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ONG palestiniennes sur liste noire : l’ONU dénonce une décision « arbitraire »

Michelle Bachelet a soutenu que la législation antiterroriste ne doit pas être appliquée aux activités légitimes de défense des droits humains et d'aide humanitaire

La haute-commissaire des droits de l'Homme Michelle Bachelet pendant une réunion avec le ministre de l'Education du Venezuela Aristóbulo Istúriz au ministère des Affaires étrangères de Caracas, le 20 juin 2019 (Crédit : AP Photo/Ariana Cubillos)
La haute-commissaire des droits de l'Homme Michelle Bachelet pendant une réunion avec le ministre de l'Education du Venezuela Aristóbulo Istúriz au ministère des Affaires étrangères de Caracas, le 20 juin 2019 (Crédit : AP Photo/Ariana Cubillos)

La décision d’Israël de placer six ONG palestiniennes sur la liste des « organisations terroristes » est arbitraire et constitue une attaque contre les défenseurs des droits humains, a estimé mardi la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.

Dans un communiqué, Michelle Bachelet a soutenu que la législation antiterroriste ne doit pas être appliquée aux activités légitimes de défense des droits humains et d’aide humanitaire.

« Les organisations, parmi lesquelles figurent certains des principaux partenaires du Bureau des droits de l’homme des Nations unies, sont confrontées à de lourdes conséquences du fait de cette décision arbitraire, tout comme les personnes qui les financent et travaillent avec elles », a souligné Mme Bachelet.

Elle a affirmé que « le travail crucial qu’elles effectuent pour des milliers de Palestiniens risque d’être interrompu ou sévèrement restreint. »

Par ailleurs, a-t-elle souligné, les décisions israéliennes de les placer sur la liste « contreviennent au droit à la liberté d’association des personnes concernées et, plus largement, ont un effet dissuasif sur les défenseurs des droits humains et l’espace civique ».

Le gouvernement israélien a annoncé vendredi avoir ajouté six ONG palestiniennes, œuvrant pour la défense des droits humains et des prisonniers, sur sa liste des « organisations terroristes », car liées selon lui au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), groupe armé palestinien honni par l’Etat hébreu.

La décision israélienne a été vivement critiquée par l’Autorité palestinienne et des organisations internationales. Et lundi, des experts de l’ONU ont appelé l’Etat hébreu à faire marche arrière, parlant d’une « attaque frontale contre le mouvement palestinien des droits humains ».

« Revendiquer des droits devant l’ONU ou un autre organe international n’est pas un acte de terrorisme, défendre les droits des femmes dans le territoire palestinien occupé n’est pas du terrorisme, et fournir une aide juridique aux Palestiniens détenus n’est pas du terrorisme », a soutenu Mme Bachelet, dans le communiqué qui souligne qu’Israël n’a présenté « aucune preuve » de ses accusations.

De leur côté, les Etats-Unis ont affirmé qu’ils « allaient consulter leurs partenaires israéliens pour obtenir plus d’informations concernant les fondements » de cette décision. Et Israël a annoncé lundi qu’il allait envoyer un émissaire aux Etats-Unis pour présenter des « preuves » justifiant sa décision.

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