Abbas (AP) annonce des élections présidentielles en 2027
Le dirigeant palestinien est au pouvoir depuis 20 ans, soit 15 de plus que la limite au-delà de laquelle il aurait dû organiser des élections
Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annoncé l’organisation d’élections présidentielles en 2027, a rapporté dimanche l’agence de presse officielle palestinienne WAFA.
Le décret présidentiel ne donne pas de date précise pour les élections.
Par le passé, Abbas a, à plusieurs reprises, annulé les élections annoncées. Il est au pouvoir depuis 20 ans, soit 15 ans de plus que la limite au-delà de laquelle il aurait dû organiser de nouvelles élections à la tête de l’AP.
Abbas avait déjà annoncé la tenue d’élections un an après la fin de la guerre à Gaza, en octobre 2026, mais sans fixer de date. Il semble que ce calendrier ait changé.
Le décret stipule que les élections au Conseil national palestinien, le parlement de l’OLP, se tiendront en novembre 2026.
Selon WAFA, cette déclaration annonce le relèvement à 200 du nombre de sièges au Conseil législatif palestinien, l’abaissement du seuil électoral à un pour cent et l’obligation d’inclure une femme pour trois candidats sur toutes les listes.
Abbas, qui est âgé de 90 ans, s’en remet, pour ce qui est des prises de décision, à un cercle restreint et quitte rarement son quartier général de Ramallah, sauf pour se rendre à l’étranger.
Selon un sondage réalisé en octobre par le Centre palestinien de recherche sur la politique et les enquêtes, dont le siège se trouve à Ramallah, 80 pour cent des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza souhaitent sa démission.
En mai dernier, pour la première fois en 10 ans, le Fatah, le parti d’Abbas, a élu, à l’issue d’une conférence de trois jours, son organe de direction suprême — Abbas a été réélu à la tête du mouvement, et son fils Yasser Abbas, âgé de 64 ans, a obtenu un siège au sein du comité central.
Régulièrement accusés de corruption et de stagnation politique, et de moins en moins légitimes auprès des Palestiniens, Abbas et l’Autorité palestinienne sont pressés par les États-Unis, l’Union européenne et les États arabes de se réformer et d’organiser des élections.
La communauté internationale souhaite également que l’AP joue un grand rôle, à terme, dans le gouvernement de la bande de Gaza dévastée par la guerre déclenchée par le pogrom commis dans le sud d’Israël par le Hamas le 7 octobre 2023. Israël s’oppose formellement à tout rôle officiel de l’AP.
Un des rivaux d’Abbas pourrait être Marwan Barghouti, l’ancien chef du Tanzim qui purge temps cinq peines de prison à perpétuité pour sa participation directe à trois attentats terroristes : une attaque à l’arme à feu en mars 2002 dans le restaurant Seafood Market de Tel Aviv au cours de laquelle trois Israéliens ont été tués ; le meurtre de Yoela Chen à Givat Zeev en janvier 2002 et une attaque à l’arme à feu en juin 2001, près de Maale Adumim, au cours de laquelle un moine grec a trouvé la mort.
Selon les sondages d’opinion, Barghouti est considéré comme l’un des hommes politiques palestiniens les plus populaires, capable de rivaliser avec Abbas pour autant qu’il soit libéré de prison. Il assure s’être amendé et ne plus être un tenant de la résistance violente.
Israël a refusé de le libérer dans le cadre de l’accord otages contre prisonniers, annexe au cessez-le-feu à Gaza, l’an dernier.







