Abbas et Poutine discuteront du nouveau mécanisme de pourparlers de paix
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Abbas et Poutine discuteront du nouveau mécanisme de pourparlers de paix

Les Palestiniens cherchent à évincer le Quartet du Moyen-Orient et à faire jouer à la Russie un rôle beaucoup plus important

Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors de leur rencontre à la résidence du président Novo-Ogaryovo, près de Moscou, le 13 avril 2015. (Crédit : Sergei Ilnitsky/Pool/AFP)
Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors de leur rencontre à la résidence du président Novo-Ogaryovo, près de Moscou, le 13 avril 2015. (Crédit : Sergei Ilnitsky/Pool/AFP)

Lors de leur rencontre prévue le 12 février, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le président russe Vladimir Poutine discuteront d’un nouveau mécanisme de négociations de paix destiné à marginaliser les Etats-Unis, a déclaré mercredi un diplomate palestinien en Russie à l’agence de presse russe Interfax.

Les deux hommes doivent se rencontrer à la station balnéaire de Sotchi, sur la mer Noire.

Interfax a rapporté que le nouveau mécanisme chercherait à remplacer le Quartet du Moyen-Orient, établi à Madrid en 2002, qui est composé des États-Unis, l’ONU, l’UE et la Russie.

L’annonce intervient alors que l’Autorité palestinienne (AP) tente de convaincre la Russie de jouer un rôle plus important dans les pourparlers de paix, déclarant que les Etats-Unis ne sont pas qualifiés de « négociateur honnête » en raison de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président Donald Trump.

Lors de la réunion de Sotchi, Abbas devrait expliquer à Poutine que les Palestiniens ne croient pas que l’administration Trump soir capable de jouer un rôle « constructif » ou « positif » dans les efforts pour parvenir à la paix avec Israël, a déclaré un responsable de l’AP. Le président de l’AP va également chercher à obtenir une plus grande implication européenne dans le processus de paix.

Les relations entre l’AP et l’administration américaine se sont rapidement détériorées depuis l’annonce de Trump le 6 décembre. Les menaces américaines de couper des fonds à l’Office de secours et des travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) ont encore plus exacerbé les tensions.

« Nous espérons que la Russie et l’UE interviendront pour combler le vide », a déclaré le responsable de l’AP. « Nous pensons que ces pays devraient et peuvent jouer un rôle plus important dans tout processus de paix au regard des politiques hostiles de l’administration Trump à l’égard des Palestiniens et les partis pris en faveur d’Israël ».

Jeudi dernier, Abbas a rencontré dans son bureau de Ramallah deux hauts responsables russes, Nikolai Patrushev, secrétaire du Conseil de sécurité, et le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhail Bogdanov. Le secrétaire général de l’OLP, Saeb Erekat, et le chef des renseignements généraux de l’Autorité palestinienne, Majed Faraj, ont également assisté à la réunion.

Abbas leur a précisé que l’AP était intéressée par le développement et le renforcement de ses relations avec la Russie. Il a également exprimé son appréciation pour le soutien de la Russie aux Palestiniens dans diverses régions, selon l’agence de presse officielle palestinienne Wafa.

Mahmoud Abbas de l’Autorité palestinienne, au centre, lors de la « Conférence de Jérusalem, capitale de la jeunesse islamique » dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 6 février 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Abbas a souligné l’importance de la position politique de la Russie, en raison de son « grand poids sur la scène internationale et en tant que membre du Quartette, qui devrait continuer à jouer un rôle juste et équitable », a déclaré Wafa.

Wafa a cité les déclarations des responsables russes qui ont indiqué que Poutine attendait avec impatience sa rencontre avec le président de l’AP. Les envoyés ont également affirmé le soutien continu de la Russie aux Palestiniens et les efforts pour parvenir à la paix au Moyen-Orient.

En plein effort pour rallier la communauté internationale contre les Etats-Unis, Abbas prononcera une rare allocution devant le Conseil de sécurité de l’ONU le 20 février, a annoncé jeudi le président du Conseil.

Mardi, Abbas a insisté sur le fait que les Palestiniens n’ont jamais rejeté aucune invitation à reprendre les pourparlers de paix avec Israël.

« Nos mains sont tendues vers la paix par la négociation », a-t-il déclaré. « Nous soutenons la guerre contre le terrorisme partout dans le monde. »

Cependant, Abbas, qui s’exprimait au festival de Jérusalem Capitale de la Jeunesse Musulmane 2018 à Ramallah, a réitéré que l’administration américaine n’était plus qualifiée pour agir comme un médiateur honnête dans le processus de paix israélo-palestinien.

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