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Abandon de l’accusation de financement du FPLP contre une Palestinienne

Khitam Saafin a été reconnue coupable d’appartenance au FPLP et d’avoir dirigé l’Union des comités de femmes palestiniennes avant qu’il ne soit interdit

Le tribunal militaire d'Ofer près de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 17 août 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le tribunal militaire d'Ofer près de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 17 août 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après plus d’un an de détention, une travailleuse humanitaire palestinienne a été condamnée la semaine dernière au terme d’une négociation de peine dans le cadre de laquelle et a admis son appartenance à un groupe terroriste, mais qui abandonne l’accusation principale de financement d’activités terroristes.

Khitam Saafin a été arrêtée en novembre 2020 après que le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré illégale l’Union des comités de femmes palestiniennes (UWPC), ainsi que cinq autres organisations palestiniennes d’aide humanitaire, soupçonnées d’acheminer des fonds au FPLP,  le Front Populaire de Libération de la Palestine, un groupe terroriste de gauche montré du doigt pour des attaques perpétrées contre des Israéliens.

Le tribunal militaire d’Ofer en Cisjordanie a finalement condamné Saafin le 13 février dans un plaidoyer qui l’a vue avouer son appartenance au FPLP et son titre de présidente du de l’UPWC. Elle a été condamnée à 16 mois de prison, desquels seront déduits la période qu’elle a déjà passé en détention. Elle a également reçu une peine avec sursis de cinq mois et une amende de 1 500 shekels.

Une fois le dossier mis à jour, elle n’était plus accusée de faire partie d’un comité de militants du FPLP qui supervisait le transfert de fonds entre leurs organisations et le groupe terroriste à partir de l’Europe. Les accusations initiales comprenaient une vaste liste d’autres activités présumées auxquelles Saafin se serait livrée au nom du FPLP, ainsi que des liens avec les cinq autres organisations accusées de recueillir des fonds pour le groupe.

Parmi les éléments de preuve présentés contre Saafin, il y avait une vidéo montrant qu’elle assistait à un événement commémoratif pour un membre du FPLP. La vidéo a été diffusée par le ministère de la Défense en 2020 pour justifier son interdiction des six organisations palestiniennes d’aide humanitaire.

L’avocat de Saafin, Mahmoud Hassan, a déclaré au journal Haaretz qu’il y avait des milliers de personnes qui participaient à l’événement commémoratif, et qu’une grande partie des poursuites contre son client était fondée sur le témoignage de deux comptables qui ont été congédiés par une autre organisation, l’Union of Health Work Committees, pour des soupçons de détournement de fonds.

Les deux employés licenciés ont également été interrogés par la police et un compte rendu de leur interrogatoire figurait dans le document que le service de sécurité Shin Bet a présenté aux membres du Congrès américain pour justifier la décision de Gantz contre les six organisations palestiniennes, selon Haaretz.

Khitam Sa'afin is a progressive feminist and civil society leader with an exceptional history of struggle against the…

Posted by ‎Union of Palestinian Women's Committees اتحاد لجان المرأة الفلسطينية‎ on Monday, April 12, 2021

Khitam Saafin, 60 ans, a été arrêtée pour la première fois le 2 novembre 2020 et détenue en détention préventive sans inculpation jusqu’en juin 2021, date à laquelle l’acte d’accusation initial a été déposé.

Ce mois-ci, Israël a accordé une libération anticipée à un travailleur humanitaire espagnol qui a été arrêté en avril 2020 pour avoir travaillé pour l’Union of Health Work Committees, organisation contre laquelle une interdiction de travail en Cisjordanie a été décidée par Benny Gantz en 2020.

Juana Rashmawi, 63 ans, a été condamnée en novembre 2021 à 13 mois de prison après qu’un tribunal militaire l’a déclarée coupable de travailler avec une organisation soupçonnée de financer le FPLP. Rashmawi a admis dans un plaidoyer qu’elle avait financé sans le savoir le FPLP de par son travail pour un organisme de santé.

Les Nations unies et les gouvernements européens qui ont donné des fonds aux six organisations interdites par Gantz ont demandé à voir des preuves concrètes au sujet des allégations émises contre elles par Israël .

Les organisations palestiniennes — al-Haq, Addameer, l’Union des comités de travail agricole, Defense for Children International – Palestine, Bisan et l’Union des comités de femmes palestiniennes — sont importantes et ont une large assise.

A LIRE : Quelles sont ces 6 ONG palestiniennes qu’Israël considère comme terroristes ?

Fin octobre 2020, Gantz, ministre de la Défense, a donné des ordres qui ont placé les six organisations dans la classification des groupes terroristes. Après une enquête menée par le Shin Bet, les autorités israéliennes ont allégué que le Front populaire de libération de la Palestine avait utilisé ces organisations pour acheminer avec succès les fonds des donateurs européens vers le groupe terroriste.

Le FPLP, qui cherche ouvertement à détruire Israël, a une longue histoire d’attaques violentes contre les soldats et les civils israéliens. Les États-Unis, l’Union européenne et une grande partie de la communauté internationale le considèrent comme une organisation terroriste.

Les organisations palestiniennes sans but lucratif contestent fermement les accusations portées contre elles, accusant Israël de chercher à réprimer les oppositions à sa politique.

L’AFP a contribué à cet article.

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