Abbas demande justice pour l’incident de Hébron
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Abbas demande justice pour l’incident de Hébron

Le dirigeant palestinien dit qu’il acceptera le résultat d’un procès juste pour le soldat accusé de meurtre

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avec des journalistes dans son bureau, à Ramallah, en Cisjordanie, le 6 octobre 2015. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avec des journalistes dans son bureau, à Ramallah, en Cisjordanie, le 6 octobre 2015. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré lundi que la justice devait être rendue pour le tir d’un soldat israélien sur un assaillant palestinien désarmé et presque immobile.

Pendant une rencontre avec une délégation de la fédération internationale des juifs du Maroc à son bureau de Ramallah, le dirigeant palestinien a demandé qu’Israël agisse avec responsabilité pour enquêter sur le tir, son premier commentaire sur la mort de jeudi.

« Cet incident est une ligne rouge », a déclaré Abbas.

« Nous ne sommes pas juges, mais il y a besoin ici d’un procès juste qui dévoile la vérité et donne à tous [ceux qui sont impliqués] ce qu’ils méritent, a-t-il déclaré. Nous serons d’accord avec toute décision d’un tel procès. »

Vendredi, le soldat a été accusé de meurtre devant une cour militaire, après la diffusion d’une vidéo le montrant tirer à la tête sur un attaquant, malgré le fait que l’assaillant soit allongé au sol, blessé par un tir précédent. L’accusation a déclenché des critiques sévères de la famille du soldat et de certains politiciens de droite, qui ont déclaré que l’armée jugeait avant d’enquêter sur l’incident.

De hauts gradés de l’armée israélienne et le ministre de la Défense Moshe Yaalon, ainsi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont défendu la décision d’accuser le soldat et ont souligné que ses actions violaient le code éthique de l’armée.

Les commentaires d’Abbas sont intervenus alors que l’un de ses plus proches conseillers, le haut fonctionnaire Saeb Erekat, a soumis une demande aux Nations unies demandant une enquête officielle sur ce qu’il a appelé des « exécutions » extrajudiciaires israéliennes d’attaquants palestiniens. Erekat a soumis cette demande pendant une rencontre avec le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix, Nickolay Mladenov.

Erekat a affirmé que bien qu’Israël ait déclaré qu’il enquêterait sur le meurtre de Hébron, « l’histoire a montré que les enquêtes israéliennes ne servent pas la justice ».

En Israël, l’incident est rapidement devenu un débat national sur les règles d’engagement de l’armée et son usage de la force à l’égard des Palestiniens.

Selon l’armée, le soldat a dit avant le tir que l’attaquant palestinien survivant aurait dû être tué, et a dit après à ses commandants que l’assaillant méritait de mourir.

Plus tôt lundi, la famille du soldat avait été emmenée dans un emplacement sûr après avoir reçu des messages de morts et des messages abusifs.

Selon leur avocat, la famille a été inondée d’appels menaçants après la publication de leur numéro de téléphone sur nombre de réseaux sociaux palestiniens.

Lundi à la Knesset, le ministre de la Défense Moshe Yaalon a dénoncé les députés qui avaient soutenu le soldat.

C’est « une affaire où un soldat a mal agi, pas un héros », a-t-il déclaré.

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