Abbas : L’AP ne sera pas responsable de Gaza si le Hamas reste au pouvoir
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Abbas : L’AP ne sera pas responsable de Gaza si le Hamas reste au pouvoir

"Il faut tout nous donner, les institutions, les ministères, y compris les armes", déclare le chef de l'AP au sujet de tout accord de réconciliation avec les dirigeants de Gaza

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est assis devant une photo du dôme du Rocher dans la Vieille Ville de Jérusalem lors d'une réunion des dirigeants palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 mars 2018. (FLASH90)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est assis devant une photo du dôme du Rocher dans la Vieille Ville de Jérusalem lors d'une réunion des dirigeants palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 mars 2018. (FLASH90)

L’Autorité palestinienne (AP) ne sera plus responsable de ce qui se passe dans la bande de Gaza si le Hamas refuse de céder le contrôle total de l’enclave côtière au gouvernement de l’AP, a déclaré dimanche le président de l’AP Mahmoud Abbas.

Abbas a dit aux dirigeants du Fatah à Ramallah que c’est le message qu’il a transmis au chef égyptien du renseignement général Abbas Kamel lors de leur rencontre de la semaine dernière. Le haut responsable égyptien a dirigé une délégation de hauts responsables de la sécurité qui a rencontré Abbas dans son bureau à Ramallah pour discuter de l’accord de « réconciliation » entre la faction au pouvoir du Fatah et le Hamas.

Abbas a dit qu’il attendait une réponse de l’Egypte concernant sa demande que le Hamas permette au gouvernement de l’AP d’assumer l’entière responsabilité sur la bande de Gaza. Il a dit qu’il a clairement indiqué aux responsables égyptiens que le Hamas doit également permettre au gouvernement de l’Autorité palestinienne d’assumer ses responsabilités en matière de sécurité dans la bande de Gaza.

« Il y a quelques jours, nos frères égyptiens nous ont rendu visite et nous ont parlé de la réconciliation [avec le Hamas] », a dit Abbas. « Nous avons bien sûr remercié l’Égypte pour tous ses efforts, qui ont commencé en 2007 et se poursuivent jusqu’à ce jour. »

Il faisait référence à l’année où le Hamas, un groupe terroriste islamiste, a pris par la force le contrôle de la bande de Gaza.

« Nous leur avons longuement parlé », a dit Abbas au sujet de sa rencontre avec le chef des services de renseignement égyptiens et son équipe. « Nous leur avons dit : il faut tout nous donner [dans la bande de Gaza]. Il faut tout donner à notre gouvernement, toutes les institutions et tous les ministères, y compris la sécurité et les armes ».

Abbas a dit que si le Hamas refuse d’obtempérer, « nous ne serons pas responsables de ce qui s’y passe. Nous attendons maintenant une réponse de l’Egypte, et quand elle arrivera, nous parlerons et agirons. »

Abbas n’a pas dit quel genre d’action il avait l’intention de prendre. Cependant, ces dernières semaines, il a menacé de prendre des mesures « juridiques, financières et nationales » contre le Hamas, suite à la tentative d’assassinat de son Premier ministre, Rami Hamdallah, dans le nord de la bande de Gaza le mois dernier.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, au centre, et le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah, à gauche, lors de la présentation des résultats préliminaires du recensement général de la population, du logement et des établissements à Ramallah, en Cisjordanie, le 28 mars 2018 (Crédit : AFP/Abbas Momani)

L’année dernière, Abbas a imposé une série de sanctions sur la bande de Gaza dans le but de forcer le Hamas à démanteler son gouvernement fantôme, ou « comité administratif » sur place.

Se référant au prochain sommet arabe, qui doit avoir lieu en Arabie saoudite le 15 avril, Abbas a dit aux dirigeants du Fatah qu’il espérait que les chefs d’État arabes soutiendraient les Palestiniens dans leur impasse avec l’administration américaine.

« Dans quelques jours, nous irons au sommet arabe, et nous espérons que ce sommet s’appellera le Sommet de Jérusalem », a dit M. Abbas. « Il a lieu à un moment où Jérusalem fait face à une attaque acharnée suite à la décision de déplacer l’ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem ».

Renouvelant son opposition au plan de paix au Moyen-Orient que le président américain Donald Trump n’a pas encore annoncé, Abbas a déclaré : « Nous avons entendu dire qu’ils [les Américains] ont dit que Jérusalem et les réfugiés ont été retirés de la table des négociations. La question est donc de savoir ce qu’il reste sur la table. Nous considérons que l’affaire est classée. »

Trump a qualifié son plan de « l’affaire du siècle ». Les Palestiniens ont rejeté à plusieurs reprises le plan, bien qu’il n’ait pas encore été rendu public, affirmant qu’il visait à « liquider la cause et les droits des Palestiniens ».

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