A l’AIPAC, Pence abonde en enthousiasme mais reste avare de détails
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Analyse

A l’AIPAC, Pence abonde en enthousiasme mais reste avare de détails

Le public applaudit les actions de l’administration Trump à l’ONU, mais les positions sur les négociations de paix et le déplacement de l’ambassade restent vagues

Le vice-président américain Mike Pence pendant la conférence politique annuelle de l'AIPAC, à Washington, D.C., le 26 mars 2017. (Crédit : Ron Kampeas/JTA)
Le vice-président américain Mike Pence pendant la conférence politique annuelle de l'AIPAC, à Washington, D.C., le 26 mars 2017. (Crédit : Ron Kampeas/JTA)

WASHINGTON – Le vice-président américain Mike Pence est monté sur la scène principale de la conférence politique annuelle de l’AIPAC dimanche soir avec une mission claire : enflammer le public sur l’engagement de l’administration Trump pour soutenir Israël.

Ce n’est pas un devoir inhabituel pour un vice-président : son prédécesseur Joe Biden est également intervenu devant la conférence annuelle.

Dans le cas de Pence, cela a semblé être plutôt facile. Il était très passionné, mais avare de détails pendant son discours devant le public enthousiaste de la plénière.

Pence a stratégiquement entremêlé son engagement pro-Israël de longue date à Washington – des décennies de travail avec l’AIPAC, de multiples voyages en Israël – avec le nom de son patron, le président américain Donald Trump, qu’il a décrit comme un « ami sincère d’Israël et un courageux défenseur de la liberté ».

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, au Conseil de Sécurité à New York, le 21 février 2017. (Crédit : Kena Betancur/AFP)
L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, au Conseil de Sécurité à New York, le 21 février 2017. (Crédit : Kena Betancur/AFP)

L’AIPAC est traditionnellement le lieu où les responsables de l’administration vantent leurs actions et leur programme pro-Israël. En ce qui concerne Pence, il a souligné sa fierté de la condamnation par l’administration Trump des menaces et des incidents antisémites, et a fait référence à plusieurs reprises aux efforts de l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley, qui a mené le boycott américain de protestation contre le parti-pris anti-Israël du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.

C’est en fait la mention du nom de Haley qui a déclenché les applaudissements les plus enthousiastes pendant le discours de Pence, même si les milliers de personnes présentes à Washington ont également applaudi les multiples références de Pence au président.

« Les Etats-Unis ne permettront pas aux Nations unies d’être utilisés comme un forum pour des invectives contre Israël ou les Etats-Unis », a promis Pence sous les applaudissements.

David Friedman, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, a lui aussi été cité et applaudi, pendant que Pence garantissait au public que la présence de Friedman améliorerait encore les relations entre les deux pays.

Mais même si le discours de Pence a été fort en enthousiasme, il a été faible en informations précises.

« Le président envisage sérieusement de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à la capitale », a déclaré Pence en faisant référence à la promesse électorale du candidat Trump.

Les candidats à la présidentielle ont souvent promis beaucoup au public de l’AIPAC pendant les années électorales. En 2008, le prédécesseur de Trump, Barack Obama, avait promis lui aussi de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem, une promesse qu’il n’a jamais tenue pendant les huit ans de sa présidence.

Trump a fait la même promesse, disant au public que, s’il était élu, « nous déplacerons l’ambassade américaine vers la capitale éternelle du peuple juif, Jérusalem. »

Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, devant la conférence politique 2016 de l'AIPAC, à Washington, D.C., le 21 mars 2016. (Crédit : AFP/Saul Loeb/Getty Images via JTA)
Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, devant la conférence politique 2016 de l’AIPAC, à Washington, D.C., le 21 mars 2016. (Crédit : AFP/Saul Loeb/Getty Images via JTA)

La date du déplacement, dont beaucoup pensaient qu’elle aurait lieu pendant les cent premiers jours de Trump au pouvoir, est restée vague depuis l’investiture du nouveau président en janvier.

De même, les déclarations de Pence sur l’Iran ont été vives, mais peu détaillées. Le vice-président a prévenu que « cette administration a mis l’Iran en garde. L’Amérique ne tolèrera plus les efforts de l’Iran pour déstabiliser la région et menacer la sécurité d’Israël », et « le président Donald Trump ne permettra pas à l’Iran de développer une arme nucléaire. »

Alors que les responsables de l’administration Obama avaient tendance à souligner les dépenses budgétaires, comme le financement alloué aux programmes de défense anti-missile, Pence n’a pas mentionné comment Israël pourrait figurer dans le budget proposé par le président.

La formulation de Pence a peut-être été encore plus vague quand il a abordé le sujet israélo-palestinien. Ces dernières semaines, l’administration s’est plongée dans le conflit en envoyant Jason Greenblatt rencontrer les dirigeants israéliens et palestiniens.

L’administration a pris une grande partie de la droite israélienne par surprise quand Trump a demandé à Israël de « se retenir » sur la construction dans les implantations, un sentiment répété la semaine dernière pendant les réunions entre responsables israéliens et américains.

Evitant à nouveau d’être précis, ou même de mentionner les mots « implantation » et « solution à deux états », Pence a déclaré au public de l’AIPAC qu’il « devra inévitablement y avoir des compromis ». Mais, a-t-il ajouté, « je peux vous assurer que le président Trump ne fera jamais de compromis sur la sécurité de l’Etat juif d’Israël. »

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