Agression antisémite à Créteil en 2014: Simon, l’autre victime
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Agression antisémite à Créteil en 2014: Simon, l’autre victime

Simon, voisin du couple agressé, a été attaqué trois semaines plus tôt ; il est devenu "angoissé" : "Je fais des cauchemars. J'ai quitté Créteil. Je ne vais plus à la synagogue"

Le père de Jonathan, l'une des victimes d'un acte antisémite en 2014, à Créteil, au premier jour du procès de ses agresseurs, à la Cour d'Assises de Créteil, le 26 juin 2018. (Crédit : AFP/Eric FEFERBERG)
Le père de Jonathan, l'une des victimes d'un acte antisémite en 2014, à Créteil, au premier jour du procès de ses agresseurs, à la Cour d'Assises de Créteil, le 26 juin 2018. (Crédit : AFP/Eric FEFERBERG)

Il avait été « roué de coups » par deux des hommes jugés aux assises pour un violent cambriolage chez un homme juif et sa compagne à Créteil en 2014: un septuagénaire, également de confession juive, a raconté son agression devant la cour jeudi.

Cinq hommes – l’un est en fuite – sont jugés pour avoir violemment agressé dans leur appartement Jonathan, un jeune homme juif, et sa compagne, qui sera violée par l’un d’eux. Deux des accusés présents dans le box sont en même temps jugés pour l’agression de Simon, trois semaines avant celle du couple.

Les faits se déroulent le 10 novembre 2014. Vers 9 heures du matin, les deux accusés, Ladje H., 19 ans, et Cheik-Omar S., 18 ans, se rendent au domicile des parents de Jonathan, chez qui ce dernier habite avec sa compagne. La mission de Cheik-Omar S. : sonner, et « demander du sucre » pour voir qui est à l’intérieur.

Jonathan et sa compagne dorment dans la chambre, les parents sont sortis. C’est Samuel, le petit frère de Jonathan, qui ouvre la porte.

Problème, Cheik-Omar S. le reconnaît. Ils ont le même âge, et, dira-t-il aux enquêteurs, ils jouaient au foot ensemble petits. Le plan est avorté.

Simon, 70 ans au moment des faits, est le « plan B ». Il habite un immeuble voisin, et sera choisi parce que « lui et son fils étaient bien vêtus ».

Cheik-Omar S. sonne, demande du sucre au « petit vieux », seul à son domicile. Quand il revient de la cuisine, celui-ci est poussé au sol par trois hommes. « Je suis tombé par terre, j’ai reçu des coups de pieds, des coups de poing », raconte-t-il. La voix de ce vieil homme, à qui le président proposera à plusieurs reprises de s’assoir, s’enraille, s’entrecoupe de sanglots. « J’ai crié le nom de mon fils. Ils ont passé cinq-six minutes à me tabasser. Puis d’un seul coup il y en a un qui a dit ‘on s’en va' ».

Les accusés expliqueront avoir renoncé à cause des cris.

Simon, originaire de Casablanca (Maroc), ne sera pas sérieusement blessé physiquement mais est depuis devenu « angoissé ». « Je fais des cauchemars tous les soirs. J’ai quitté Créteil. Je ne vais plus à la synagogue », dira-t-il plusieurs fois devant la cour.

Cheik-Omar S., qui n’a pas participé à l’agression de Jonathan et Laurine début décembre, affirme qu’il ignorait qu’une deuxième « expédition » était programmée. Aux enquêteurs, il avait aussi dit que la religion des futures victimes n’avait pas été mentionnée. Mais, avait-il ajouté, « tout le monde sait que les juifs ont de l’argent ».

Le verdict est attendu le 6 juillet.

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