Rechercher

À l’hôpital Rambam, les internes risqueront le renvoi s’ils menacent de démissionner

Le directeur de l'hôpital aurait déclaré aux internes qu'ils avaient 2 jours pour revenir sur leur démission, qu'ils avaient soumise pour protester contre des gardes de 26 heures

Le directeur de l'hôpital Rambam Michael Halberthal lors d'une manifestation aux abords du ministère des Finances à Jérusalem, le 13 décembre 2020. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Le directeur de l'hôpital Rambam Michael Halberthal lors d'une manifestation aux abords du ministère des Finances à Jérusalem, le 13 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le directeur de l’hôpital Rambam a déclaré à des dizaines d’internes en médecine qui ont menacé de démissionner qu’ils seraient renvoyés s’ils ne revenaient pas sur leur ultimatum, a fait savoir dimanche la Douzième chaîne.

La semaine dernière, 200 internes en médecine de tout le pays avaient soumis leur lettre de démission dans le cadre d’un conflit qui les oppose depuis longtemps au ministère de la Santé sur la durée des gardes, actuellement de 26 heures. Ces démissions ne prennent effet que deux semaines après leur remise à l’employeur – donnant au ministère de la Santé quatorze jours supplémentaires pour tenter de prévenir le départ massif des médecins en formation.

25 internes de l’hôpital Rambam ont ainsi remis leur démission mais le directeur de l’établissement, Michael Halberthal, les a convoqués dimanche à une réunion pour les avertir qu’ils avaient deux jours pour revenir sur leur démission. Il leur a déclaré qu’il était déterminé, le cas échéant, à lui-même les limoger.

Il a ajouté que, même si un nouveau cadre réduisant le nombre d’heures de travail lors des gardes devait être mis en pratique l’année prochaine, il faudrait un certain temps avant qu’il puisse être appliqué dans l’enceinte de l’hôpital.

Certains internes auraient quitté la réunion en pleurs et onze d’entre eux auraient retiré leur lettre de démission suite aux propos tenus par Halberthal.

Environ 250 personnes se sont rassemblées devant l’hôpital pour manifester et faire part de leur soutien aux internes.

Tandis que le gouvernement avait, à l’origine, accepté de réduire la durée des gardes dès le mois d’avril de cette année, une annonce faite au mois de juillet a fait savoir que ce changement serait repoussé au mois de septembre 2023, citant des problèmes de procédure causés par les prochaines élections, ce qui a entraîné la colère des médecins en formation.

L’organisation Mirsham, qui représente les internes en médecine au sein de l’État juif, a fait savoir lors d’une conférence de presse organisée jeudi qu’environ 200 étudiants présenteraient leur démission pour commencer, suivis par un grand nombre d’autres si la crise n’était pas résolue.

La ministre de l’Économie Orna Barbivai a déclaré dimanche à Ynet qu’elle soutenait la demande soumise par les médecins de réduire la durée des gardes – elle a ajouté avoir approuvé le nouveau cadre pour cette raison – mais elle a noté qu’elle n’avait pas d’autre choix que d’ajourner cette nouvelle mise en application en raison des élections du 1er novembre. Elle a fait remarquer que la procureure-générale avait, elle aussi, affirmé qu’il ne serait pas possible de procéder aux changements nécessaires pour la mise en vigueur des nouvelles régulations pendant toute la période électorale.

Mettre en œuvre ce cadre nécessite d’approuver au préalable la création d’un plus grand nombre de postes de médecin dans tout le pays, un changement dans les règles qui ne peut pas être effectué alors que la Knesset a été suspendue.

La ministre de l’Économie Orna Barbivai participant à une conférence à Modiin, le 26 mai 2022. (Crédit : Flash90)

Jonathan Halevy, président de l’hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, a déclaré au micro de la station 103FM, dimanche, que tout le monde convenait de la nécessité de raccourcir la durée des gardes et que travailler pendant 26 heures d’affilée était « inacceptable ».

Il a toutefois noté que si l’organisation Mirsham comptait environ un millier de membres, il y avait 7 500 autres internes de l’Association médicale israélienne qui soutenaient un plan qui prône de réduire la durée des gardes, avant tout le reste, dans les hôpitaux de la périphérie et qui ne commencerait à être appliqué que l’année prochaine.

Halevy a souligné que pour diminuer les heures passées à l’hôpital par les internes, il fallait d’abord créer des centaines de postes supplémentaires dans les établissements et embaucher les personnels nécessaires pour les occuper – ce qui prend du temps, a-t-il dit, estimant qu’il était impossible, dans ce contexte, de réduire la durée des gardes aussi rapidement que l’espèrent les internes.

Il a déclaré, de plus, que ceux qui avaient choisi une carrière de médecin à l’hôpital ou de chirurgien savaient qu’ils seraient amenés à travailler de longues heures pour obtenir le diplôme correspondant à leurs ambitions.

« C’est ainsi que les médecins ont acquis leurs compétences pendant de longues années », a-t-il fait remarquer.

Les internes doivent actuellement travailler pendant 26 heures d’affilée et ils réclament une garde qui ne durerait que 16 à 18 heures, affirmant qu’il leur est impossible de rester concentrés si longtemps et sans repos sans mettre en danger, en fin de compte, les patients et les autres personnels.

Selon un article paru sur le site d’information Ynet, en plus des 200 internes qui ont présenté jeudi leur démission, 300 autres ont aussi signé des lettres de démission et menacent aujourd’hui de les déposer si le ministère de la Santé ne réduisait pas la durée des gardes.

Nitzan Horowitz, le ministre de la Santé, soutient les internes contrariés et a attribué la responsabilité de l’impasse au ministère des Finances, affirmant que « le ministère de la Santé était favorable à la réduction de la durée des gardes » et insistant sur le fait qu’il disposait du budget pour procéder aux changements nécessaires.

Au mois d’octobre dernier, des milliers d’internes avaient présenté leur démission afin de protester contre les gardes de 26 heures qu’ils devaient effectuer. Le gouvernement avait alors proposé un plan qui prévoyait que les gardes seraient réduites dans dix hôpitaux de la périphérie, hors du centre du pays, à 16 ou 18 heures. Ce plan aurait dû être mis en vigueur le 1er avril.

Jusqu’en l’an 2000, les internes travaillaient pendant 36 heures d’affilée, sinon plus. Cette année-là, un accord avait été signé qui avait réduit la durée des gardes à 26 heures avec une pause de deux heures.

En 2012, suite à des appels lancés en faveur d’une nouvelle réduction de ces longues heures de travail, le gouvernement avait limité le nombre des gardes pour les internes – tenus d’en assumer deux par semaine – et indiquant que les étudiants ne pourraient pas travailler plus de 71,5 heures par semaine. Mais la majorité des hôpitaux a été dans l’incapacité, jusqu’à présent, de mettre en vigueur ces nouvelles régulations.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...