Abbas ne condamne pas la poussée de terrorisme et “ne prend pas d’appel” des dirigeants mondiaux
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Abbas ne condamne pas la poussée de terrorisme et “ne prend pas d’appel” des dirigeants mondiaux

Le dirigeant de l’AP craindrait qu’Israël ne prenne des mesures répressives qui l’affaiblirait, il est furieux du rapport du Quartet qui critique l’incitation palestinienne

Le secrétaire d'État américain John Kerry (à gauche) et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Amman, en Jordanie, le 13 novembre 2014. (Crédit : AFP/Nicholas Kamm/Pool)
Le secrétaire d'État américain John Kerry (à gauche) et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Amman, en Jordanie, le 13 novembre 2014. (Crédit : AFP/Nicholas Kamm/Pool)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a refusé samedi soir de condamner la poussée actuelle de terrorisme palestinien, dont le meurtre d’une Israélienne de 13 ans jeudi, et d’un père de 10 enfants vendredi.

Il refuserait également de prendre les appels des dirigeants israéliens et mondiaux qui cherchaient à l’encourager à s’exprimer.

Samedi soir, Abbas n’avait toujours pas répondu officiellement à l’assassinat de Hallel Yaffa Ariel, qui a été poignardée à mort pendant qu’elle dormait dans sa chambre de la maison de Kyriat Arba, près de Hébron, jeudi matin, ou à la fusillade en voiture vendredi après-midi qui a tué le rabbin Miki Mark.

La Deuxième chaîne a annoncé samedi que nombres de dirigeants israéliens et mondiaux avaient contacté Abbas, lui demandant de s’exprimer en particulier sur le cas d’Ariel, mais sans succès. Abbas, selon la chaîne, refuse même de prendre certains des appels.

Il a également ordonné aux médias qui lui sont loyaux au sein de l’AP de ne pas mettre en Une les affaires de terrorisme.

Hallel Yaffa Ariel, 13 ans, poignardée à mort dans son lit par un terroriste palestinien à Kyriat Arba, en Cisjordanie, le 30 juin 2016. (Crédit : autorisation de la famille, Yonatan Sindel/Flash90)
Hallel Yaffa Ariel, 13 ans, poignardée à mort dans son lit par un terroriste palestinien à Kyriat Arba, en Cisjordanie, le 30 juin 2016. (Crédit : autorisation de la famille, Yonatan Sindel/Flash90)

Le reportage annonçait qu’Abbas a le sentiment que l’AP est de plus en plus faible et est en perte de contrôle, et il s’inquièterait que le cabinet de sécurité israélien, qui se réunissait samedi soir, prenne des mesures répressives qui l’affaiblirait encore plus.

Il serait également furieux contre le Quartet, qui a publié vendredi un rapport très attendu qui fustigeait de manière prévisible Israël pour la construction des implantations, mais également, étonnamment, a critiqué de manière cinglante l’incitation [à la haine et à la violence] contre Israël et la glorification du terrorisme par l’AP.

Le rabbin Miki Mark (Crédit : Facebook)
Le rabbin Miki Mark (Crédit : Facebook)

« Beaucoup d’images qui ont largement circulé montrent des individus commettant des actes de terrorisme avec des slogans encourageant à la violence », affirme le rapport.

L’incitation à la violence sur les réseaux sociaux a augmenté depuis octobre 2015 (ce qui coïncide avec la vague actuelle de terrorisme palestinien), et touche particulièrement les jeunes, affirme le Quartet.

Le texte note que le Hamas et « d’autres factions radicales » sont responsables des pires exemples d’incitation à la violence. « Ces groupes utilisent les médias pour glorifier le terrorisme et appellent ouvertement à la violence contre les juifs, notamment en expliquant aux spectateurs comment mener des attaques au couteau. »

Mais il accuse aussi certains « membres du Fatah », le parti d’Abbas, pour avoir « publiquement soutenu les attaques et leurs auteurs, ainsi qu’encouragé la confrontation violente. » Il cite un responsable du Fatah qui a rendu hommage aux terroristes, des « héros et une couronne sur la tête de chaque Palestinien. »

L’AP a publiquement renoncé au terrorisme contre les civils et s’est engagée à une résistance non violente, note le rapport. « Cependant, de manière regrettable, les dirigeants palestiniens n’ont pas clairement et constamment condamné des attaques terroristes spécifiques. Et les rues, les places et les écoles ont reçu le nom de Palestiniens qui ont commis des actes de terrorisme. »

Saeb Erekat, négociateur palestinien en chef, a critiqué vendredi les auteurs du rapport. Le document, selon lui « ne répond pas à nos attentes en tant que nation vivant sous occupation militaire coloniale étrangère ». Il « tente de mettre sur un pied d’égalité les responsabilités entre un peuple sous occupation et un occupant militaire étranger », a protesté Erekat.

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