant de sa chemise blanche. L’un peut avoir pensé voter pour Trump, peut-être sous l’influence de la promesse faite par le candidat de réduire les impôts des petites entreprises, mais il se contente finalement de secouer la tête lorsque l’on l’interroge, ajoutant « Nous ne parlons pas de cela ici ».

Toutefois , Zachary, 20 ans, étudiant au City College sur la 138ème Rue, est d’accord pour parler un peu de son programme de vote alors qu’il sort d’un magasin vendant des donuts casher sur Amsterdam Avenue, sur la 91ème Rue, un café glacé à la main.

“Je suis dévasté, s’excalme Zachary, qui va voter pour la première fois. « Le choix n’est pas si génial que ça ».

Ce n’est pas un très grand fan de Trump, mais il ne croit pas trop non plus en Clinton.

“Trump a certains problèmes et je ne suis pas sûr qu’il soit un leader. Mais cela a été dur pour moi d’arriver à faire confiance à Hillary,” dit-il. « Elle devrait se montrer plus avisée ».

Ce qui l’a surpris est de découvrir qu’il n’a pas été le seul à considérer Trump comme un candidat à la présidentielle ayant potentiellement ses chances.

“J’ai été dans des classes publiques pour discuter, et je ne prévoyais pas de partager mes opinions personnelles sur quoi que ce soit, mais j’ai découvert que d’autres personnes dans ma classe se sentaient pareilles que moi”, dit-il. « Tout le monde n’est pas libéral par ici.”

Cela dépend de qui vous interrogez. A une table installée sur un large trottoir de Broadway, sur la 97ème Rue, Karen Terban vend des pins en faveur d’Hillary aux passants avec d’autres militants de son association ‘Vote Hillary’.

Ce n’est pas la première fois qu’elle est bénévole dans une campagne à la présidence, mais elle veut s’assurer qu’Hillary l’emportera avec une grande marge le mardi 8 novembre.

“Cela fait cinquante ans que je vis dans l’Upper West Side et nous accueillons toutes sortes de gens dans ce quartier excitant, vibrant et multiculturel”, dit Terban.

Terban explique que le club des Démocrates a organisé un événement samedi, où se sont rendus plus de 100 habitants qui ont défilé à travers Broadway depuis la 96ème Rue, une intersection majeure, jusqu’à la 110ème Rue, à six blocs au sud de l’Université de Columbia.

Faire campagne pour Hillary en dehors de son quartier général de l'Upper West Side lundi (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israel)
Faire campagne pour Hillary en dehors de son quartier général de l’Upper West Side lundi (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israel)

Ils ont été apparemment rejoints par un couple de partisans de Trump.

“Il y avait un couple derrière moi, bronzé, upper East Side, vous voyez le style”, dit-elle. Et ils murmuraient des trucs au sujet de Trump, et j’ai dit ‘Je ne sais pas comment qui que ce soit qui paie des impôts, qui est une femme, ou un afro-américain, ou un Juif…’ – ‘Ou un handicapé’, a coupé un autre soutien d’Hillary – puisse voter pour quelqu’un d’autre qu’Hillary.’”

Les marcheurs ont été salués alors qu’ils se dirigeaient vers le nord. « Tous les commerçants sont sortis de leurs boutiques pour nous faire le signe de la victoire », raconte-t-elle, faisant un V avec ses doigts. « Le seul type qui ne l’a pas fait, c’est ce partisan de Trump sur la 103ème Rue ».

Cet électeur pro-Trump présumé ne se trouvait pas dans l’après-midi de lundi sur la 103ème Rue. En revanche, il y a une grande effervescence au siège de la campagne de Clinton-Kaine, où Sheryl Grant, une autre bénévole, s’assure que les locaux sont bien inscrits sur les listes électorales.

“Est-ce que vous savez pour qui vous allez voter ?” demande-t-elle à une femme accompagnant un homme plus âgé. Lorsque la femme indique ne pas être certaine, Grant la réprimande aussitôt.

“Qu’arrivera-t-il si vous ne votez pas et que c’est Trump qui gagne ?” demande-t-elle. « Nous en souffrirons tous ? »

UNe bénébole de la camapgne de Hillary Clinton, Sheryl Grant, qui estime que personne ne devrait envisager de voter pour Trump (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israel)
UNe bénébole de la camapgne de Hillary Clinton, Sheryl Grant, qui estime que personne ne devrait envisager de voter pour Trump (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israel)

Bien sûr, à New-York, qui a pour la dernière fois voté en faveur des Républicains lorsque Ronald Reagan avait remporté son second mandat en 1984, il y a assez peu de chance que les délégués du Collège électoral ne se prononcent pour autre chose que pour les démocrates. Et il relève pourtant encore de la responsabilité des électeurs locaux de montrer qui ils soutiennent, rappelle Grant. Et le seul choix, dit-elle, c’est Hillary Clinton.

“Je la trouve honnête, dit Grant. “Son calme est extraordinaire. Elle veut le meilleur pour les jeunes. Elle porte une vision ».

Donald Trump, de l’autre côté, n’est pas fiable, dit-elle. Elle explique qu’elle ne fera jamais confiance à quelqu’un qui utilise tant d’or dans sa salle de bains, en référence aux toilettes carrelées d’or de la Trump Tower dans le centre de Manhattan.

“Si vous voyez Donald Trump, dites-lui que je ne travaillerai jamais pour lui, même s’il devait me payer”, déclare Grant, qui fait actuellement ses études d’éducation générale et est à la recherche d’un emploi. « S’il remporte les élections, ce sera comme une autre forme de guerre ».

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