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A Toronto, le monde du cinéma s’écharpe autour d’un documentaire sur le 7 octobre

"The Road Between Us: The Ultimate Rescue" retrace comment le général israélien à la retraite Noam Tibon a sauvé sa famille et d'autres personnes lors des attaques du Hamas

Noam Tibon et Barry Avrich, du film « The Road Between Us: The Ultimate Rescue », posent dans le studio Getty Images Portrait Studio présenté par IMDb et IMDbPro lors du Festival international du film de Toronto, à l'InterContinental Toronto Centre, le 8 septembre 2025, à Toronto, en Ontario. (Crédit : Gareth Cattermole/Getty Images pour IMDb/AFP)
Noam Tibon et Barry Avrich, du film « The Road Between Us: The Ultimate Rescue », posent dans le studio Getty Images Portrait Studio présenté par IMDb et IMDbPro lors du Festival international du film de Toronto, à l'InterContinental Toronto Centre, le 8 septembre 2025, à Toronto, en Ontario. (Crédit : Gareth Cattermole/Getty Images pour IMDb/AFP)

Un documentaire sur un ancien militaire israélien, qui doit être présenté en avant-première au festival du film de Toronto après avoir initialement été retiré du programme, cristallise les profondes divisions d’Hollywood sur le conflit à entre Israël et le Hamas à Gaza.

« The Road Between Us: The Ultimate Rescue » retrace comment le général israélien à la retraite Noam Tibon a sauvé sa famille et d’autres personnes lors des attaques du Hamas du 7 octobre 2023. Il sera projeté mercredi au plus grand festival de cinéma d’Amérique du Nord.

Le film, produit au Canada, utilise notamment des images de caméras corporelles du Hamas lors des attaques qui ont fait plus de 1 200 morts en Israël, principalement des civils.

Les organisateurs avaient initialement évoqué le manque de « clarté juridique » autour de ces images pour retirer le film de la programmation, le mois dernier. Avant de le réintégrer face aux multiples accusations de censure.

Plus de 1 000 personnalités de l’industrie du divertissement, dont Amy Schumer et Debra Messing, avaient signé une pétition accusant le festival de réduire les voix juives aux silences. Et ce week-end, le réalisateur Barry Avrich a balayé ce prétendu problème juridique.

« Pour autant que je sache, le Hamas ne dispose pas d’un organe de gestion des droits d’auteur », a-t-il ironisé dans une table ronde.

Dans un communiqué, les organisateurs du festival ont finalement déclaré avoir trouvé « une solution pour satisfaire les importantes préoccupations en matière de sécurité, de légalité et de programmation », tout en s’excusant pour « la douleur et la frustration » provoquées par leur réponse initiale.

Hollywood opposé « à lui-même »

Barry Avrich a salué, sur le site spécialisé Deadline, la « réaction de la communauté cinématographique de Hollywood ». Le sujet est pourtant loin d’y faire l’unanimité.

Dans une tribune publiée lundi dans le New York Times, la vétéran du divertissement Sharon Waxman a estimé que la guerre à Gaza déclenchée par Israël après le 7 octobre « oppose Hollywood à lui-même ».

Pour une industrie à la fois progressiste et influencée par un puissant lobby pro-israélien, la question « reste un sujet explosif, avec des convictions profondes et exacerbées » de part et d’autre, écrit-elle.

Lundi également, plus de 1 500 acteurs et professionnels du cinéma, dont Olivia Colman et Mark Ruffalo, se sont engagés dans une lettre ouverte à ne pas travailler avec des organisations cinématographiques israéliennes, qu’ils ont accusées d’être « impliquées dans un génocide » à Gaza.

Le ministère de la santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 64 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

« Une famille, pas un pays »

Avant la première mercredi de « The Road Between Us » et d’éventuelles manifestations, le réalisateur a déclaré à Deadline vouloir faire appel à sa propre équipe de sécurité pour compléter celle du festival. La police de Toronto a fait état à l’AFP d’une « forte présence » sur les lieux du festival, sans autre précision.

Le documentaire raconte comment le général Tibon a « voyagé de Tel Aviv au kibboutz Nahal Oz pour tenter de sauver son fils », journaliste de renom, ainsi que d’autres membres de sa famille.

Le journaliste de Haaretz, Amir Tibon (à gauche), et son père, le général à la retraite de Tsahal Noam Tibon. (Capture d’écran/ Flash90)

Il s’appuie sur des interviews inédites, des images de caméras de sécurité du kibboutz et des caméras portées par des terroristes du Hamas.

Et il a été monté selon les codes des « thrillers », son auteur qualifiant même le soldat comme un héros du monde réel rappelant le film d’action « Taken », avec Liam Neeson.

« On le regarde comme un homme qui finalement, ce jour-là, a montré du leadership », estime Barry Avrich.

Mais « ce n’est pas vraiment un film politique. Il est enveloppé dans le drapeau d’une famille, pas d’un pays », a-t-il assuré au Hollywood Reporter. Une précision qui pourrait avoir échappé au microcosme hollywoodien.

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