Affaire 3 000 : Une organisation veut traîner Netanyahu devant la Haute-cour
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Affaire 3 000 : Une organisation veut traîner Netanyahu devant la Haute-cour

Le groupe anti-corruption Mouvement pour un gouvernement de qualité veut que le procureur-général enquête sur l'accord boursier conclu entre le Premier ministre et son cousin

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur l'INS Tanin, sous-marin construit par la firme allemande ThyssenKrupp, à son arrivée en Israël, le 23 septembre 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur l'INS Tanin, sous-marin construit par la firme allemande ThyssenKrupp, à son arrivée en Israël, le 23 septembre 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Un important groupe anti-corruption a porté plainte, mardi, devant la Haute-cour de justice, demandant qu’une enquête soit ouverte sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le cadre du scandale de corruption de haut-niveau sur les sous-marins. L’organisation a affirmé qu’elle était en possession d’informations reliant le Premier ministre à une affaire qui, selon les observateurs, pourrait être le plus gros dossier de corruption de toute l’histoire d’Israël.

L’Affaire 3 000 se concentre sur un possible conflit d’intérêts entourant l’acquisition, pour plusieurs milliards de shekels, de navires militaires et de sous-marins auprès du fabricant naval allemand ‎Thyssenkrupp en 2016. Les procureurs prétendent que des responsables israéliens ont reçu des pots-de-vin pour favoriser cet accord commercial massif à hauteur de millions de dollars.

L’enquête, qui a été bouclée au mois de février, a piégé plusieurs proches de Netanyahu, même si le Premier ministre lui-même ne figure pas sur la liste des suspects.

Toutefois, selon l’organisation Mouvement pour un gouvernement de qualité, Netanyahu est, lui aussi, impliqué dans le dossier et il doit être interrogé comme suspect. Le groupe n’a pas rendu publiques les informations qu’il détiendrait, disant qu’il ne souhaitait pas intervenir dans des investigations.

Dans la plainte déposée devant la Haute-cour, le Mouvement pour un gouvernement de qualité estime que le procureur-général Avichai Mandelblit doit ouvrir une enquête sur un accord conclu entre Netanyahu et son cousin, l’homme d’affaires américain Nathan Milikowsky, concernant un portefeuille d’actions boursières liées à Thyssenkrupp.

Nathan Milikowsky en 2013, à San Francisco. (Crédit : Drew Altizer Photography)

Selon des informations parues dans les médias, Netanyahu aurait obtenu un rendement de plus de 700 % sur des actions qu’il avait achetées dans l’entreprise de son cousin, Seadrift, une firme liée au fabricant naval allemand. Netanyahu avait acheté les actions au prix de 400 000 dollars puis il les avait revendues en 2010 à son cousin, au prix de 4,3 millions de dollars.

Affirmant avoir obtenu des témoignages de plusieurs responsables impliqués dans l’affaire, l’organisation de lutte contre la corruption a expliqué cette transaction était la preuve de l’irrégularité des accords financiers de Netanyahu, ce qui le liait de manière directe à l’Affaire 3 000.

Le groupe, en plus de réclamer l’ouverture de l’enquête, a aussi demandé à la Cour d’ordonner la mise en place d’une commission d’enquête d’Etat pour se pencher sur ces accusations.

Un porte-parole de la famille Netanyahu a refusé de commenter ces informations.

Au mois de décembre 2019, les procureurs avaient annoncé une première série d’accusations contre les suspects impliqués dans l’Affaire 3 000. Parmi eux, des responsables de la Défense et des proches du Premier ministre.

Ils ont fait savoir, au mois de février, que d’autres conseillers du Premier ministre seraient également accusés.

L’homme d’affaire israélien Miki Ganor, arrêté dans l’affaire du sous-marin connue comme « l’Affaire 3000 », à l’audience de la Cour suprême à Jérusalem le 22 mars 2019.
(Yonatan Sindel/Flash90)

L’ancien représentant de Thyssenkrupp en Israël, Miki Ganor, est accusé de pots-de-vin, de blanchiment d’argent et de délits fiscaux, tout comme Eliezer Marom, ancien dirigeant dans la marine israélienne. Avriel Bar-Yosef, qui avait été conseiller à la sécurité nationale, doit répondre pour sa part de pots-de-vin, de fraude et d’abus de confiance.

Selon les procureurs d’Etat, c’est Bar-Yosef qui, le premier, avait approché Ganor pour l’engager à devenir représentant de Thyssenkrup au sein de l’Etat juif parce qu’il voulait « en tirer un bénéfice financier ». Il aurait alors ensuite fait appel à Marom, qui était le numéro un de la marine israélienne à ce moment-là, pour aider à exercer les pressions nécessaires pour que Ganor soit nommé représentant du fabricant naval.

Ganor leur aurait versé 200 000 shekels au total. Les procureurs accusent Bar-Yosef d’avoir œuvré à faire avancé les achats de navires et autres sous-marins lorsqu’il était conseiller-adjoint à la sécurité nationale.

Egalement accusé de pots-de-vin, d’abus de confiance et de blanchiment d’argent dans ce dossier, David Sharan, ancien conseiller de Netanyahu et du ministre de l’Energie Yuval Steinetz. David Shimron, cousin de Netanyahu et son ancien avocat personnel, devrait être accusé de blanchiment d’argent.

Le Premier ministre est actuellement traduit en justice pour pots-de-vin, fraude et abus de confiance dans trois autres dossiers criminels. Il nie tout acte répréhensible.

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